Sampdoria : « tu vends ou tu vends pas ? »

Par Michaël Magi publié le 24 Fév 2019

« Tu vends ou tu vends pas ? » Ce pourrait être le titre d’une parodie du célèbre « Tu veux ou tu veux pas ? » de Marcel Zanini. Celui-ci collerait parfaitement à l’actuelle situation de la Samp, qui attire les convoitises, ainsi qu’à l’attitude de son Président. Visiblement las, Er viperetta, a cessé de faire le pitre devant les caméras. Cumulant les emmerdes, il semble enclin à se séparer d’un jouet qui ne l’amuse plus guère, si tant est que l’offre soit à la hauteur de ses attentes…

Vialli, nouvel homme fort de la Samp ?

Les premières rumeurs de vente de la Samp sont nées cet été. A l’époque, personne n’évoque Vialli dans l’équation, même s’il a soudainement reparu le 1er août, en marge d’une rencontre amicale entre la Samp et Fulham. La rumeur découle de l’étrange signature de Walter Sabatini, fin juillet, avec le club saoudien Al Ittihad, en qualité de conseiller technique, moins d’un mois après qu’il ait pris en main le poste de Directeur Technique de la Samp. Cette double-casquette ne manque pas d’intriguer les observateurs, parmi lesquels l’une des plumes les plus estimées d’Italie, Renzo Parodi, journaliste à la Repubblica, qui soutient que « la direction du club saoudien a mandaté Sabatini pour sonder Ferrero sur sa volonté d’ouvrir une négociation ». Si un simple démenti balaie la rumeur sous le tapis, Ferrero fixe clairement son prix : « une entreprise de football, précise-t-il malicieusement, représente 180% de son chiffre d’affaires ». A bon entendeur… Les saoudiens ne formuleront aucune offre, la faute – probablement – à une loi, adoptée sur l’instigation du prince Mohammed bin Salman, restreignant l’exportation des capitaux saoudiens à l’étranger.

4 mois plus tard, les rumeurs repartent pourtant de plus belle. Plusieurs médias italiens affirment que Ferrero a reçu plusieurs offres, émanant de divers fonds d’investissements installés à Londres. Si rien ne filtre sur leur identité, on apprend vite que l’une de ces offres est soutenue par l’une des personnalités les plus emblématiques de l’Histoire de la Samp : Gianluca Vialli, l’un des gemelli del gol, à qui l’on promet le poste de Président…

Bluff à la génoise

La vente d’un club de football est tout, sauf un long fleuve tranquille. Engagée dans une partie de poker menteur, la Direction nie toute négociation. Par la voix de Paolo Fiorentino, ancien PDG du groupe bancaire Capitalia et membre néophyte du C.A. de la Samp, auteur d’une déclaration plus qu’intéressante pour qui sait lire entre les lignes : « Le football des patrons a disparu. Maintenant, c’est l’époque des grands fonds. Mais une cession n’est pas à l’ordre du jour ». La Samp est pourtant bien à vendre ; elle vaut 180M€, soit 180% de son chiffre d’affaires. Les grondes répétées des supporters, les déboires judiciaires ne sont certainement pas étrangers à la volonté de Ferrero. L’échec de la société dans le projet d’achat du Marassi – dont le prix a été surestimé par des experts indépendants mandatés par la Mairie génoise – et la difficulté des négociations avec le Genoa, visant à acquérir le stade en copropriété (avant de procéder à des travaux pharaoniques) achèvent peut-être de faire pencher la balance.

Aux dernières nouvelles, des investisseurs Qataris auraient rejoint les enchères. Selon le quotidien ligure, Il Seccolo XIX, Antonio Romei, Vice-Président du club, aurait prévu de se rendre à Londres pour rencontrer certains investisseurs. On en sait également plus sur la société liée à Vialli. Selon la Repubblica, il s’agirait de York Capital, société possédant 7 fonds ainsi qu’une franchise NBA (les Milwaukee Bucks). En attendant que la situation se décante, Vialli recevra ce lundi le prix Fachetti de l’éthique sportive, en hommage à sa carrière, ainsi qu’au combat qu’il a mené ces derniers mois contre un cancer. Aujourd’hui en rémission, son nouveau rêve fait l’unanimité. S’il se concrétise, il actera un divorce, par consentement mutuel, entre Ferrero et le peuple blucerchiato, au grand soulagement des deux parties… « Ces deux là, diront les rubriques matrimoniales, ne se sont hélas jamais compris… » La Samp passera dès lors sous pavillon étranger, pour la première fois de son histoire.

 

Michaël Magi



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