Pavoletti, l’espoir ultime de Cagliari

Par Sébastien Madau publié le 11 Mai 2018

Dire que le match de dimanche après-midi à Florence face à la Fiorentina sera décisif pour Cagliari est un doux euphémisme. Battus dimanche soir à la Sardegna Arena (0-1) contre l’AS Roma, les Sardes n’ont plus droit à l’erreur. Dix-septièmes avec 33 points, ils se retrouvent pour la première fois de la saison en position de relégables, avec un point de retard sur le Chievo, l’Udinese et Crotone.
Si son poste a récemment été menacé, l’entraîneur Diego Lopez a été finalement confirmé dans ses fonctions par le président Tommaso Giulini. Certainement une manière d’éviter un énième traumatisme dans un effectif en plein doute, mais qui semble toujours soutenir le coach uruguayen. Alors, dans un tel contexte, par où -et par qui- pourrait venir le sursaut ? La réponse est loin d’être évidente tant les voyants sont au rouge dans tous les secteurs.

En effet, comme la saison passée, la défense cagliaritaine est l’une des plus perméables de Série A (15e sur 20 avec 61 buts encaissés en 36 matches). L’arrivée en prêt au mercato hivernal du latéral italo-brésilien Leandro Castan n’y a rien fait. Du coup, à deux journées de la fin (dimanche à la Fiorentina puis à domicile face à l’Atalanta), le sort du club semble ne dépendre plus que d’un seul paramètre : le rendement de son attaquant de pointe Leonardo Pavoletti.

En attendant la providence

Auteur de 10 buts en 31 matchs (sur 31 inscrits par l’équipe), de fortes attentes sont à nouveau placées sur l’avant-centre le plus efficace de Série A cette saison de la tête (8 réalisations). La pression sera-t-elle trop forte pour lui ?
Depuis sa signature l’été dernier, après une demi-saison ratée au Napoli (6 matchs et aucun but), Leonardo Pavoletti nourrit des espoirs tenaces. Il est d’abord le transfert le plus important de l’histoire du club (12 millions d’euros) et le plus haut salaire de l’équipe (1,4 million par saison). Sportivement, il avait pour mission de faire oublier dans les cœurs des tifosi sardes les 16 buts inscrits la saison passée par Marco Boriello, avant que ce dernier ne claque la porte à l’intersaison pour incompatibilité d’humeur avec l’entraîneur d’alors Massimo Rastelli. Il reste donc 180 minutes à Leonardo Pavoletti pour confirmer les espoirs placés en lui et, plus largement, sauver la saison laborieuse d’un club qui a pourtant pour ambition de s’installer durablement en Série A.

Un secteur offensif en souffrance

Si malheureusement autant de regards se portent sur un seul homme c’est certainement dû aux échecs répétés d’un secteur d’attaque autant pléthorique qu’inoffensif. Le vice-capitaine Marco Sau (2 buts), qui a raté dimanche soir un duel face à Alissson, ne retrouve toujours pas le chemin des filets tandis que Joao Pedro (5 buts), qui formait un duo prometteur avec Pavoletti, est actuellement suspendu pour un contrôle antidopage positif. L’introduction dans l’effectif cet hiver des jeunes nord-coréen Han et colombien Damir Ceter n’aura pas provoqué les effets escomptés. Enfin, symbole d’une situation des plus préoccupantes en attaque : Niccolò Giannetti et Diego Farias, en verve lorsque l’équipe évoluait en Serie B, ne font plus que des bouts de matchs. Titularisé dimanche, le Brésilien a cafouillé alors qu’il allait se présenter seul devant le portier romain. Et fut rapidement remplacé.
Deux rencontres couperet suffiront-elles au club pour sauver sa place ? Tout est encore possible. Mathématiquement, Cagliari a son destin entre ses pieds. Et la tête de « Pavo » pourrait fortement y contribuer.

Sébastien Madau



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