Qu’attendre de Gabbiadini à la Sampdoria ?

Par Julien Picard publié le 28 Jan 2019

Ovationné à son entrée en jeu à la 74e et buteur 4 minutes plus tard sur son premier ballon pour le 4-0, Manolo Gabbiadini a fêté ses retrouvailles avec le Marassi de la meilleure des manières. Parti en janvier 2015 pour le Napoli, puis exilé 2 ans du côté de Southampton, il revient là où il garde ses meilleurs souvenirs, dans l’optique de se relancer, après des derniers mois pour le moins compliqués. Un retour non seulement judicieux pour le joueur mais aussi pour le club, qui cherche des alternatives offensives pour accompagner Quagliarella en pointe.

Objectif: se relancer

En janvier 2017, après deux ans au Napoli où il peine à s’imposer, Manolo Gabbiadini rejoint l’Angleterre et Southampton, pour une somme estimée à 17 millions d’euros. Si ces premières semaines mois avec le maillot des Saints furent prometteuses (6 buts en 4 matchs), une blessure l’éloigne des terrains pendant un mois. La suite s’avéra plus ardue: il ne remarquera d’ailleurs plus que 6 buts, en un an et demi. Les entraîneurs s’enchaînent sans qu’il ne rentre vraiment dans leurs petits papiers. Il disparaît progressivement, avant d’être même écarté par le nouveau manager, Ralph Hasenhüttl, en décembre dernier. 4 titularisations, 8 entrées en jeu, et un petit but. C’est un joueur en manque de rythme qui débarque en Ligurie : sa confiance est sérieusement atteinte, et physiquement, il y a fort à parier qu’il a du retard à combler. Profitant de la forme de Quagliarella et d’une faible concurrence, Gabbiadini va pouvoir prendre ses marques petit à petit. Ses deux premières rentrées en jeu incitent d’ailleurs à l’optimisme (1 but, 1 passe décisive), ce dont le club génois peut se féliciter.

Une arrivée à point nommé

Defrel, Caprari, Kownacki. Giampaolo disposait jusqu’à présent de trois options offensives pour accompagner le capitaine Fabio. Ces dernières semaines, c’est Caprari qui tenait la corde, doublant un Defrel en perte de confiance. L’arrivée de Gabbiadini semblait obscurcir la deuxième partie de saison des deux derniers nommés. La fracture du péroné de Caprari en début de semaine dernière a finalement de nouveau rebattu les cartes et prouvé que les dirigeants génois avaient bien fait de se renforcer en amont. Dans un effectif jeune et ambitieux, l’arrivée de l’international italien (11 sélections) de 27 ans est tout sauf anodine. La Sampdoria s’arme sur le moyen-terme, avec un joueur expérimenté, rompu à la Serie A, habitué des lieux et engagé jusqu’en 2023. La direction anticipe donc la succession de Don Fabio, bien que celui-ci ait prolongé son contrat jusqu’en 2020. Plusieurs interrogations subsistent néanmoins.

Un duo peu complémentaire?

Il est encore trop tôt pour évaluer la complémentarité du duo Gabbiadini-Quagliarella, les deux joueurs ayant passé moins de 40 minutes ensemble sur le pré, malgré les deux passes décisives qu’ils se sont adressées. Cependant, quelques questions demeurent quant à leur association notamment, au vu des ressemblances dans leur style de jeu. Les deux joueurs aiment toucher le ballon, et participer à la construction, en s’exilant sur un côté ou en revenant au cœur du jeu. A l’inverse de Defrel, plus mobile, Gabbiadini va sûrement apporter moins de déséquilibre et de mouvement sur le front de l’attaque, dans une équipe déjà très resserrée au milieu.

Enfin, ce recrutement comporte une part d’incertitude. Une incertitude qui s’élève tout de même à 12 millions d’euros. Qu’attendre de Gabbiadini au juste? Qu’attendre d’un joueur qui a peu joué récemment, qui n’a jamais dépassé les dix buts en championnat (9 buts en 2013/2014 avec la Sampdoria déjà) et qui n’est jamais parvenu à s’imposer sur la durée dans ses différents clubs? Il revient en terrain conquis mais avec un énorme point d’interrogation. Va-t-il avoir les armes pour s’imposer en deuxième option d’attaque ou va-t-il rester en concurrence avec Defrel et Caprari? L’enjeu est excitant pour le joueur, pour le club et pour les tifosi. Premiers éléments de réponse dès samedi prochain avec la réception du Napoli.

Julien Picard



Lire aussi