Reggina, le début d’une histoire ?

Par Michaël Magi publié le 15 Mai 2019

Dimanche soir, devant 14.000 tifosi déchainés, la Reggina a validé son billet pour le deuxième tour préliminaire des playoffs de Lega Pro. Revenue de l’enfer, elle rêve désormais d’un retour en grâce après une nouvelle saison cataclysmique.

Ce but venu d’ailleurs

79ème minute du match Reggina-Monopoli. Les fondations du stadio Granilo vibrent soudainement de joie. Giuseppe Ungaro, rentré 8 minutes plus tôt, vient de délivrer les siens d’un missile sol-air, expédié à plus de 30 mètres des buts, d’une position complètement excentrée. Aussi improbable que la saison d’un gars qui sort de la boite, au moment où plus personne ne l’attendait. Ivre de joie, le pugliese pique un sprint pour aller célébrer son but avec une tribune est, qui, à l’autre bout du stade, dégueule une ferveur des grands soirs. « Ce but est irréel, dira-t-il après la rencontre. J’ai vu le gardien faire un pas en avant et j’ai tenté le coup. Je rêvais de ce but depuis plusieurs jours. Peut-être qu’en rêver si fort m’a aidé à le réaliser ». L’histoire est aussi belle que les larmes qu’il versa juste après son but.

Si le soulagement fut si grand, c’est que le match de playoffs que la Reggina jouait alors sur son terrain avait pris une vilaine tournure. Malmenés par le courageux 11 de Monopoli, bien décidé à jouer crânement sa chance, agressés sur chaque ballon par des biancoverdi dont l’engagement était souvent limite, menés depuis la 31ème minute suite à un coup franc de l’argentin Scoppa (bien aidé  sur le coup par le mauvais placement du gardien local, Confente), les joueurs de la Reggina butèrent longtemps sur une défense adverse héroïque. Au point d’imaginer une sortie de route prématurée ? Sans aucun doute, ce que trahirent les larmes d’Ungaro, qui n’avait joué jusque-là que 17 matchs cette saison (pour 2 buts et 3 passes décisives).

Le passé et le passif

Si forte que soit la volonté de la Reggina, de rattraper sa gloire passée – fondée sur les cendres encore chaudes d’une décennie 2000 dorée – et de clore le chapitre le plus sombre de son histoire, marqué par une sortie de route financière (dont les stigmates persistent du reste), la route sera cependant longue (et pentue) pour décrocher une promotion en Serie B. Longue et parsemée de défis, ce que n’ignorait pas le coach amaranto, Roberto Cevoli : « Monopoli est une grande équipe. je l’avais dit avant le match. Ils nous ont fait souffrir. On a heureusement pu réagir, grâce à Ungaro. Ce gamin a été mis de côté, pas par moi du reste, mais il s’est toujours bien entrainé, il mérite ce qui lui arrive. Il faudra s’appuyer sur ce match pour préparer la rencontre contre Catania ».

Il faudra bien cela à la Reggina, en effet, pour espérer sortir vainqueur de playoffs qui consacreront exceptionnellement deux promus. Ce serait là un exploit retentissant, au terme d’une saison qui, encore une fois, ne fut pas de tout repos : suspensions de stade, démission rocambolesque du Président, amende de points résultant d’un non-paiement de salaires, menaces des joueurs de ne plus jouer pour les mêmes causes. Et bien sûr, une petite valse d’entraineurs rituelle, qui valut à Roberto Cevoli une humiliante éviction, au soir de la 24ème journée, avant d’être rappelé à son poste 10 journées plus tard. Cevoli marche depuis lors sur du velours. La dynamique positive qui semble aujourd’hui porter la Reggina – et qui fait espérer des milliers de tifosi – ne lui est pas étrangère. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Lors de son retour, au soir de la 34ème journée, le club était 14ème de son groupe ; 4 matchs plus loin, pour autant de victoires, il décrochait une place inespérée en playoffs. L’aventure continuera ce mercredi avec un déplacement de feu en terre sicilienne, à Catania. Un défi compliqué pour une équipe qui sprinte certes depuis 5 matchs (comme son inattendue buteur dominical) mais qui devra trouver les moyens de s’offrir un second souffle.

Michaël Magi



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