Pour Kean et Cutrone, l’Angleterre est-elle une résurrection ?

Par Valentin Feuillette publié le 11 Oct 2019

Exilés en Angleterre depuis maintenant quelques mois, Moise Kean et Patrick Cutrone se sont respectivement engagés avec Everton et Wolverhampton. A quelques mois de l’Euro 2020 et alors que la hiérarchie offensive de la Squara reste floue, il est important de surveiller et d’analyser leur début en Premier League.

Un temps de jeu louable mais à relativiser

Si certains éléments peuvent être critiqués quant au choix de quitter l’Italie quand vous êtes un jeune joueur qui doit encore tout prouver dans son propre championnat, une chose est en revanche sûre : Moise Kean et Patrick Cutrone ne sont pas en manque de temps de jeu depuis leur arrivée au pays de la Queen Elizabeth. A Wolverhampton, l’ancien attaquant du Milan AC est déjà apparu sept fois en championnat (sur huit journées jouées) avec deux titularisations à la clef et trois entrées où il a disputé +45 minutes. En Europa League, Cutrone a été aligné par son entraîneur lors de la première journée face à Braga et a joué l’intégralité de la rencontre. Néanmoins, le joueur de 23 ans risque d’avoir du mal à monter dans la hiérarchie des attaquants avec le début de saison de Raul Jimenez et Diogo Jota. Ce sera à l’italien de profiter de chaque situation pour se montrer.

Concernant l’ancien jeune prodige de la Juventus, il a joué les huit matchs de BPL dont deux où il a été aligné titulaire d’entrée de jeu. Cependant, le seul bémol reste l’irrégularité de son utilisation. S’il apparaît à chaque rencontre (ou presque), il alterne souvent entre être titulaire dans le XI de départ et rentrer pour jouer seulement les dix dernières minutes. Son statut, du moins son rôle dans la rotation reste encore à déterminer. Mais un espoir réside dans les résultats collectifs de son équipe car Everton (18ème) ne réalise pas le début de saison qu’ils rêvaient. Cette déception pourrait forcer son coach à revoir ses plans, ce qui représenterait une chance pour Kean.

Des chiffres encore trop faibles

Même si les statistiques sont loin de tout faire dans le foot (et le sport en général), il est important de savoir noircir les chiffres pour se montrer. Malheureusement, c’est dans ce domaine où cela se complique pour les deux italiens car Patrick Cutrone (1 but en 14 apparitions) et Moise Kean (0 but et 1 passe décisive en 9 apparitions) peinent à être décisifs dans le jeu de leur équipe respective. Si leur niveau et leur impact ne se mesurent pas qu’en langage mathématique, un attaquant se doit, pour sa réputation, sa confiance et son statut, de chiffrer de temps en temps. Les filets ne tremblent pas assez et cela pourrait poser problème sur la longueur, surtout quand une place se joue en Nazionale qui demande à être comblée par une efficacité devant le but. Ce constat peut être expliqué par les résultats collectifs de leur équipe respective, qui sont loin d’être flamboyants depuis la reprise du championnat anglais.

Loin des projecteurs italiens, loin de la Squadra ?

Si vous n’êtes pas un joueur de classe mondiale évoluant dans une grande écurie européenne comme cela peut être le cas de Marco Verratti qui excelle à son poste depuis plusieurs années, devenant l’un des joueurs les plus indispensables au PSG, alors s’éloigner de l’Italie n’est jamais perçue comme une bonne idée pour gagner sa place dans la Squadra Azzurra. En effet, quitter la Serie A et le confort médiatique que pouvaient leur offrir la Juventus et le Milan AC peut représenter un véritable handicap à l’approche de l’Euro 2020 pour Moise Kean et Patrick Cutrone. Evidemment Roberto Mancini n’a jamais indiqué ouvertement le refus de sélectionner des joueurs n’évoluant pas en Serie A mais une grande majorité de la Nazionale est composée de joueurs jouant en Italie et quand on voit le niveau qu’affichent Andrea Belotti  et Ciro Immobile, on peut judicieusement se demander si Mancini ne privilégiera pas les attaquants qui cartonnent en Italie.

Valentin Feuillette



Lire aussi