Remo Freuler, l’indispensable ?

Par Nicolas Segura publié le 31 Oct 2020

Arrivé de Suisse il y a quatre ans, Freuler représente la réussite des joueurs qui sont arrivés dans l’anonymat à l’Atalanta. Il était un joueur correct de D1 suisse, puis il s’est engagé dans le club de Bergame pour moins de deux millions d’euros. Un montant peu élevé au vu de son importance depuis trois saisons. Progressivement, il est même devenu un joueur-clef de la Nati, l’équipe nationale suisse.

Une Dea parfaite pour lui ?

Il n’y a pas longtemps, l’Atalanta, sur les réseaux sociaux, a appelé Remo Freuler « Le Seigneur du Milieu de terrain ». S’il n’a pas grand-chose avoir avec l’univers de Tolkien, le Suisse est un homme clef de l’équipe bergamasque. Dès sa deuxième année (il est arrivé en janvier), « San Remo » est devenu titulaire, grâce à Gasperini. Les premiers résultats lors de la saison 2016-2017 dépendaient entre autres de la présence de Freuler.

Ce qui est intéressant, c’est de voir son évolution. Lui qui, à l’image de la Dea, n’a cessé de progresser au fil des saisons. Freuler a vécu le ventre mou en Serie A, puis le haut de tableau, l’Europa League et enfin la Champions League. Au cours d’un entretien en février avec Le Matin, quotidien suisse, il est revenu sur son parcours : « Au début, je voulais surtout franchir un palier en découvrant l’étranger. Je n’aurais jamais pensé qu’on pourrait atteindre un tel niveau. Toutes mes espérances ont été dépassées. » Que ce soit aux côtés de Kessié, Gagliardini, Cristante ou De Roon, Gasperini a toujours compté sur lui. Actuellement dans la fleur de l’âge, le Suisse allemand en est à 176 matchs disputés sous le maillot nerazzurro. Tout cela sans qu’aucune rumeur sérieuse ne l’envoie dans un club plus « huppé ».

Lorsqu’il n’est pas là, son absence se remarque

L’image d’un Remo Freuler sortant avec des crampes à la fin du match contre Paris laisse de petits regrets aux supporters bergamasques. Sans lui, les Parisiens ont su renverser la vapeur et s’imposer dans les dernières minutes. Réduits à dix, les joueurs de l’Atalanta n’ont pu que se retrancher dans leur surface face aux incessantes attaques parisiennes. Avec plus de 3 000 minutes jouées sous le maillot de la Dea la saison dernière, c’est évident de dire qu’il est un homme fort de Gasperini.

Si Pasalic le remplace parfois à ce poste de milieu axial (rotation presque obligatoire vu le calendrier), le Croate n’est pas aussi performant à cet endroit du terrain. Pasalic manque encore de présence dans les duels pour concurrencer le Glaronais. Cette saison, c’est bien simple : lorsque Freuler ne joue pas, l’Atalanta perd. Face au Napoli et à la Sampdoria, il n’a pas quitté le banc des remplaçants et a assisté à la défaite des siens.

Une progression qui porte ses fruits

Cette progression folle est récompensée : avec la Suisse aussi, il devient indispensable sous Petkovic. Certes, le dispositif tactique de Gasperini met en valeur beaucoup de joueurs, mais il faut aussi reconnaître qu’il fait partie des Bergamasques qui pourraient réussir ailleurs. Lors du dernier rassemblement avec la Nati, il a brillé, notamment face à l’Allemagne. Auteur d’un beau but et d’une passe décisive, « San Remo » a montré ses qualités offensives.

Avec l’Atalanta la saison dernière en Serie A, il affichait 88% de passes réussies. Mais défensivement, il n’est pas non plus à la ramasse, réussissant à de nombreuses reprises des interventions précieuses. Au milieu, il est capable de mettre en place des offensives ou des contre-attaques en se détachant du pressing adverse. La relance passe souvent par lui. Positionné milieu central gauche, Freuler combine souvent avec Gomez et Gosens dans des jeux en triangle, un des schémas clefs de l’Atalanta. Il est aujourd’hui devenu un des milieux de terrain les plus complets et réguliers de Serie A. Trop peu osent le dire.

Nicolas Segura



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