Sampdoria : l’énième reboot défensif !

Par Michaël Magi publié le 24 Juil 2019

Tradition estivale : la Sampdoria repense sa charnière centrale; encore ! Avec l’espoir, comme chaque année, de devenir enfin forteresse imprenable. Cette saison, Di Francesco bénéficiera d’un alliage savant entre expérience et jeunesse constitué de 3 centraux de combat. Suffisant pour tout changer ?

Murillo : phénix ou feu de paille ?

Jusqu’à présent, c’est la signature de l’été côté blucerchiato : Jeison Murillo s’est engagé en provenance de Valence, dans le cadre d’un prêt de 2M€, assorti d’une clause obligatoire de rachat de 10M€. Cher ? Oui… si l’on considère que le colombien sort de deux saisons galère au sein d’une Liga qu’il n’aura jamais su prendre par le bon bout, que ce soit à Valence ou au Barça. Son bilan est famélique : 24 matchs en deux saisons (7 seulement cette saison). Des miettes pour un joueur qui ne se sera jamais remis d’une affection osseuse, qui l’aura privé de plus de 3 mois de compétition, lors de sa première saison en Espagne.

La signature du défenseur colombien – palliant le départ d’Andersen – ressemble donc à un pari…qui pourrait être gagnant si jamais il parvenait à rééditer les prestations qu’il délivrait il y a 4 ans. Révélé durant la Copa America 2015, qui lui vaut le trophée du meilleur jeune du tournoi, Murillo signe à l’Inter dans la foulée pour 8M€. Fort de 34 matchs lors de la saison qui s’ensuit, il fait alors merveille au sein d’une Inter renaissante qui décroche une honorable 4ème place, et finit sur le podium des meilleures défenses de Serie A. Le joueur fait alors saliver tous ceux qui affectionnent les centraux rugueux, estampillés Amsud, adeptes des courses éperdues et des tacles glissés arrachant tout sur leur passage. Le reste de son aventure interiste sera en revanche semée d’embuches.

Un fauteuil pour deux

L’avenir nous dira si le pari de la Samp est gagnant et si Murillo parviendra à renouer le fil de son histoire, même s’il ne détient pas à lui seul les clés de l’équilibre collectif. S’il ne fait pas de doute qu’une place de titulaire lui sera réservé, à droite de la charnière, l’identité de celui qui l’accompagnera est encore floue. Omar Colley, qui sort d’une intéressante première saison en Serie A, part avec un temps d’avance. Rugueux lui aussi, dans le secteur aérien surtout, il apprécie l’axe gauche et présente des qualités qui semblent de prime abord complémentaires à celles de Murillo. Capable de défendre en avançant, les qualités du gambien émergeraient davantage aux côtés d’un joueur plus à l’aise que lui en couverture. Reste Julian Chabot. Énigmatique troisième larron du triumvirat de la castagne. Recruté 3,5M€ à Groningen, ce défenseur allemand de 21 ans, toisant à 1m95, occupe également l’axe gauche. Costaud, à l’aise dans le secteur aérien, il aura peut-être l’occasion de montrer qu’il a de l’avenir, à l’image de Skriniar ou Andersen, ses illustres prédécesseurs. Le gamin, à écouter l’ex-bombardier du PSV, Luuk de Jong, n’est en tout cas pas réputé pour ses qualités de poète : « Chabot est solide. Dur dans les duels. Il peut faire couler le sang de vos ongles. C’est même limite voire dangereux… »

Di Francesco n’a logiquement pas encore tranché. Pour le moment, le coach évalue et s’est servi des premiers amicaux de la saison pour tester des solutions qui pourraient semblent parfois saugrenues : « Comme je l’ai déjà dit, déclarait-il après le deuxième amical de l’été, je vais faire beaucoup d’essais. Un peu par nécessité, mais aussi parce que nous pourrions avoir des blessés durant l’année. En l’absence de trois joueurs, j’ai positionné Jankto au poste de latéral et j’ai recentré Bereszyński ». A travers cette concurrence encore confuse, c’est tout un système défensif qui semble sur le point d’être rébooté. Il y a 4 ans, la Samp jouait à 3 défenseurs. Ces trois dernières saisons, elle n’a jamais réussi à régler sa vulnérabilité sur les côtés – conséquence du sempiternel 4-3-1-2 Giampaolien. Réorganisé en 4-3-3 avec des défenseurs appréciant la baston, la donne pourrait changer. Une stabilité en défense lors de la saison suivante constituera une indice sur la réussite de cette énième révolution d’été.

Michaël Magi



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