Sassuolo, le bilan de la saison 2019/2020

Par Grégory Canale publié le 22 Août 2020

Les Neroverdi ne sont pas prêts d’oublier cet exercice 2019-2020. Dramatique d’abord du point de vue du moral, et pas seulement en raison du coronavirus. Sassuolo a pleuré en octobre la disparition de son propriétaire Giorgio Squinzi, puis celle de son épouse Adriana Spazzoli le mois suivant. Sur le plan sportif, la saison restera également dans les mémoires avec une huitième place glanée en championnat. Un « scudettino » des petits clubs s’amuse même le coach De Zerbi, obtenu devant des équipes qui affichaient davantage de moyens et d’ambitions comme la Fiorentina. Difficile en revanche de faire mieux derrière les grosses écuries de la péninsule. Seul hic : l’élimination dès le 4ème tour de la Coppa Italia face à Perugia, pensionnaire de Serie B.

Après des débuts moyens, avec onze défaites sur la phase aller, Sassuolo a su relever la tête. Les Emiliani ont engrangé 32 points à partir de janvier, dont 22 depuis la reprise du championnat. Dommage de finir avec une seule petite victoire dans les six dernières journées. Sur le terrain, les coéquipiers de Magnanelli sont un bonheur à regarder. Un jeu plaisant, rapide et porté sans cesse vers l’avant. Les Neroverdi, sixième meilleure attaque de Serie A (69 buts inscrits), ont titillé plus grand qu’eux. Ils ont tenu en échec à deux reprises le champion juventino, obtenu le nul face à l’Inter, et même battu la Lazio et la Roma. Mais une attaque quasi totale laisse forcément des espaces derrière. Avec 63 buts encaissés, Sassuolo n’est que la quatorzième défense du championnat.

La saison de Sassuolo

– 8ème en Serie A – 51 points
– 4ème tour de la Coppa Italia (élimination contre Perugia 1-2)
– Meilleur buteur : Francesco Caputo – 21 buts
– Meilleur passeur : Domenico Berardi – 8 passes décisives

L’entraîneur

Il est le grand artisan de la très bonne saison des Neroverdi. Sur le banc de Sassuolo depuis l’été 2018, Roberto De Zerbi montre qu’il est un entraîneur en progression. Le Lombard imprime un style clair à son équipe : avoir la main sur le match, en monopolisant le ballon (28’44 de possession moyenne/match), et proposer des incursions rapides pour déstabiliser l’adversaire. Passant du 4-3-3 au 4-2-3-1, le coach a pu profiter des forces offensives de son effectif incarnées par Boga, Berardi, Caputo ou encore Djuricic. Il sait mettre ses joueurs dans les meilleures dispositions. En témoigne notamment la révélation cette saison de Locatelli, annoncé pourtant trop juste pour le très haut niveau, l’un des Italiens les plus en vue au milieu. Sassuolo est son laboratoire à ciel ouvert.

De Zerbi est avant tout un bourreau de travail. Pendant le confinement, il organisait régulièrement des visioconférences pour travailler la tactique. Pas étonnant de voir son équipe en bonne forme lors de la reprise. Une saison très satisfaisante au final, dont l’entraîneur a souhaité attribué les mérites d’abord à son staff, ses joueurs, aux salariés et à l’intendant de Sassuolo. Humilité et talent qui pourraient l’amener un jour à diriger un top club. D’ici là, il devra parvenir à sortir davantage de son style de jeu en cours de match, quand cela est nécessaire. Régler aussi l’équilibre défensif de son système, afin d’encaisser moins de buts.

Le joueur à retenir

« Tout ira bien, restez chez vous ». Son message montré aux caméras, au début de la crise du coronavirus en Italie, reste dans toutes les têtes. Plus que le symbole, c’est aussi grâce à ses faits d’arme sur le terrain que Francesco Caputo a marqué les esprits pour sa première saison à Sassuolo. Avec 21 buts inscrits, « Ciccio » est le quatrième meilleur buteur du championnat. Il est également le premier footballeur de l’histoire de la Serie A à scorer au moins à 20 reprises avec un club dont la ville n’est pas le chef-lieu d’une province.

Une belle consécration pour l’attaquant de 32 ans – auteur également de six passes décisives – qui s’est révélé sur le tard, après de nombreuses piges en Serie B. Caputo a même remporté le pari lancé par Alessandro Del Piero : marquer au moins 20 buts en Serie A. Sa récompense ? Un dîner avec la légende la Juventus !

Le joueur à oublier

C’est plutôt sa saison qui est à oublier. Débarqué du Napoli l’été dernier, Vlad Chiriches devait guider la défense romagnola. Catastrophique lors de ses premières apparitions, le Roumain s’est même blessé en octobre avec sa sélection, l’éloignant des terrains pendant cinq mois. Son retour pour les dernières rencontres est en revanche plutôt encourageant. À surveiller la saison prochaine.

La saison prochaine

Comment faire mieux pour la huitième saison de son histoire en Serie A ? En allant chercher une place européenne, après une brève première expérience en Europa League en 2015-2016. Le mercato sera un bon indicateur des ambitions du club. Trois joueurs – Boga, Berardi et Locatelli – pourraient partir. Sassuolo devra faire le dos rond pour résister aux sirènes des grandes écuries. « Essayer de vendre le moins possible », telle est la stratégie de l’administrateur délégué Carnevali. En cas de départs, il faudra recruter intelligemment et suivre également les progressions de jeunes joueurs comme Marlon, Traoré et Raspadori.

Enfin, Sassuolo négocie actuellement ses contrats de sponsoring, avec bientôt un nouvel équipementier. Sans doute Adidas ou Puma. De quoi faire rentrer le club dans une nouvelle dimension.

Grégory Canale

Rédacteur



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