Pourquoi l’Inter a vendu Zaniolo ?

Par Fabio Pendolino publié le 09 Fév 2019

Après la première partie de saison, un des transferts qui fait le plus parler en Serie A est celui de Nicolò Zaniolo à l’AS Roma, avec Radja Nainggolan faisant le chemin contraire. Au lieu de chercher qui est le gagnant de l’opération (après seulement sept mois), il semble plus intéressant de comprendre pourquoi l’Inter s’est privée d’un de ses grands espoirs et de ne, surtout, pas avoir des œillères en ne se focalisant que sur l’instant présent (Nainggolan est sous contrat jusqu’en 2022, Zaniolo jusqu’en 2023).

Il est avant tout important de se remettre dans le contexte estival nerazzurro. Le club, sous la tutelle de Suning, avait besoin de réaliser plusieurs plus-values (40 millions d’euros) pour rester dans les clous du FPF, pouvoir investir, et continuer sur la lancée de la qualification en Champions League acquise. Des rumeurs donnent Perisic partant, d’autres Icardi ou encore Skriniar. Au lieu de se séparer des joueurs majeurs de l’équipe, Piero Ausilio vends plusieurs jeunes joueurs en plus d’Eder ou Biabiany, entre autres. Ces plus-values sur les joueurs de la Primavera ressemblent quelque peu à un montage financier ; en créant une entente entre les clubs impliqués, les profits sont gonflés, les transferts facilités et des opérations futures déjà entrevues. Ils sont cependant loin d’être les seuls concernés (Sturaro passé de la Juventus au Genoa avec une plus-value de 12,5m alors que le joueur s’est très peu montré : aucun match en 18/19, 983 minutes TTC en 17/18 pour Transfermarkt).

Le directeur sportif de l’Inter déclarait dans une interview accordée à Gianluca Di Marzio « je n’échangerais pas un ou deux joueurs contre les trophées gagnés par l’Inter. Je pense par exemple à Bonucci : il a été échangé dans un deal avec le Genoa en 2009-2010 contre Milito et Thiago Motta. Nous sommes bien conscients de combien l’Inter a gagné grâce à ces deux joueurs. J’espère que d’ici quelques années nous parlerons de Zaniolo comme je le fais pour Bonucci. Pour signer Nainggolan et pour gagner, nous avons du sacrifier un espoir« .

De l’espoir pour l’avenir ?

Si l’impact de Nainggolan n’a pas encore été celui escompté, il reste le fait que Zaniolo n’aurait sans doute pas eu beaucoup de place avec les Nerazzurri. Monchi confiait ainsi dans la même série d’interview accordée à Di Marzio « ne pas s’attendre à une telle explosion. Au début, nous voulions l’envoyer en prêt en Serie A vu le nombre important de milieux dans l’équipe mais après la vente de Strootman, c’était l’occasion de le garder ». Zaniolo n’a ainsi pas joué la saison passée avec l’Inter, malgré une présence récurrente dans le groupe de l’équipe première. Vanheusden, autre gros espoir, a rapidement été envoyé en prêt au Standard de Liège. Salcedo, exemple le plus parlant étant dans l’effectif pro cette année, n’a lui non plus joué aucun match avec l’équipe première jusqu’à maintenant.

La Primavera de l’Inter est talentueuse depuis de nombreuses années, Zaniolo est loin d’être le dernier gros espoir sorti de l’équipe de jeunes. Radu, Bastoni ou Dimarco auraient pu être des solutions de remplacement dans l’équipe première cette saison mais ont préféré (se sont vu imposer?) le choix de partir pour avoir plus de temps de jeu. La gestion d’un club se veut ainsi pragmatique et si ces joueurs ne réussissent pas à faire leur trou, autant s’en servir de manière économique. Monchi disait « avoir vu beaucoup de jeunes talents qui se sont perdus« . Reste désormais à voir si l’explosion de Zaniolo amène lentement du changement et pousse les clubs à faire confiance à leurs jeunes pousses..

Fabio Pendolino

Rédacteur



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