Quelle place pour Mertens dans la légende napolitaine ?

Par Nicolas Soldano publié le 29 Fév 2020

C’est fait ! En marquant son 121ème but (en 310 matchs) sous le maillot azzurro face à Barcelone mardi, Mertens rentre un peu plus dans la légende napolitaine en devenant le co-meilleur buteur de l’histoire du club. Un record aussi impressionnant qu’étonnant pour l’attaquant belge qui était arrivé un peu sur la pointe des pieds lors du mercato d’été 2013.

Débarqué en provenance du PSV Eindhoven après deux saisons pleines et 45 buts au compteur, le Napoli se dit avoir flairé un bon coup pour seulement 9 millions d’euros. Après une première saison où il semble s’acclimater convenablement (11 buts et 7 passes décisives en 43 matchs), l’ailier gauche partenopeo va par la suite progressivement prendre le rôle du « supersub » en raison notamment de la montée en puissance à son poste du jeune Lorenzo Insigne. En effet, malgré des entrées en jeu souvent décisives, Mertens se cantonnera un petit moment au rôle de premier remplaçant, en témoigne sa saison 2015-2016 de Serie A où il entrera 27 fois en court de match (pour 6 petites titularisations). Ses dribbles chaloupés, sa vitesse et sa vista font de lui un parfait joker et un potentiel titulaire si besoin pour Benitez qui voit en lui un joueur complet.

Une saison 2016-2017 d’extraterrestre

En 2015 débarque en Campanie, un entraîneur qui va complètement révolutionner la vie footballistique de notre attaquant de poche : Maurizio Sarri. La première saison, le Belge reste effectivement cantonné à son rôle de joker. Sauf que la saison suivante, Higuain prend tout le monde à contre pied en partant rejoindre l’ennemi turinois, et Milik, la recrue phare du mercato censée le remplacer se fait rapidement les croisés. Gabiadinni, le dernier buteur de l’effectif, déçoit et ne se montre pas à la hauteur de la tâche. Sarri va donc tenter un bricolage tactique. Le coach italien, qui avait toujours été assez étonné de sa qualité de finition à l’entrainement, va décider de le repositionner Mertens en numéro 9. Et ce qu’on peut dire, c’est que la mayonnaise a pris directement. Le belge inscrit 34 buts, distribue 11 passes décisives toutes compétitions confondus (en 35 titularisations !) et réalise la meilleur saison de sa carrière. Toujours aussi fin dribbleur, son placement et ses mouvements sur le front de l’attaque font de lui le buteur parfait pour le style de jeu tourné vers l’offensif de Sarri. Lors de cette saison là, il inscrit un quadruplé d’anthologie contre le Torino, en marquant 3 buts en à peine 9 minutes, tout en parachevant son œuvre par un lob « maradonesque ». Le Corriere Dello Sport ne s’y trompe pas et lui dédit la une de son édition du lendemain avec pour gros titre : « Diego Armando Mertens ». La saison d’après s’avérera un peu moins prolifique pour lui, avant d’enchaîner jusqu’à aujourd’hui sur une situation de turn-over quasi permanent avec Milik à la pointe de l’attaque. Malgré un certain déséquilibre statistique entre ses différentes saisons, Mertens est toujours resté un joueur influent dans le jeu, capable de dribbler, de marquer et de passer, tout en étant souvent décisif dans les grands matchs (en témoigne ses buts contre le Real Madrid, Manchester City, le PSG, Liverpool et Barcelone en champions League).

Ciro le Napolitain

Mertens aura été au final de quasi toute les dernières aventures du Napoli. Il aura remporté la Coppa de 2014, la Supercoppa de 2015, connu les trois places de dauphins (2016, 2018 et 2019) et notamment la saison 2017-2018 de tous les records pour le club malgré l’échec du Scudetto. Une longévité et des performances qui lui on permis de développer beaucoup d’affect auprès des tifosi napolitains. De son côté, il ne s’en est jamais caché, il adore la vie napolitaine, une atmosphère qu’il a toujours trouvé parfaite pour sa vie de famille. Il parle italien depuis ses premières années au club. Ses coéquipiers, choqués par son acclimatation à la ville (notamment Insigne), l’on renommé « Ciro », un des prénoms les plus répandus de la ville azzurra. Pour que cette belle histoire se termine de la plus belle des manières, la balle est dans son camp. A lui de s’emparer définitivement du record, et pourquoi pas de finir sa carrière au club comme il l’a évoqué lui même dans plusieurs interviews. Les rumeurs de transferts depuis plusieurs mois semblent pencher vers le contraire. A lui de choisir l’épilogue de son histoire napolitaine…

Nicolas Soldano

Rédacteur



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