Sampdoria : la saison de tous les dangers…

Par Michaël Magi publié le 13 Sep 2019

Mercato raté, dissensions internes, début de saison cataclysmique ; la Samp sort de l’été sur les rotules, rongée par un doute qui traduit un mal profond. Parviendra-t-elle à sortir du marasme ? A défaut de réponse, voici quelques éléments de compréhension.

La vente à l’origine de tous les maux

Deux matchs, deux défaites, 7 buts encaissés, un but inscrit : pour trouver trace d’un début de championnat aussi calamiteux, il faut remonter jusque la saison 2004-2005. La comparaison s’arrêtera sans doute là, car à l’époque, si le Doria avait perdu ses 3 premiers matchs, il profitait aussi pleinement d’une période de stabilité. Conduit par un Walter Novellino pragmatique, un effectif homogène et robuste avait en effet fini la saison à une cinquième place, synonyme de qualification européenne. Pas certain que Di Francesco puisse espérer le même dénouement, tant les maux qui affectent aujourd’hui la Samp semblent pernicieux.

Premier d’entre eux : la fracture nette entre les tifosi et Ferrero. Moins trivial qu’il n’y parait, tant les supporters semblent vouloir la peau d’un Président, vilipendé pour des prises de position souvent honteuses, accusé d’avoir transformé la Samp en oasis spéculatif et de s’être directement servi dans la caisse pour renflouer d’autres entreprises. Dernier épisode en date : un guet-apens, le 5 septembre dernier, organisé par des tifosi furieux, alors que Ferrero déjeunait au resto. Embuscade qui l’a marqué, dit-on, et l’a conduit à porter plainte. Cette fracture est en partie à l’origine de la mise en vente du club et d’une situation qui pourrit son quotidien depuis plusieurs mois. Car, s’il est un fait établi, c’est que Ferrero a mené le mercato la tête ailleurs, avec pour seul consigne de ne s’en tenir qu’aux simples prêts.

Verdi, Berardi, Simeone…même Defrel : toutes ces pistes ont échoué. La faute à un portefeuille doriano verrouillé, pour ne pas amoindrir le prix de vente. Calcul risqué, dans la mesure où, selon transfermarkt, l’effectif doriano a perdu cet été 20% de sa valeur. La vente avance du reste cahin-caha. Une lettre d’intention a fixé l’exclusivité des négociations avec le fonds américano-londonien représenté par Vialli, jusqu’à fin septembre. En attendant, Di Francesco disposera d’un effectif affaibli tandis qu’en interne, deux factions s’affrontent : les fidèles, représentés par Vidal, Agent-comptable du club ; les dissidents, représentés par Romei, homme fort du Conseil d’Administration.

L’héritage Giampaolo

Di Francesco a longtemps patienté. Il se disait « confiant dans le fait que la Direction lui apporte satisfaction ». Il réclame aujourd’hui plus de clarté et ne peut ignorer qu’on l’a mené en bateau. Déjà questionné sur une éventuelle démission, il sait qu’il devra composer avec une Rosa inadaptée à son système de prédilection. Outre Rigoni et Maroni, l’effectif compte majoritairement des joueurs d’axe ou plus à l’aise dans le jeu de conservation que dans la verticalité espérée. Le cas Thorsby est éclairant : recruté l’hiver dernier auprès d’Heerenveen, quand un Giampaolo obsessionnel téléguidait encore un mercato unidimensionnel, le norvégien est ignoré par Di Francesco qui le considère inapte à intégrer son onze. Faute de mieux, l’ancien coach de la Roma bricole avec Gabbiadini, Jankto, Caprari, Leris…sans trouver la solution.

Quoiqu’il en soit, il faudra faire avec cet effectif…qui semble déjà touché moralement, ce que chacun a pu observer au Mapei Stadium. Après une première demi-heure de bonne facture – mais non récompensée – les blucerchiati ont été puni dès la première occasion adverse. Un but, suffisant pour liquider les velléités du jour : la Samp en encaissera deux autres en un quart d’heure, avant de perdre Ronaldo Vieira sur carton rouge en fin de première période. Cauchemardesque !

Tout est donc à construire, à l’image d’une charnière poreuse, d’un milieu incapable de compenser les montées des latéraux. Le capitaine lui-même semble soudainement faire son âge, en dépit d’une dernière saison trompe-l’oeil. Ce week-end, le match à Naples s’annonce terrifiant. La Samp n’en tirera rien, à moins de retrouver des vertus de combat et un peu de réussite. Le temps presse : Vialli est à l’heure actuelle une dangereuse chimère. Sans unité – la Samp pourrait bien vivre une saison infernale.

Michaël Magi



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