Sassuolo, ça se regarde !

Par Kévin Gasser publié le 26 Nov 2018

Actuellement retombé à la 8e place de Serie A après la défaite hier face à Parma (2-1), Sassuolo mérite tout de même les regards. Premier des petits, et légitime parmi les grands, les Neroverdi de Roberto De Zerbi régalent les partisans du beau jeu avec un style de jeu résolument offensif, parfois au détriment du secteur défensif.

Pour De Zerbi, « le résultat n’est pas important »

Sassuolo a goûté à la Serie A pour la première fois lors de la saison 2013-2014. Le club ne l’a depuis plus quittée et, surtout, a réussi à décrocher une qualification en Europa League dès la saison 2015-2016 (6e). Après deux saisons respectivement à la 12e et à la 11e place, les Neroverdi semblaient s’engluer dans le ventre mou du championnat jusqu’à l’arrivée cet été de Roberto De Zerbi, 39 printemps, et, avec lui, de sa philosophie de jeu.

« Pour moi, le résultat n’est pas important, la manière avec lequel arrive le résultat, par contre, est important. » confiait l’ex-entraîneur de Benevento au quotidien milanais Libero. Des idées claires, arrêtées, qui font de De Zerbi un OVNI parmi les petites équipes de Serie A qui souvent cherchent à récupérer des points avant toute chose. Roberto De Zerbi souhaite que la construction de ses actions débute par le gardien afin de faire sortir les défenses adverses et ensuite subitement accélérer le rythme de jeu une fois le milieu de terrain passé, en privilégiant les passes verticales, plus risquées. C’est de cette manière que les observateurs ont chanté ses louanges la saison dernière quand il était aux manettes de la lanterne rouge Benevento en rendant son jeu attractif – pas tout le temps – alors que le club semblait pourtant condamné dès son arrivée fin octobre après neuf défaites consécutives. De Zerbi a également des principes. « Je n’enlève pas un joueur durant la première période, mes joueurs ne sont pas humiliés. A Coverciano (ndlr : centre d’entraînement de la Fédération italienne), ils t’enseignent que si un joueur n’est pas dans son assiette, il est remplacé tout de suite, moi je ne fais pas ça. La psychologie est fondamentale. » A-t-il déjà essayé de titulariser Alessandro Matri pour dire ça ?

Septième attaque de Serie A

Le club de Sassuolo a réalisé un mercato intelligent pour lequel De Zerbi a eu son mot à dire. Contraint de laisser voguer ses meilleurs éléments vers d’autres cieux (Acerbi, Politano), l’effectif s’est toutefois renforcé avec les arrivées de Kevin Prince Boateng et Djuricic, libres de tout contrat, ainsi que celles de Babacar, Di Francesco, Locatelli, Marlon ou encore Magnani, tous aujourd’hui protagonistes du jeu attrayant de Sassuolo. Sans oublier
Sensi et Berardi qui sont désormais sur les tablettes de Roberto Mancini.

Les Neroverdi sont aujourd’hui la septième force de frappe de la Serie A, un petit exploit au regard du calendrier : De Zerbi et ses hommes ont déjà joué les six premiers du championnat. Les six dernières journées de la phase aller sont effectivement plutôt clémentes pour les coéquipiers de Boateng qui recevront quatre fois (Udinese, Fiorentina, Torino, Atalanta) et se déplaceront à Rome et à Frosinone. Si le jeu offensif proposé par les Neroverdi vaut son pesant de cacahuètes, ses qualités défensives laissent perplexes (15e défense de Serie A). Un dommage collatéral du pressing haut demandé par De Zerbi ? Certainement. Mais comme le répètent les partisans du beau jeu mais aussi Didier Deschamps : « L’important est de marquer un but de plus que son adversaire« . Pour le bonheur des yeux !

Kévin Gasser

Rédacteur



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