Quel avenir pour Cristante à l’AS Roma?

Par Hugo Ladron de guevara publié le 13 Déc 2019

Alors que se profile son retour dans le groupe romain, l’ancien joueur de l’Atalanta va devoir redoubler d’efforts pour trouver sa place au sein du onze institué par Fonseca. Si son investissement a été maintes fois salué par ses pairs, ses limites techniques et tactiques, couplées aux prestations convaincantes de Zaniolo, Pellegrini, Veretout et Diawara, pourraient voir le natif de San Vito al Tagliamento cantonné au rôle de remplaçant.

Un statut à confirmer

Fort d’un exercice 2017-2018 abouti qui propulse l’Atalanta en Europa League, Bryan Cristante est recruté par la Roma au cours de l’été 2018 sous la forme d’un prêt avec option d’achat obligatoire de trente millions d’euros ( bonus compris). Le joueur formé au Milan AC arrive à Rome dans l’espoir de s’imposer comme un joueur référence de Série A mais aussi de la Nazionale. Le néo romain va cependant éprouver quelques difficultés à trouver son « rôle » au sein d’un effectif largement remanié par Monchi.
Les départs de Nainggolan et Strootman pèsent dans l’entre-jeu romain qui se montre peu inspiré sur le plan offensif et fébrile sur les phases défensives. Eusebio Di Francesco, alors entraineur, fait évoluer ses positions et troque son 4-3-3 pour un 4-2-3-1 qui voit Pellegrini puis Zaniolo s’imposer sur le front offensif du milieu de terrain. Cristante répond présent quantitativement ( 35 présences en championnat) mais est loin de convaincre qualitativement quel que soit le système : de mediano à trequartista en passant par quelques tentatives en mezzala, le joueur qui avait brillé sous Gasperini sombre petit à petit dans le marasme romain.

Une première saison décevante

Souvent associé à un N’zonzi plus qu’apathique qui ne l’aide en aucune façon, Cristante livre quantité de prestations moyennes voir insipides l’empêchant d’être réellement confirmé à un poste précis. L’éviction de Di Francesco en cours de saison ne changera rien, Bryan ne parvient pas à hausser son niveau de jeu sous Ranieri à l’image d’une Roma qui réalise une saison décevante.
Après un été chaotique ayant vu les départs de Totti et De Rossi mettre feu à la poudrière Roma, James Pallotta et son nouveau directeur sportif Gianluca Petrachi décident de repartir des quelques motifs de satisfactions de la saison précédentes et parmi eux figurent Zaniolo et Pellegrini, deux milieux de terrain offensifs.

Une concurrence trop rude?

Cette saison voit de facto Cristante confirmé par Fonseca comme un élément «  défensif » du milieu de terrain, un rôle qui ne semble pas naturel pour lui. Pire encore, la Roma a recruté cet été deux éléments venant concurrencer l’italien à son nouveau poste: Jordan Veretout et Amadou Diawara. Si le premier s’est imposé dès son arrivée comme la clef de voute du système de Fonseca, le deuxième profite actuellement de la blessure de l’ex Atalanta pour obtenir du temps de jeu. Un temps de jeu parfaitement négocié qui le voit réaliser des prestations d’envergures à l’image de son match contre l’Inter à San Siro.
Le duo Veretout – Diawara s’impose aujourd’hui comme la paire idéale pour l’entre-jeu de Fonseca : solide sur les phases défensives mais également propre lorsqu’il s’agit de relancer et de porter le ballon sur les transitions offensives.
Il apparait logiquement très compliqué d’envisager Cristante comme un titulaire en puissance tant son rôle au sein de cet effectif semble encore indéfini et ce malgré la bagatelle de 3 entraineurs en 1 an et demi. Si le joueur ne manque pas de qualités, force est de constater que ce dernier ne réussit pas à les mettre au service du collectif si ce n’est quantitativement, trop peu pour un joueur acheté une trentaine de millions d’euros.

Si Cristante ne trouve pas rapidement la solution pour s’imposer à la Roma, les espoirs placés en lui risquent d’être revus à la baisse. Une révision qui serait bien plus la conséquence d’une erreur de casting de la part du board romain que d’un réel manque de talent du joueur, et qui serait dommageable pour les deux parties.

Hugo Ladron de guevara



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