Réforme Tavecchio : la révolution en marche

Par Herman Ahouande publié le 29 Juin 2016

Serie A
Les 20 clubs de Serie A avaient dû insérer 8 joueurs formés en Italie dans leurs effectifs respectifs pour la saison 2015-2016. Ce n’était qu’une esquisse de la réforme Tavecchio. Pour la saison à venir, chaque équipe de l’élite devra compter dans ses rangs 4 joueurs de plus de 21 ans formés en Italie et 4 autres issus de son centre de formation. Avec la nouvelle formule, le nombre maximal de joueurs de plus de 21 ans est fixé à 25. On en déduit donc que tout club de Serie A sera autorisé à enrôler (au plus) 17 joueurs formés à l’étranger.

Ce qu’il faut retenir

Peut être considéré comme formé au sein d’un club italien un footballeur ayant disputé au moins trois saisons -entières- dans les équipes de jeunes (entre 15 et 21 ans) du club. Ce « titre » est d’ailleurs aussi attribuable à tout joueur ayant cumulé au moins 36 mois (même de manière discontinue) dans les équipes de jeunes du même club. La réforme n’a toutefois rien à voir avec la nationalité. Par exemple, Nicola Sansone est italien mais a été formé au Bayern Munich. Il ne peut donc pas être pris dans le groupe des 4+4. En revanche, Radja Nainggolan (belge) et Baldé Kéita (sénégalais) peuvent en faire partie. Les deux footballeurs ayant été formés en Italie. En outre, les équipes ont la latitude d’avoir un nombre illimité de joueurs de moins de 21 ans (nés après le 1er janvier 1995 pour le compte de la saison 2016-2017). Par ailleurs, les équipes disposant de moins de 8 joueurs de plus de 21 ans formés par leurs centres de formation (ou en Italie), n’auront pas la possibilité d’être remplacés par des joueurs formés à l’étranger. Par conséquent, leur effectif sera donc réduit.

Une réforme au secours du Calcio

L’objectif visé par ce nouveau règlement est de mettre en valeur les footballeurs formés en Italie et de favoriser l’éclosion des jeunes locaux.   Les derniers mercatos illustrent d’ailleurs bien la situation que la réforme souhaite combattre. Les tops clubs construisent leurs groupes essentiellement avec des joueurs recrutés dans d’autres pays. La Juventus, quintuple championne d’Italie compte en son sein le seul Marchisio comme joueur issu de son centre de formation. La réforme entend donc miser sur le long terme, en mettant l’accent sur la formation, ce qui pourrait également rendre plus compétitif le football italien. Elle devrait également faire des clubs de la Serie A de véritables viviers pour la Squadra Azzurra en augmentant le nombre de joueurs sélectionnables. Une nécessité.

Le revers de la médaille

L’initiative du président de la FIGC est attendue comme un tournant. Néanmoins, cette mesure pourrait ne pas garantir les résultats attendus sur le plan sportif. Si l’aspect théorique du format 4+4 ne devrait pas poser de problème, c’est sur son application pratique que les clubs seront attendus. Certaines équipes peuvent bien avoir les huit joueurs formés dans la Botte sans pour autant leur attribuer un rôle de premier plan. Et c’est à ce niveau que la réforme peut être le portrait d’un fantôme au sens propre du terme. Par exemple, parmi les 11 joueurs les plus utilisés par l’Inter durant la saison écoulée, seulement deux joueurs formés en Italie y figurent (D’Ambrisio et Icardi). Et aucun élément du centre de formation de l’Inter ne pointe le bout de son nez. Parmi les trois joueurs issus du vivier nerazzurro, Berni n’a jamais joué. De plus, onze joueurs formés à l’Inter ont fait l’objet d’un prêt. Cela montre bien que l’entrée en vigueur de la réforme ne signerait pas systématiquement la fin de la disette du Calcio, tant que les clubs pourront la contourner. La révolution annoncée ne sera donc pour le moment qu’une petite révolte ?

Herman Ahouande

Rédacteur



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