Présentation officielle de Giampiero Ventura, nouveau sélectionneur de l’Italie

Par Paolo Del Vecchio publié le 19 Juil 2016

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Après avoir une nouvelle fois remercié Antonio Conte pour son excellent travail à la tête de l’Équipe d’Italie, le président Carlo Tavecchio a donc intronisé Giampiero Ventura au poste de sélectionneur de la Nazionale en conférence de presse.

« Nous avons voulu commencer ce nouveau parcours à Corverciano, point névralgique du système sportif italien. Cela reste la maison de la Nazionale.

Nous sortons d’un Euro important, où l’Italie a retrouvé son image et l’amour de ses tifosi. Je remercie Antonio Conte pour tout ce qu’il a fait pour  nous, qui a tant créé, y compris un style du sacrifice et de l’équipe.

Ventura est un maître de football. Il n’est pas un second choix, comme ont pu le dire certains journaux. Nous avons franchi tous les obstacles pour qu’il soit ici. Nous sommes heureux de lui confier une équipe et un drapeau, nous lui donnons carte blanche tant pour son staff que pour l’aspect technique. C’est un homme de classe, nous lui souhaitons le meilleur pour la réussite de la Nazionale et sa réussite personnelle. »

C’est ensuite Ventura lui-même qui a brièvement pris la parole, avant la traditionnelle série de questions des journalistes présents.

« Je suis très heureux d’être ici, mais surtout très fier d’avoir été choisi pour représenter l’un des pays les plus importants d’un point de vue du football. Je remercie Tavecchio et aussi Conte qui m’a laissé avant tout une équipe avec la culture du travail, un point qui m’a toujours accompagné durant mon parcours footballistique. Cela m’avantage légèrement comparé à lui, lorsqu’il a repris l’équipe. À travers l’union, le travail et le sacrifice il y a possibilité d’atteindre des objectifs comme l’a fait cette Nazionale à l’Euro. Si les pénalties avaient tourné en notre faveur… 

Il y a eu un rapprochement du peuple envers le maillot de l’Italie et c’est fondamental, je veux poursuivre sur ce chemin. »

Sur son émotion et les joueurs qui pourraient intégrer le groupe :

« Je ne suis pas ému mais plutôt heureux, je n’ai plus l’âge d’être ému. (Sourires)

Il y a peu de joueurs qui auraient pu jouer l’euro qui sont restés à la maison. Il y a beaucoup de jeunes à bon potentiel mais il faut du temps, il ne faut pas les cramer. Du temps nous n’en aurons pas beaucoup, déjà contre la France le 1er septembre nous n’aurons que trois jours. Mais je suis un « sponsor » des jeunes, ils valent la peine de travailler avec eux. »

Sur les jeunes et le système de jeu :

« Il y a des périodes dans le foot, parfois on a beaucoup de défenseurs, parfois ce sont les numéro 10… En ce moment c’est les milieux latéraux offensifs. Les Bernardeschi, El Shaarawy etc. Je pourrais vous en citer beaucoup. Le problème est que le 3-5-2 pénalise ce genre de joueur. Nous allons d’abord penser à la qualification, il faudra être patients, penser à évoluer graduellement. Mais ce serait dommage de ne pas miser sur les joueurs de talent. »

Sur son football, sera-t-il plus proche de Conte ou Prandelli ?

« Ce sera un football qui devra être joué, tout simplement. À partir du moment où tu veux avoir des résultats, il faut que tout le monde aille dans la même direction. Le jeu de Conte a payé car il s’est adapté à ses joueurs, il n’avait pas les mêmes que Lippi en 2006. Il faut continuer à travailler sur cette base, sachant que certains joueurs doivent encore évoluer pour devenir très importants. »

Son travail « post-Conte » et l’importance de Barzagli :

« Quand il y a un foot organisé, n’importe quel type de foot, il peut être amélioré en détails. Ce qu’à fait Conte est très important. Si ce qu’il a fait reste, ce sera une énorme base et je pourrai travailler sur le détail. Je n’ai pas encore appelé Barzagli car il est en vacances mais je vais dire une banalité : c’est évident que s’il est en forme et a la volonté de nous aider, il sera très important. »

Pellè en Chine, un problème ?

