Retour à la normale pour l’AS Roma

Par Luca Dangréaux publié le 14 Fév 2020

Voici venue la fin de l’illusion pour cette AS Roma 2019-2020.  Seulement deux victoires depuis le début de l’année (soit en huit matches), 16 buts encaissés sur la même période et une chute à la 5e place. Les Giallorossi, au-delà de se remettre à l’endroit sur le terrain, peuvent commencer à regarder vers le bas du classement tant ses concurrents se trouvent davantage dans le ventre mou de Serie A que sur le podium. Le déplacement sur la pelouse de l’épouvantail bergamasque, ce samedi 15 février, pourrait en être une terrible preuve.

Leaders, où êtes-vous ?

Voir l’AS Roma (loin) derrière la Lazio et l’Atalanta avant le dernier tiers de la saison n’est finalement pas si étonnant pour qui suit attentivement le championnat. Tutoyer le podium jusqu’à la nouvelle année comme elle l’a fait relève même d’une petite performance en soit. Était-elle est surrégime ? Il y a un peu de ça. L’impression donnée, par certains joueurs, de retrouver leur niveau moyen est assez nette. Chez Chris Smalling pour commencer. Les débuts du défenseur anglais avaient bluffé tout le monde. Ses performances lui avaient aussitôt offert une place de titulaire et avaient fait taire les très nombreux moqueurs nés de l’annonce de son prêt depuis Manchester United. Ce sont justement les démons du Smalling d’avant qui refont surface ces derniers matches. Que lui est-il passé par la tête au moment de laisser le ballon filer vers Orsolini sur le premier but de Bologna le week-end dernier ? Le constat vaut également pour son compère défensif Gianluca Mancini et le gardien Pau Lopez.

Après la vilaine défaite romaine face à Bologna (3-2), Paulo Fonseca déplorait un contrecoup d’abord mental et non sportif : « L’équipe n’a pas vraiment digéré la défaite à Sassuolo et nous avons joué avec peu d’assurance défensive. Les joueurs n’étaient pas tranquilles. Il nous faut jouer avec courage et je vois en ce moment une équipe apeurée. Je dois changer quelques choses », plaide-t-il sans se dédouaner. Et comment faire tourner une équipe quand ses leaders ne sont qu’à moitié au rendez-vous ? Edin Dzeko n’a pas marqué plus de dix buts en 23 matches et parait chaque week-end franchement emprunté (l’autre meilleur buteur giallorosso est Kolarov avec cinq buts…), Alessandro Florenzi a fait une triste première partie de saison avant de se remettre en jambes et… de partir, Fazio est porté disparu puis enfin Kolarov ne tire même plus les penalties. C’est dire.

Entre tradition et coups du sort

Voir l’AS Roma se déliter au fil de la saison est devenue une mœurs du Calcio. Un coup d’œil sur l’histoire récente de ce club suffit à expliquer la forme actuelle de l’équipe. Il serait pourtant malhonnête d’analyser l’actuelle saison de la Louve sans prendre en compte les incessantes blessures qui hachent le développement du groupe de Paulo Fonseca. On ne va pas les énumérer mais cela concerne une quinzaine de joueurs de l’effectif, contraints à abandonner leurs partenaires plusieurs semaines.

Sur cette fin de saison, l’AS Roma doit penser à défendre sa place plus qu’à aller chasser celle des autres. Si la cinquième position est maintenue jusqu’à la J38, Fonseca aura fait son travail, sans parler d’échec ni de franc succès. Les Giallorossi possèdent un matelas de cinq points sur le premier poursuivant. Rassurant à court terme mais certainement pas suffisant pour bâcler les trois mois de compétition restant. L’entraîneur a un contrat de deux ans (plus un en option) et bien finir la saison 2019-2020, c’est aussi préparer les bases de la saison 2020-2021. La concurrence du haut de tableau de Serie A s’annonce autrement plus féroce pour les dix prochaines saisons en comparaison aux dix précédentes (retour au premier plan de l’Inter, la Lazio et Inzaghi travaillent très bien, l’Atalanta aux prémices d’un grand club) et c’est un train que l’AS Roma ne doit absolument pas laisser passer.

Luca Dangréaux



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