Paulo Fonseca doit faire plus avec moins

Par Luca Dangréaux publié le 18 Juil 2019

Pour la première fois depuis la saison 2012-2013, l’AS Roma n’a pas terminé un championnat sur le podium. Pour la première fois depuis la saison 2012-2013, elle ne s’est pas qualifiée pour la Champions League. Pour la première fois depuis donc sept ans, les Giallorossi vont devoir faire sans la plus prestigieuse des compétitions et ses avantages. Avec son nouvel entraîneur Paulo Fonseca, l’AS Roma a l’obligation de réaliser un meilleur exercice que le précédent. Le Portugais est novice en Italie et a déjà perdu ses meilleurs éléments. Voilà un bien drôle de baptême pour lui.

L’effectif s’appauvrit

Pour le convaincre de signer dans la capitale italienne, les dirigeants du club de la Louve ont dû activer des leviers qui, à première vue, ne sautent pas aux yeux. L’ambiance autour du club est assez morne, l’équipe manque de leader et les principaux qu’elle possédaient sont ou vont partir : Daniele De Rossi n’a pas été conservé, Kostas Manolas est devenu napolitain, Stephan El Shaarawy avait d’autres ambitions et Edin Dzeko, Aleksandar Kolarov et Alessandro Florenzi pourraient également s’en aller. Les départs ont été remplacés (Spinazzola, Mancini, Diawara) et Fonseca aura un effectif suffisamment fourni pour assurer les trois compétitions de la saison. Mais qualitativement, le club fait logiquement un bond en arrière. Logiquement car il ne joue plus la C1 mais la C3 et logiquement car le budget doit être revu à la baisse.

Pour stopper cette régression, le Portugais va devoir faire un travail monstre sur la fin du mercato estival puis avec son groupe. Une deuxième saison d’affilée hors du top 5 n’est pas l’objectif de l’AS Roma et provoquerait des vilaines zones de turbulences en tribunes. Durant ses premières conférences de presse, l’ancien entraîneur du Shakhtar Donetsk a assuré que son équipe sera « audacieuse » mais a surtout insisté sur la notion de courage : « La chose la plus importante est de construire une équipe courageuse. » et « Je veux des joueurs courageux parce qu’il ne sera pas facile de mettre en œuvre notre style de jeu ».

Une bonne première partie de saison impérative

Pour la première fois depuis 1993 (!), l’AS Roma va faire une saison sans Francesco Totti ni Daniele De Rossi. Assurément un manque sportif mais une donnée qui va redistribuer les cartes au sein du vestiaire. Depuis le départ du milieu de terrain, beaucoup d’informations circulent sur des potentiels différends entre Totti et le vestiaire puis, pire, entre Totti et De Rossi. Les deux intouchables ne sont plus de la partie et leurs héritiers n’ont pas la même longueur de bras. Cela devrait rééquilibrer l’ambiance dans le groupe et pourquoi pas le souder. On en revient à l’idée d’équipe « courageuse » rabâchée par Fonseca, qui pourrait d’abord jouer sur cet aspect mental avant de s’attarder sur les systèmes tactiques.

Quel que soit son plan, le nouvel entraîneur de l’AS Roma n’aura pas plus de temps que ses prédécesseurs avant que la gronde romaine ne surgisse. Un bon début de championnat est primordial car le public giallorosso a encore la saison précédente en travers de la gorge et ce n’est pas une bonne phase de poule d’Europa League qui adoucira les mœurs. Dans un passé récent, cette équipe a eu tendance à diluer ses creux en Serie A par des parcours magnifiques en Champions League… Même ça, elle ne l’a plus. Les calendriers de la Serie A, de l’Europa League et de la Coppa Italia ne sont pas encore sortis mais peu importe ce qu’ils réservent aux Giallorossi : l’édition 2019-2020 doit être meilleure que celle de 2018-2019.

Luca Dangréaux



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