San Siro, l’amour va encore durer 3 ans

Par Aurélien Bayard publié le 01 Avr 2019

La nouvelle est tombée la semaine dernière, et quelle terrible information ! C’est difficile à écrire, encore plus dur à imaginer, mais c’est pourtant la réalité. L’Inter et le Milan AC, si souvent ennemis, seraient tombés d’accord pour quitter leur emblématique stade. Appelez-le San Siro, Giuseppe Meaza, qu’importe ! Pour les millions de supporters milanais, ce sera une énorme page qui se tourne.

Un stade presque centenaire

Il est important de le rappeler : si ce stade existe, c’est grâce aux rossoneri ! En effet, le président du Milan AC de l’époque, Piero Pirelli, est l’instigateur de ce projet. L’héritier de l’empire pneumatique du même nom confie le chantier à Alberto Cugini et Ulisse Stacchini. L’enceinte partagée des clubs de Milan sort de terre en 1925 mais il faut attendre septembre 1926 pour voir le premier match officiel. L’affiche : un derby de la Madonnina. Tout est prêt pour célébrer le club rouge et noir mais les nerazzurri décident de gâcher la fête en l’emportant 6-3. Pour pouvoir résister au temps et surtout aux normes de sécurité, le stade a été rénové pas moins de 3 fois. Grâce à cela, de nombreux matchs mythiques ont pu se dérouler et tous les citer serait trop long. Seul bémol : c’est aussi dans cette arène que les Italiens ont échoué à se qualifier pour la Coupe du Monde 2018.

Un serpent de mer

Depuis plusieurs années, l’idée d’une nouvelle cathédrale du foot est dans les têtes de chacune des directions milanaises. Comme un vieux couple qui ne se supporte plus, les deux Milan veulent faire stade à part. En 2012, Massimo Moratti l’annonce en grande pompe dans la Gazetta Dello Sport avec comme échéance 2016. Finalement, les réalités économiques frappent de plein fouet l’ancien président de l’Inter et rien n’est fait. 2 ans plus tard, Barbara Berlusconi est atteinte de la même lubie et c’est son paternel qui la stoppe. Les dernières rumeurs faisaient état de nouvelles rénovations pour redonner un coup de jeune à San Siro. La troisième tentative semble être la bonne. Pour des raisons de budget, milanais et interistes sont de nouveau prêts à faire chambre commune. Les rumeurs qui circulent font état d’une enceinte de 60 000 places contre 80 000 actuellement. En plus du stade, une salle de concert de 5 000 places et un centre commercial seraient construits aux alentours. Et pour le futur nom ? Un contrat de naming pourrait être conclu pour 25 millions d’euros par an selon les prévisions. Le nouvel écrin serait livré pour la saison 2022-2023 pour un coût de 600 millions d’euros.

L’inspiration bianconero

Les intentions des dirigeants lombards sont claires : rattraper le retard de développement économique pris par rapport à la Juventus. Depuis son inauguration, le Juventus Stadium est une véritable mine d’or pour la Vieille Dame. En huit ans, il a déjà rapporté plus de 330 millions d’euros alors qu’il en a coûté 155. Si les piémontais s’en sortent aussi bien, c’est qu’ils ont su redimensionner correctement leur stade. Avec une moyenne de fréquentation de 20 000 spectateurs au Stadio Delle Alpi, il avait été décidé de construire 41 000 places au Juventus Stadium. Un meilleur confort et des résultats sportifs exceptionnels ont permis d’atteindre un taux de remplissage proche de 96%. Les bianconeri se sont même permis d’augmenter de 30% le prix des places. Et malgré la grogne de certains supporters, le stade se joue régulièrement à guichet fermé. En calquant son projet sur celui de la Juventus, la stratégie milanaise est théoriquement correcte. La pratique sera plus compliquée : ils devront confirmer leur embellie sportive et, surtout, convaincre leurs supporters de changer de lieu de pèlerinage.

Aurélien Bayard



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