Ralf Rangnick, pour remettre de l’ordre dans la maison Milan ?

Par Aurélien Bayard publié le 18 Mai 2020

L’éventuelle arrivée de l’Allemand Ralf Rangnick ressemble à un énième nouveau projet. Les tifosi du club rossonero n’en peuvent plus, eux qui voient les directions se succéder et leur importance sur l’échiquier national dégringoler. Cependant, pour retrouver leur grandeur, les Milanais auraient bien besoin d’un bâtisseur comme lui.

Un pionnier en Allemagne

Passionné par le ballon rond depuis sa plus tendre enfance, le professeur – comme il est surnommé dans son pays – s’inspire des plus grands pour bâtir les équipes qu’il entraîne. En 1984, il tombe amoureux du Dynamo Kiev de Valeriy Lobanovsky lorsque les Ukrainiens viennent dans sa ville natale de Backnang pour y disputer un match amical. Le pressing de Kiev asphyxie tellement les joueurs locaux que Rangnick se demande s’ils n’avaient pas un joueur en plus. Quelques années plus tard, des amis italiens lui envoient plusieurs VHS en provenance de Serie A. Au menu, le Milan AC d’Arrigo Sacchi et les techniques d’entraînement de Zdenek Zeman. L’Allemand tombe sous le charme de ses méthodes révolutionnaires et part les expérimenter au sein du SSV UIm en troisième division. Les succès s’enchaînent et, en deux ans, l’équipe du Baden-Württemberg se retrouve en Bundesliga. Rangnick fait souffler un vent nouveau outre-Rhin mais il a encore du mal à imposer ses méthodes dans l’élite allemande. Roi des promotions, il faut attendre qu’il pose ses valises au TSG Hoffenheim pour transformer une équipe créée de toute pièce en club poil à gratter. Une réussite qui ne doit rien au hasard. Rangnick est un des premiers à utiliser l’analyse vidéo pour décortiquer les tactiques de ses futurs adversaires.

Un bâtisseur dans l’âme

Quand le milliardaire Dietrich Mateschitz convainc Ralf Rangnick de devenir directeur sportif du RB Salzbourg en 2012, il doit alors transformer le club autrichien en rouleau compresseur national. Rangnick transpose une nouvelle fois ses préceptes de football offensif. Mais pour que cela soit pérenne, il les impose des équipes jeunes à l’équipe première. Il obtient aussi carte blanche sur le recrutement, élément essentiel pour mettre en place la tactique voulue, en privilégiant les jeunes talents entre 18 et 23 ans. 2 ans plus tard, Salzbourg devient champion avec 8 journées d’avance et surtout 106 buts marqués, record national de tous les temps. Mais Mateschitz veut aussi conquérir l’Allemagne et envoie son directeur sportif à Leipzig. Rangnick utilise la même formule surtout pour faciliter les transferts entre les deux équipes. La suite est connue : L’équipe saxonne est désormais un sérieux prétendant au titre en Bundesliga. Sa réussite traverse les frontières mais aussi les continents. Le RB Bragantino, modeste club brésilien végétant en deuxième division acquis en avril 2019, a obtenu sa promotion en Serie A en novembre dernier.

Un club dans le besoin

Grâce à ces multiples succès, Ralf Rangnick est devenu l’homme idoine aux yeux d’Ivan Gazidis pour redorer le blason milanais. L’Allemand ne viendra qu’à une seule condition : les pleins pouvoirs, qu’il soit entraîneur, directeur sportif voire les deux. Peu importe car ses réelles qualités pour ces rôles ne font aucun doute. Il est capable d’identifier les joueurs qu’il lui faut puis de négocier les indemnités de transfert. Une gestion qui l’a amené plusieurs fois à dénicher des bonnes affaires. Par exemple les transferts de Timo Werner, Dani Olmo et Emil Forsberg ont coûté moins cher que le flop André Silva. Un point crucial quand on sait que l’ombre du fair-play financier plane toujours au-dessus du club rossonero. Son arrivée chamboulera une nouvelle fois l’organigramme milanais. La première tête est déjà tombée en la personne de Zvonimir Boban. L’actuel propriétaire du poste de directeur sportif, Paolo Maldini, sent aussi dans sa nuque le souffle de Rangnick. Une situation oppressante qui a fait dégoupiller la légende rossonera dernièrement. Stefano Pioli devrait aussi faire ses valises et rechercher un quatorzième club italien à entraîner. Quoiqu’il en soit, dirigeant comme tifosi devront être enfin patients s’ils désirent que l’Allemand mette en place sa révolution totale. Et ne pas demander sa tête au moindre couac.

Aurélien Bayard



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