Sarri et Chelsea, une question de contexte

Par Nicolas Soldano publié le 30 Jan 2019

Voilà donc six mois que Maurizio Sarri a débarqué dans la capitale anglaise. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne laisse pas insensible les différents acteurs du football anglais. Entre jeu flamboyant, conférences de presse croustillantes et soucis d’adaptation, le tacticien napolitain fait le bonheur des médias anglais. Retour sur sa première partie de saison sur le banc de Chelsea.

Un début de saison remarquable

Entonnement, Sarri signe officiellement chez les blues assez tard au mois de juillet, alors que tout semblait prêt pour son départ et son remplacement à Naples par Ancelotti. Une préparation un poil tronquée donc, ce qui entraînera d’ailleurs un faux départ avec la défaite du Community Shield lors du premier match de la saison contre Manchester City. Mais par la suite, l’équipe se lance et prend une inertie impressionnante : elle reste invaincue pendant 18 matchs toutes compétitions confondues (14 victoires, 4 nuls), ne perdant des points que lors de rencontres disputées (contre Liverpool, Manchester United, Everton et West ham). Chelsea développe un jeu attrayant, et Sarri semble s’adapter tranquillement a son nouvel environnement de travail, bien aidé par les grosses performances d’Hazard (10 buts, 10 passes décisives en 19 titularisations), de Kanté et de Jorginho dans l’entre-jeu. Cependant, la fin du mois de novembre va se révéler être l’entrée dans une période moins faste en termes de résultats, ce qui va rebattre les cartes pour la course au titre, mais également pour ce qui est de l’image médiatique de Sarri.

Une transposition en question

A la sortie de la défaite contre Arsenal lors de la dernière journée de Premiere League, Sarri décide de marquer le coup en conférence de presse : passablement énervé par la performance de ses joueurs, il fait le choix de s’exprimer en italien (malgré son anglais de plutôt bonne qualité) afin de (dixit) « bien être compris par l’ensemble de son groupe« . Effectivement, ce soir là, Chelsea avait montré tout ce qui fonctionnait moins collectivement depuis plusieurs semaines : une possession de balle importante mais trop basse et trop stérile, et surtout un réel manque d’agressivité à la récupération. Étonnant quand on sait que c’est pourtant avec la même philosophie tactique que son groupe avait fait forte impression durant les premiers mois du championnat. Ces préceptes tactiques, directement transférés de son expérience au Napoli sont bien connus : un football de possession basé globalement sur le redoublement de passes courtes en peu de touches de balle, un pressing haut dés la perte de balle et un onze de départ bougeant peu pour amplifier les relations d’automatismes. Sauf que voilà, la machine blues semble s’enrayer lors de certains matchs. Les joueurs sont bien sûr désignés comme responsables, notamment vis à vis des efforts mis dans le pressing et vis-vis de la répétition des appels en phase offensive. Mais Sarri commence à être pointé du doigt pour sa rigidité tactique (entraînant, entre autres, le repositionnement de Kanté en faveur de Jorginho) et ses difficultés pour insuffler un second souffle à l’équipe.

Un contexte pas si idyllique

Cependant, le contexte du club londonien n’aide pas forcément, surtout dans l’optique d’aller chercher plus haut cette année. N’oublions pas que le club est clairement mis en vente par Abramovitch depuis plusieurs mois, plaçant le pôle recrutement dans une certaine retenue vis à vis des dépenses, contrairement à ses concurrents. De plus Liverpool et Manchester City évoluent à un niveau stratosphérique, avec une dynamique rare en Angleterre. Difficile de suivre pour les londoniens, surtout vis à vis des carences de l’effectif. Sarri a joué la plupart du temps sans véritable 9 à cause du rendement de Morata et de Giroud qui ont clairement laissé à désirer. Côté défense, ce n’est guerre mieux puisqu’il a fallu ressortir David Luiz du formol et rebasculer Azpilicueta couloir droit pour retrouver (un petit peu) de stabilité défensive. A voir maintenant si les recrues de ce mercato et particulièrement Gonzalo Higuain, le fameux « fils maudit » de Maurizio, vont réussir à relancer les blues qui peinent encore a entrer définitivement dans l’ère du « Sarrismo« .

Nicolas Soldano

Rédacteur



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