Romagnoli-Bonucci, duo par défaut ?

Par Aurélien Bayard publié le 07 Sep 2019

La grave blessure de Giorgio Chiellini n’impacte pas que la Juventus, elle a aussi d’énormes conséquences pour la Nazionale. Le capitaine courage de la Squadra Azzurra abandonne contre son gré son poste de défenseur central et d’aboyeur en chef. La question de sa succession se posait déjà lorsqu’il était opérationnel mais maintenant l’Italie se retrouve au pied du mur. Dorénavant seul rescapé de la BBC, Bonucci accueille son nouveau compagnon de route : Alessio Romagnoli.

Romagnoli, enfin l’évidence !

De toutes les recrues que le Milan AC voit passer depuis 2015, Romagnoli est celle qui fait le plus l’unanimité. L’ancien romain s’améliore de jour en jour depuis son arrivée en Lombardie et semble enfin prêt pour obtenir une place de titulaire en équipe nationale. Le temps fut long, il fallait forcément user jusqu’à la moelle la charnière Chiellini-Bonucci dont l’EURO 2020 aurait dû être le dernier baroud d’honneur. Alessio dispose de plusieurs arguments pour remplacer au pied levé notre Giorgio national. Depuis l’année dernière, le milanais a hérité du brassard de capitaine. Gennaro Gattuso a décidé de mettre en lumière le rôle de leader qu’il avait déjà dans le vestiaire. Souvent irréprochable en dépit de partenaires aux performances erratiques, Alessio sait aussi sortir son équipe du pétrin comme en témoigne son but face à l’Udinese en novembre 2018. De plus, le capitaine milanais fait partie intégrante de la sélection depuis 2016 et a pu apprendre auprès de chaque membre de feu la BBC.

L’expérience milanaise

Retournons quelques instants en 2017. Il Cavaliere préfère vendre l’AC Milan afin d’éviter la perte de son empire de la télécommunication Mediaset. La nouvelle direction a besoin d’une tête de gondole pour démontrer que les rossoneri sont toujours dans le coup. Elle frappe alors un grand coup lorsque Leonardo Bonucci débarque à Milanello pour seulement 40 millions d’Euros. Les tifosi s’enflamment et l’érigent déjà comme le symbole d’une renaissance milanaise tant attendue. Ce ne sont pas les seuls. Dès que Leo s’installe au côté de Romagnoli, les médias imaginent déjà une idylle en sélection nationale. Il n’en sera rien. Loin de la Juventus, Bonucci perd son mojo et semble perdu sans son compagnon habituel. Le début de saison poussif rend les rossonerri tendues et un incident éclate suite à un derby perdu contre l’Inter. Les 2 compères sont à deux doigts d’en venir aux mains et il faut une photo ironique sur Instagram pour clore cette affaire. Malgré une saison moyenne, les statistiques sont plutôt correctes pour la défense milanaise. Elle a encaissé 3 buts de moins que la saison précédente et pointe à la 6ème place. Cependant, en regardant de plus près, l’osmose entre Bonucci et Romagnoli n’a jamais sauté aux yeux. Preuve s’il en est, Bonucci est renvoyé à la Juve pour obtenir le transfert de Caldara et Higuain. La blessure de Chiellini leur permet donc d’avoir une deuxième chance.

Qui d’autre choisir ?

Actuellement, les autres défenseurs centraux convoqués sont Gianluca Mancini, Francesco Acerbi et Armando Izzo. Roberto Mancini ne voit en aucun des deux un titulaire en puissance dans l’arrière-garde italienne puisque le bergamasque a été testé en tant que latéral droit et le laziale ne doit sa présence que grâce à la blessure de Chiellini. Reste le granata qui semble monter en puissance mais vient tout juste d’intégrer la sélection nationale. Même du côté des absents, il n’y a pas pléthore de profil. Caldara sort d’une année blanche due aux blessures. Reste alors le cas Rugani. Lui aussi fait partie du groupe italien depuis 2016 et totalise un nombre de sélection quasiment identique à Romagnoli. De plus, il côtoie Chiellini aussi bien en Nazionale qu’à la Juventus. Cependant, l’ancien empolesi cire trop souvent le banc et Roberto Mancini vient de lui faire payer cette situation inconfortable en ne le convoquant pas. Entre choix naturel ou par défaut, la frontière devient donc mince. Toujours est-il qu’après ce match contre l’Arménie, les principaux intéressés doivent élever leur niveau de jeu.

Aurélien Bayard



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