Sampdoria et Genoa : Genova nel cuore

Par Florian Giunta publié le 14 Sep 2018

Un mois après le drame qui a touché la ville de Gênes, Calciomio voulait se souvenir. Se souvenir en relatant comment ont vécu les deux clubs de la ville évoluant en Serie A le choc qu’a été l’écroulement du pont Morandi le 14 août 2018 à 11h37 et les jours suivants.

le choc

« C’est une des villes de ma vie, Gênes. Et c’est un pont qui a compté dans ma vie » disait Vincenzo Montella (ex Samp et Genoa) à la Gazzetta dello sport le lendemain de la catastrophe. Tous les joueurs ou dirigeants – anciens ou actuels – ont vécu cet événement comme un drame personnel. Une heure après, le compte officiel de la Sampdoria lançait sur twitter un « Senza parole » lapidaire et déchirant quand celui du Genoa proposait le hashtag #preghierapergenova (#prièrepourgênes). C’est le Genoa qui a été immédiatement concerné car la majeure partie des joueurs devait emprunter le pont pour se rendre au centre d’entraînement. Et beaucoup de peur pour Domenico Criscito, le directeur général et le photographe du club des Grifoni passés peu de temps avant 11h37 ce 14 août… A l’inverse, tous les joueurs de la Sampdoria sont à l’entraînement car aucun ne vit à l’ouest de la ville portuaire et n’avait à traverser le pont Morandi. Après avoir appris la nouvelle, ils se rassembleront et observeront une minute de silence. Deux jours plus tard, après que le Président des blucerchiati Ferrero ait exprimé le désir de ne pas jouer la première journée de championnat, on apprenait le report de Milan-Genoa et Sampdoria-Fiorentina. La balle peut rouler sur tous les autres stades d’Italie mais les Gênois veulent ensemble se recueillir, loin de la compétition.

Samedi 18 août, Padiglione B Jean Nouvel

Il n’est plus question de rivalité quand 5000 personnes se réunissent pour se recueillir devant 19 cercueils ce samedi 18 août lors des funérailles nationales. De sonores « Merci d’être là » accueillent les délégations des deux clubs à leur entrée.  Les joueurs ont décidé – contre l’avis du protocole –  de se mélanger alors que deux zones distinctes leur étaient attribuées. Ainsi alternent les polos bleus et les polos blancs. Quand le regard de Fabio Quagliarella, capitaine de la Sampdoria, croise le cercueil recouvert d’un maillot et d’une écharpe d’Andrea Cerulli, ouvrier de 47 ans et supporter du Genoa, les Gênois ne font plus qu’un.

Dans les stades, se recueillir et jouer

En cette deuxième journée de championnat, l’Italie du foot arbore un tee-shirt « Genova nel cuore ». Ce 26 août, contre Empoli, les joueurs du Genoa arborent un maillot sans sponsor et les tifosi font régner une ambiance si particulière en restant 43 minutes silencieux. A chaque minute, un nom de victime apparaît sur l’écran géant du stade Ferraris. La liste des noms égrenée, « Genova, Genova » résonne comme un cri libérateur rendant de nouveau l’intérêt pour le jeu possible. Le 2 septembre, joueurs de la Samp et du Napoli vivent ensemble, serrés, une minute de silence alors que sept jours plus tard l’équipe de la Spezia recevait les blucerchiati pour un match amical dont la recette est promise aux familles des victimes.

C’est l’entraîneur du Genoa, Davide Ballardini, qui trouve les mots justes en ces moments si particuliers : « Notre devoir sera de bien faire notre métier sans oublier ce qui s’est passé« . Et quand il ajoute « On a besoin de se souvenir« , on pense au delà du foot, aux leçons à en tirer en matière de génie civil en Italie et en Europe. Mais en revenant à ce jeu que nous aimons, impossible de ne pas penser à la vétusté des stades italiens qui ne garantissent pas la sécurité de ceux qui s’y rendent et qui y travaillent…

Florian Giunta



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