Que vaut vraiment la Squadra Azzurra?

Par Leonardo Baldocci publié le 17 Nov 2019

Depuis son arrivée sur le banc de la sélection italienne, Roberto Mancini a fait beaucoup de bien aux siens en termes de résultats. La belle série des Italiens a atteint la dixième victoire consécutive aux dépens de la Bosnie vendredi soir. Les hommes de Mancini ont profité d’un calendrier favorable pour battre le record du sélectionneur Pozzo (NDLR : 9 victoires entre 1938 et 1939). Cependant, avec du recul, le collectif a parfois été pris de court face à des adversaires médiocres, ce qui a mis la puce à l’oreille de certains.

Peu de doublures et des postes à découvert

On le sait, depuis plusieurs années la Squadra azzurra peine à former un onze type digne de ce nom. Le 4-3-3 désigné par le sélectionneur Roberto Mancini est désormais l’une des valeurs sures de l’Italie, cependant l’effectif compte trop d’intérimaires. C’est le cas des défenseurs latéraux par exemple : Biraghi, Spinazzola et désormais Florenzi ne sont pas titulaires dans leurs clubs respectifs et ont pris l’habitude de se passer le relais en équipe nationale. Même chose pour le milieu de terrain où le manque de qualité a poussé Mancini à aligner deux sentinelles comme Jorginho et Verratti pendant très longtemps.

Un problème qui s’est estompé en partie avec la montée en puissance de Sensi et Barella, mais qui reste à l’ordre du jour. En ce qui concerne l’attaque, le numéro 9 italien Andrea Belotti retrouve peu à peu ses marques, mais derrière lui Ciro Immobile souffre toujours du syndrome du canal carpien des pieds. Paradoxalement, pour combler ces lacunes Roberto Mancini a voulu faire de la sélection une passerelle vers les clubs. Les joueurs les plus prometteurs sont appelés régulièrement en espérant qu’ils parviennent par la suite à s’imposer dans leurs clubs. Ainsi s’expliquent les Moise Kean, Luca Pellegrini, Nicolò Zaniolo et plus récemment Andrea Cistana et Gaetano Castrovilli.

Toujours la même rengaine

A la tête de la sélection, Roberto Mancini ne s’est pas voilé la face quant à l’avenir de la Squadra azzurra. Les équipes de Serie A accordent peu de chances à leurs jeunes joueurs issus du centre de formation, ce qui a pour conséquence un renouvellement des effectifs laborieux, à la fois en club et en sélection. Et pourtant, le foot c’est pas compliqué. On part du principe qu’une équipe se forme d’un bon gardien, d’un défenseur central costaud, d’un milieu qui joue la tête haute et d’un buteur qui sème la terreur dans la surface adverse. Dans le top 4 de la saison 2018/19, ces quatre ingrédients étaient présents chez les meilleures équipes de Serie A, mais très peu d’entre elles ont arboré le label « Made in Italy ». Tout compte fait, c’est l’Atalanta qui sauve les meubles avec Pierluigi Gollini (20 titularisations) et Gianluca Mancini (25 titularisations).

Peut-être bien que certains jeunes formés au club ne sont pas à la hauteur d’évoluer en Serie A à l’âge de 18 ou 19 ans. Mais alors comment se fait-il que ces mêmes équipes se fassent ridiculiser en Coupes d’Europe chaque année ?
Annoncée comme l’une des surprises de l’Euro à venir, l’Italie devra tôt ou tard se frotter aux gros du foot. Mais en attendant, c’est un record de 1938 qui fait rêver les Italiens.

Leonardo Baldocci



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