Quel impact aura l’absence de Chiellini sur la Nazionale ?

Par Yacine Ouali publié le 04 Sep 2019

Blessé pour six mois minimum à presque 36 ans, Giorgio Chiellini a entamé hier un long chemin vers la rééducation et les terrains. Alors que des doutes légitimes pointent sur la suite de sa carrière, Chiellini n’en reste pas moins aujourd’hui indispensable, pour la Juventus comme pour la Nazionale.

Alors qu’elle entame la dernière ligne droite pour la qualification à l’Euro 2020, la Squadra Azzurra devra apprendre à jouer sans son capitaine. En réalité, il faudra même pour Roberto Mancini entrevoir la possibilité d’une absence de Chiellini à l’Euro, dans quel cas de nouveaux automatismes doivent être travaillés, très rapidement, en défense.

Les conséquences à court terme

Première du groupe J des qualifications avec quatre victoires en quatre matches et un seul but encaissé, l’Italie attaque les six derniers matches du groupe dans l’incertitude. L’équipe saura-t-elle garder sa cohésion et son imperméabilité défensive sans son meilleur élément ? Dans un groupe qui compte la Finlande, l’Arménie, la Grèce, la Bosnie-Herzégovine et le Liechtenstein, Roberto Mancini trouvera-t-il le moyen de guider les siens vers un sans faute, ou doit-on s’attendre à des matches nuls, voire des défaites ?

Aujourd’hui, le milieu est le seul secteur où la Nazionale semble avoir trouvé une certaine stabilité. En attaque comme en défense, le sélectionneur tâtonne encore à moins d’un an de l’Euro. Jusqu’à la semaine dernière, l’interrogation en défense se situait principalement sur le poste de latéral, le duo Bonucci-Chiellini semblant indéboulonnable. Maintenant, il faudra aussi trouver un pendant à Bonucci. Romagnoli paraît être le choix évident pour la fin des qualifications. Mais, sur une saison et en fonction des aléas, plusieurs joueurs peuvent prendre sa place. Rugani, finalement resté à la Juve ? Ranocchia, titulaire lors des deux premières journées de championnat avec l’Inter ?

Et si Chiellini ratait l’Euro ?

Grâce à ses six points d’avance sur la troisième place et à la relative faiblesse de son groupe, l’Italie devrait se qualifier pour le championnat d’Europe, même sans Giorgio Chiellini. Un nul ou une défaite peuvent survenir, mais la blessure du taulier de la défense ne saurait freiner la marche des italiens vers le retour à une compétition officielle, quatre ans après l’Euro 2016.

Il faut toutefois se préparer, à cause de l’âge avancé de Chiellini, à la probabilité de son absence en juin prochain. Tout indique en effet qu’une telle blessure, à bientôt 36 ans, ne guérira pas complètement, et que Chiellini ne retrouvera jamais véritablement son niveau d’antan.

Il est ainsi légitime de penser que Roberto Mancini puisse décider de ne pas le sélectionner à l’Euro. En fonction de ses performances en deuxième partie de saison, prendre Chiellini pourrait se révéler être un risque plus qu’une bonne idée.

Dans ce cas de figure, outre les évidents remplacements, il faudra peut-être aussi penser à changer la configuration de jeu. Avec six matches officiels et une poignée de matches amicaux au premier semestre 2020, rien ne dit que Bonucci et son nouveau compère ne développeront assez d’automatismes pour garantir l’équilibre défensif d’un 4-3-3. Faudra-t-il donc passer au 4-5-1, au 3-5-2, ou au 5-3-2 ? Mancini devra-t-il sacrifier un milieu pour ajouter un défenseur ou un ailier à son équipe ? Tant de questions qui se posent, et qui ne trouveront un début de réponse qu’à la fin des qualifications, en novembre.

En définitive, il faut bel et bien s’attendre à ce que l’absence de Chiellini, du moins jusqu’en février et dans le pire des cas à l’Euro, affaiblisse la Nazionale. Roberto Mancini devra avoir la clé, en lui trouvant le bon remplaçant ou en changeant son système et sa tactique, pour pallier à cela, en premier lieu pour terminer les qualifications sans prendre de risque inconsidéré.

En plus de cela, les joueurs devront eux-mêmes se faire violence pour se trouver un nouveau leader moral. Chiellini laissant un trou béant sur ce sujet, des hommes à l’image de Bonucci, Verratti ou Immobile auront à aller au-delà de leurs capacités pour guider la sélection à la qualification et, comme mentionné plus haut, pourquoi pas le plus loin possible à l’Euro.

Yacine Ouali



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