Paolo Pulici, il Ciclone du Torino des années 70

Par Valentin Feuillette publié le 17 Mai 2020

En cette période trouble où le Calcio est toujours en suspens en raison de la pandémie mondiale du Covid-19, l’occasion se présente pour réviser ses classiques du football italien. Aujourd’hui, la rédaction de Calciomio vous fait voyager dans les années 70 avec la domination d’un attaquant extraordinaire mais pourtant assez peu reconnu : Paolo Pulici, meilleur buteur de l’histoire du Torino avec 172 réalisations en 437 rencontres jouées.

L’explosion au Torino, les Granata retrouvent le sommet

Né le 27 avril 1950 à Roncello près de Milan en Lombardie, Paolino Pulici de son nom complet commence sa carrière dans le mythique club de Legnano où il fait ses classes avant de taper dans l’œil de nombreux clubs qui lui proposent son premier contrat professionnel. D’abord courtisé par l’Inter, le club milanais se retire finalement de la course jugeant que le pied gauche de Pulici ne pourrait pas matcher avec celui de leur attaquant vedette Sandro Mazzola. De ce retrait milanais naît un intérêt précieux du Torino. Depuis le drame du Superga en 1949, les Granata sont bloqués dans le ventre mou de la Serie A (relégation en 1960) et ne parviennent plus à retrouver leur gloire passée. Le club turinois recherche alors activement de jeunes éléments pour bâtir une nouvelle période dorée et espère trouver en Paolo Pulici le visage de ce renouveau.

Le jeune Pulici s’engage donc avec le Torino en 1967. D’abord chez les jeunes où il obtient deux titres nationales avec la Primavera puis avec les pros. Le coach Edmondo Fabbri le lance chez les professionnels en 1969, titulaire dès sa première face à Cagliari (0-0). Les débuts sont plutôt compliqués pour Pulici : titulaire lors de trois de ses quatre premières saisons professionnelles, il joue 79 matchs mais ne marque que 9 buts. Critiqué pour ses déchets techniques et son manque de sang-froid devant les cages, l’explosion semble encore loin.

Après un bref retour chez les jeunes pour retravailler ses fondamentaux, il est à nouveau propulsé titulaire en 1973 sous la houlette de Gustavo Giagnoni où il termine meilleur buteur du championnat avec 17 buts. Il réitère cet exploit en 1975 (18 buts) puis en 1976 (21 buts). C’est durant cette saison 1976 que le Torino de Luigi Radice avec les frères Sala mais aussi Zaccarelli est sacré champion devant la Juventus. Avec un tandem surnommé « I gemelli del gol » formé de Francesco Graziani et Paolo Pulici, les Granata retrouvent leur trône.

Avec des statistiques en nette baisse et un niveau plus irrégulier, il quitte gratuitement le Torino en 1982 pour jouer une saison à Udinese puis trois autres à la Fiorentina. Quelques matchs, quelques buts puis Pulici prend sa retraite en 1985 loin des projecteurs et du sommet où il se trouvait – presque dans l’anonymat.

La Squadra Azzurra, l’acte manqué de Pulici

Malgré une domination individuelle du championnat italien (trois fois meilleurs buteurs d’Italie dans la décennie 70), Paolo Pulici n’a jamais réellement été un cadre de la Nazionale. En effet, au cours de sa carrière, le Puliciclone n’est apparu que dix-neuf fois pour cinq buts sous le maillot de l’équipe nationale entre 1973 et 1978. Souvent barré dans la rotation par le joueur de la Juventus Roberto Bettega et la légende Luigi Riva, il participe malgré tout aux Coupes du Monde 74 et 78 mais sans jamais rentré sur la pelouse. Peut-être le seul point noir de sa carrière qui lui aurait permis une plus large réputation mondiale.

Une retraite aux couleurs grenats

Lors de ses premières années de jeune retraité, Paolo Pulici devient assistant dans le petit club de Piacenza où il reste trois années avant de monter en 1990, une école de football qui porte son nom pour former les jeunes du club du Tritium dans lequel il travaille encore aujourd’hui. Intronisé au Hall of Fame des Granata, il reste très proche du Torino notamment lors des commémorations ou rassemblements organisés. Meilleur buteur avec 172 buts et deuxième joueur le plus capé de l’histoire du Torino, Paolo Pulici reste la plus grande légende post-Grande Torino bien que méconnu du grand public.

Valentin Feuillette



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