« Il faut voir. Quand Diamanti est allé en Chine, il a perdu la Nazionale. Mais ces 23 de l’Euro ont beaucoup donné. Ce sont 23 personnes avec qui je parlerai, par respect pour ce qu’ils ont fait. Pellè, je l’appellerai, on jugera s’il peut encore apporter à cette Nazionale. Lui et Zaza ont beaucoup souffert et si Pellè n’avait pas été en Chine je vous aurais dis sans aucun doute que je comptais sur lui car lors de ces quelques minutes ils ont certainement compris bien plus de choses qu’en 2 ans. »

L’Italie encore accrochée à son catenaccio ?

« Je suis allé voir France-Albanie. Quand l’Albanie avait le ballon, les 11 joueurs français étaient placés en pressing sur le premier porteur de balle. De ce point de vue, la France a fait un très grand catenaccio. La vérité c’est qu’aujourd’hui le foot a évolué, l’important est d’être agressif sur l’adversaire. L’Italie ne fait pas plus de Catenaccio que les autres équipes. »

Sur son salaire et son palmarès :

« Je ne gagnerai pas 1 euro de plus que si j’étais resté au Torino car la fédération a simplement relevé mon contrat.

En Italie, il est impossible de gagner quelque chose si tu n’entraines pas l’un des cinq meilleurs clubs. Mais les victoires avec les clubs moins titrés comme l’Udinese, la Sampdoria, le Torino, ceux où je suis passé, c’est d’avoir lancé des jeunes et de les avoir fait évoluer. C’est ce que j’ai fait. »

Encore sur de potentiels nouveaux noms :

« Il y a eu beaucoup de joueurs essayés par Conte, comme Bonaventura ou Berardi par exemple. Cela fait partie d’un parcours d’une equipe nationale, il faut faire des choix à un moment. Il y a les blessés, Marchisio, Verratti, Perin… Et puis Donnarumma qui peut devenir important. Il n’y a pas que les 23 de l’Euro, mais les jeunes ont l’obligation de progresser pour devenir le futur d’une Nazionale importante. »

Une Nazionale âgée, la question Balotelli :

« Il y a des joueurs comme Barzagli qui sont très importants aujourd’hui mais qui peut-être ne le seront plus dans quatre ans. Ils doivent aussi permettre aux plus jeunes de progresser derrière eux.

Balo est un joueur professionnel, il doit se comporter comme tel. Techniquement il est très fort, d’un point de vue caractériel, du professionnalisme il a parfois laissé à désirer. Mais je suis un amoureux du foot. Quand il a « fait le footballeur », il a été exceptionnel. Je n’ai de préjugé envers personne, le terrain parlera. »

Après avoir donné une identité à chaque club où il est passé, c’est aujourd’hui « l’entraineur de tous » :

« Ça me fait plaisir, c’est extrêmement stimulant. Je suis impatient de commencer. Je suis convaincu qu’il y a une bonne base. Avant l’Euro, j’ai toujours dit que l’Italie irait en demi-finale. La Belgique est formée de très bons joueurs mais c’était tout sauf une équipe. L’organisation est très importante. Si en plus on a des joueurs importants au service du groupe, c’est parfait. »

Sur ses entrainements à huis-clos :

« Il y a 20 ans, il n’y avait pas besoin de s’entrainer à huis clos. Aujourd’hui l’aspect tactique est la priorité. Si je sais exactement comment l’adversaire va jouer, c’est un avantage énorme. Si j’avais l’assurance que rien ne sortait de mes entrainements, je vous (journalistes) ouvrirais les portes mais par expérience je sais que c’est une mauvaise idée (rires). À chaque fois que j’ai ouvert les entrainements ça a eu un effet boomerang. »

Lippi qui ne sera pas directeur technique. Un autre nom?

« Non je n’ai pas de nom, ce n’est pas mon devoir de nommer quelqu’un. Je suis ami avec Marcello depuis longtemps, c’est dommage de ne pas travailler avec lui mais l’objectif est la Nazionale et atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés. Je m’arrête ici car ce n’a été le choix de personne de ne pas le nommer, mais une situation particulière. »

Adjectifs pour qualifier sa Nazionale ?

« Celle de Conte a été humble, déterminée et féroce. Je veux garder tout cela et peut-être ajouter l’excitation. »

Le sélectionneur rencontrera durant l’été la plupart des clubs italiens pour faire un point avec les entraineurs et les joueurs susceptibles d’être sélectionnés, et suivra également les amicaux, les coupes et les débuts de championnats. Rendez-vous donc fin août pour la première liste de Giampiero Venura.

Paolo Del Vecchio

Rédacteur



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