Porto-AS Roma, l’énième sursis pour Di Francesco

Par Luca Dangréaux publié le 06 Mar 2019

Pour Eusebio di Francesco, le mois de mars commence comme le mois de février. Après une défaite inacceptable (7-1 en Coppa à la Fiorentina le mois dernier, 3-0 dans le derby il y a quatre jours), l’entraîneur de la Roma doit tout de suite relever la tête dans une nouvelle affiche de prestige. Le nul contre le Milan avait adouci les mœurs en février, une élimination en huitièmes de finale de Champions League ce mercredi, sur la pelouse de Porto, pourrait être la mésaventure de trop.

Avant de se pencher sur la situation actuelle du coach italien, reconnaissons-lui une certaine capacité à relancer une machine enrayée. Cela a été le cas en février donc puisqu’il a enchaîné cinq matches sans défaite (un nul et quatre victoires) mais également en tout début de saison. Après un premier mois de compétition avec une seule victoire, son équipe avait battu la Lazio pour véritablement lancer sa saison.

Un mauvais meneur d’homme ?

Samedi soir, dans ses nombreuses réactions qui ont suivies le derby de la capitale, Di Francesco ne pouvait pas feindre son inquiétude en vue de l’échéance européenne : « Évidemment je ne suis pas complètement optimiste, je suis même inquiet. Je ne peux pas être content face à tant d’erreurs répétées. On n’a pas abordé le match comme il le fallait et la première période nous a été fatale ». Une faillite mentale d’ailleurs relevée par la plupart des observateurs, dont Francesco Guidolin : « Je suis convaincu qu’il y a quelque chose de mental. Il y a trop d’irrégularités dans cette équipe qui était peut-être déjà tournée vers la compétition européenne ».

Un bon entraîneur est autant un fin tacticien qu’un meneur d’hommes et c’est dans cette deuxième partie du job que l’ancien de Sassuolo n’assure pas son rôle. Il avoue s’être trompé dans l’approche du match le plus bouillant de la saison. Comment interpréter pareil aveu ? Qu’en déduire en projection du huitième de finale retour de Champions League ?

Ses dirigeants préféreraient le garder

Après l’affront romain, la direction sportive giallorossa (Mauro Baldissoni, Guido Fienga, Monchi et Francesco Totti) s’est réunie jusqu’à une heure du matin pour réfléchir sur deux points : s’assurer qu’Eusebio di Francesco est toujours l’homme idéal pour entraîner l’équipe et trouver une façon de la secouer avant le voyage au Portugal. Les deux derniers cités, dont l’opinion pèse incontestablement dans les décisions finales, croient toujours en leur entraîneur. Ils croient en la qualification en quarts de finale de C1 et en une quatrième place finale de Serie A. Ils souhaitent surtout éviter de mettre le groupe sans dessus-dessous à l’aube du moment de vérité. Di Francesco est sous contrat jusqu’en 2020 et sa direction préférerait finir la saison comme elle l’a commencée. Pourtant une information, reprise par plusieurs média italiens, assure que les dirigeants de la Roma auraient déjà contacté un potentiel remplaçant du nom de Paulo Sousa. La présence du Portugais, bien connu du côté de Florence, dans les tribunes du Dragao ce mercredi pourrait éveiller les soupçons.

Pour la rencontre cruciale de ce mercredi soir, la Roma va récupérer son défenseur grec Kostas Manolas (pas anodin vu la performance de son remplaçant face à la Lazio) et la jeune pépite Nicolo Zaniolo, auteur d’un doublé à l’aller, serait apte à débuter. Deux bonnes nouvelles pour Di Fra, en espérant pour lui qu’elles ne soient pas les dernières.

Luca Dangréaux



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