Pour Mancini et la Nazionale, il faut relancer la machine

Par Luca Dangréaux publié le 03 Sep 2020

Il nous aura donc fallu attendre dix interminables mois pour revoir enfin la Squadra Azzurra. En novembre 2019, date de son précédent rassemblement, elle brillait à en éblouir tous ses adversaires et notamment l’Arménie, étrillée 9-1 au dernier match. Mancini avait fait de cette Italie la plus conquérante des huit dernières années et c’est là le nouvel objectif pour lui : relancer la machine. En dix mois, certaines choses ont évolué, certains doutes persistes et des nouveaux talents ont émergé. Etat des lieux à l’aube de la nouvelle saison.

Tous les voyants étaient au vert

« Nous sommes tous très contents de revenir ici à Coverciano ». Voilà comment Roberto Mancini a débuté sa conférence de presse post-coronavirus. Le sélectionneur a retrouvé son groupe donc presque un an après l’avoir quitté, gonflés à bloc.

En novembre dernier, régnait autour de cette Nazionale un sentiment de sérénité et de joie qui avaient disparu. Les joueurs le ressentaient (Donnarumma : « Nous sommes un grand groupe », Immobile : « Je veux gagner quelque chose avec cette équipe »), le sélectionneur aussi (« Il y un bon feeling technique et extra sportif) et les résultats détonnaient. Total record de 30 points en une phase de qualification, record de buts marqués sur un match égalé (neuf), record de victoires consécutives (11), quatre buts encaissés en une année civile… L’équipe tournait à plein régime sans qu’une individualité ne s’en dégage. Mancini avait bâti une vraie équipe collective, qui n’avait pas peur de garder le ballon et qui le récupérait le plus vite possible. Les valeurs sures que sont Bonucci, Florenzi, Verratti, Jorginho, Insigne et Immobile accompagnaient parfaitement l’émergence de Kean, Zaniolo et Tonali. Restait une incertitude à balayer : la Nazionale sera-t-elle aussi brillante face à des équipes au niveau plus relevé ?

Des changements dans l’effectif, avec des répercussions sur le XI de départ ?

Pour cette reprise, Mancini a convoqué un groupe très élargi de 37 joueurs ! Un luxe auquel il pourrait peut-être profiter au moment de faire sa liste de l’Euro 2021 puisque la FIFA a autorisé les cinq changements par match jusqu’à la fin de la saison. Par conséquent, l’UEFA pourrait autoriser les sélectionneurs à élargir leur groupe de convoqués pour la phase finale.

Toujours est-il qu’aujourd’hui à Coverciano, certains anciens sont revenus et les jeunes talents profitent de cette fenêtre. Les novices sont cette fois-ci Locatelli, Bastoni et Caputo mais beaucoup de joueurs étaient à leur place en fin d’année dernière et sont encore bien vert : Zaniolo, Barella, Tonali, Mancini, Lu. Pellegrini, Di Lorenzo, Orsolini, Kean, Lasagna, Castrovilli. Certains défenseurs pourraient d’ailleurs pousser leur prédécesseur sur le banc de touche. On pense à Pellegrini et Bastoni, auteurs d’une belle saison 2019-2020 et qui, en cas de seconde année pleine, chambouleraient le chef de meute. Hormis cela, Donnarumma, Bonucci, Jorginho, Barella, Verratti, Insigne, Immobile et Zaniolo ont les cartes en main.

Une fin d’année chargée

La Nazionale nous avait manqué… et bien nous allons désormais beaucoup en profiter. Du 4 septembre au 17 novembre, elle joue huit matches. Deux lors de ce rassemblement début septembre, trois début octobre et trois mi-décembre. Les matches amicaux se confondent à la deuxième édition de la Nations League, une compétition sur laquelle le sélectionneur italien se projette avec détermination : « Ça fait deux ans qu’on a commencé ce travail et je veux voir mon équipe bien jouer. Notre objectif est d’aller en finale de la Nations League ». Mais deux paramètres le chagrinent et il les a répétés, toujours en conférence de presse : l’absence de Marco Verratti et la condition physique incertaine de son groupe (ce qui explique aussi la présence des 37). Des problèmes qui vont se répéter jusqu’à l’Euro vu les conditions dans lesquelles se lance cette nouvelle saison. Les dix mois « imprévus » qui nous séparent désormais de feu l’Euro 2020 sont un nouveau défi pour Mancini. Il en a vu d’autres.

Luca Dangréaux



Lire aussi