Ruslan Malinovskyi, nouvel amant de la Dea

Par Aurélien Bayard publié le 24 Juil 2019

Auteure d’une saison magistrale, l’Atalanta va découvrir la Champions League pour la première fois de son histoire. Le club lombard se qualifie donc pour la troisième année consécutive en Coupe d’Europe et va devoir démontrer qu’elle a appris de ces erreurs. En effet, la Dea y a laissé à chaque fois des ressources physiques et mentales qui lui font rater ses débuts de saison. Les dirigeants bergamasques ne lésinent donc pas sur le recrutement et après Luis Muriel, c’est Ruslan Malinovskyi qui vient garnir les rangs de la Dea.

Abandonné par le Chakhtar

Natif de Jytomyr, Ruslan récite ses premières gammes dans le club local, le FC Polyssa. En 2005, son talent saute aux yeux des recruteurs nationaux qui lui font la cour pour récupérer le talentueux espoir ukrainien. Le Chakhtar Donetsk rafle la mise et Malinovskyi s’envole pour la Crimée. 7 ans plus tard, alors qu’il est de coutume de laisser quelques bribes de matchs aux jeunes pousses, Malinovskyi compte toujours aucune minute avec les mineurs. La cause est simple : un milieu pléthorique composé de Mkitharyan, Alan Patrick, Fernandinho voire Stepanenko. Alors le jeune milieu de terrain va voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs et descend d’un étage pour se retrouver au FK Sevastopol. En Persha Liha, il obtient enfin du temps de jeu et marque même son premier but en professionnel. De retour à Donetsk, sa situation ne s’améliore toujours pas et il se voit indiquer la porte de sortie au mois de janvier. Il débarque alors au Zorya Luhansk pour un prêt d’une durée de 2 ans et Ruslan peut enfin goûter à la première division ukrainienne. Mieux encore, il participe à l’Europa League mais l’aventure s’arrête aux barrages. L’espoir se transforme en joueur confirmé, marque, fait marquer et devient le dépositaire du jeu. Malgré cela, son club formateur ne mise toujours pas sur lui. Son prêt se termine à peine qu’il part en Belgique direction Genk.

Explosion à Genk

Avant de tutoyer les sommets avec le KRC, Malinovskyi a d’abord touché le fond. Une rupture du LCA contractée le jour de la fête du travail contre Bruges le force à 245 jours d’absence. Au lieu de le renvoyer en Crimée, Genk voit en cette blessure une opportunité de racheter un joueur, certes hors service, à moindre frais. Le natif de Jytomyr ne se presse pas pour revenir et fait même un mois de rééducation en plus pour être au top de ses capacités. Tel le phénix, il renaît de ses cendres et enchaîne les prestations de haut-vol. L’année 2018/2019 est celle de la consécration avec Genk. Le club limbourgeois fait la course en tête tout au long de l’année et aborde les play-offs avec sérénité. Malheureusement Pozuelo quitte ses camarades pour rejoindre la MLS et les clefs du jeu échouent à Ruslan. Il prend sa tâche à bras le corps et ne faiblit pas pour le dernier sprint final de la saison. Genk finit champion et le milieu de terrain se sent dorénavant à l’étroit.

Préparer le présent et l’avenir

De tous les clubs qui le souhaitaient, seul l’Atalanta retient son attention. Il fait alors le forcing pour quitter la Belgique et, à contrecœur, Genk finit par lâcher son joyau. Le milieu de terrain a tout pour s’imposer en Lombardie. La connexion Genk-Italie marche avec brio lorsque l’on regarde les joueurs qui l’ont empruntée : Serguei Milinkovic-Savic, Kalidou Koulibaly et Timothy Castagne. Dans les différents dispositifs de Gasperini, sa polyvalence lui permettrait de prendre la place de De Roon, Freuler voire celle de Papu Gomez. A 31 ans, les sirènes de la Chine ou d’un retour au pays se font de plus en plus pressantes autour de l’ancien joueur de Catane. L’argentin résiste encore, sûrement attiré par l’optique de disputer la Champions League cette saison. En attendant son départ inéluctable, Gasperini a le temps de façonner son nouveau joujou pour continuer à éclabousser l’Europe de son style de jeu chatoyant.

Aurélien Bayard



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