Paolo Maldini, nouvel au revoir ou simple adieu ?

Par Aurélien Bayard publié le 22 Juil 2020

Un monde sépare les prés verts d’un terrain de football au rôle de dirigeant de club. Une frontière que s’est décidée de franchir Paolo Maldini en 2018 en intégrant l’organigramme du Milan AC. Deux ans plus tard, l’avenir de la légende milanaise s’écrit en pointillé. L’heure de dresser un bilan de ses actions est donc arrivée.

Tutoyer de nouveau les sommets

Depuis le départ d’Il Cavaliere, le Milan AC se cherche. Le leitmotiv « retrouver les premières places » a beau être chantonné inlassablement, rien n’est véritablement fait en ce sens. D’ailleurs, l’épisode Yonghong Li résonne encore dans toutes les têtes lorsqu’Elliot Management rachète les Rossoneri. Le fond américain doit alors prouver qu’il n’est pas seulement un vautour avide de plus-values mais une entreprise comprenant l’environnement qui entoure le club. Il se tourne donc vers une solution de facilité : ramener des anciens sociétaires rossoneri, garants de la fameuse institution.

Outre les arrivées de Leonardo et Zvonimir Boban, Paolo Maldini débarque en tant que directeur du développement stratégique du département sportif. Enfin, après des années de tergiversation, l’ancien numéro 3 fait son grand retour dans son équipe de toujours. Pour l’occasion, le communiqué est dithyrambique : « Son talent, son leadership, sa loyauté et ses nombreux succès seront décisifs pour redonner au Milan la grandeur qu’il mérite ». Dans les faits, Maldini doit surtout épauler Leonardo dans ses différents choix sportifs et apprendre auprès de celui que certains médias français surnomment « le Maître ».

De n°2 à n°1

Le Brésilien passe la surmultiplié et ramène des joueurs comme Caldara, Pepe Reina, Gonzalo Higuain, Lucas Paqueta et Krzysztof Piatek. Malheureusement, il y a presque autant de noms pour autant de flops. De plus, le Milan termine à une 5ème place décevante et reste à quai pour la Champions League. L’absence des revenues liés à la participation de la reine des compétitions européennes vaut également aux Rossoneri d’être dans le viseur du FPF. Alors, pour éviter une sanction financière trop lourde, Il Diavolo décide de ne pas participer à l’Europa League. Le navire rouge et noir tangue et Leonardo décide de fuir pour rejoindre son ancien employeur, le PSG. Alors Ivan Gazidis a une idée folle : pourquoi ne pas proposer le poste vacant à Maldini. Après un délai de réflexion, il accepte et se retrouve aux manettes de son club chéri. Maldini doit alors choisir un nouvel entraîneur et les recrues qui vont avec.

Toujours pas de Champions League…

A l’instar de son prédécesseur, il multiplie les pistes pour rameuter les joueurs qui permettront enfin au Milan AC de retrouver la coupe aux grandes oreilles. Il se déplace personnellement pour convaincre Theo Hernandez de rallier la Lombardie, offre une nouvelle chance à Rebic de s’imposer en Serie A et surtout permet à Ismaël Bennacer puis Rade Krunic de rester dans l’élite. Pour chapoter le tout, Maldini fait confiance à Marco Giampaolo, libre depuis la fin de son contrat avec la Sampdoria. L’exercice 2019/2020 peut commencer.

Cependant, la « patte » Giampaolo ne prend pas. Maldini a beau hurlé qu’il faut être patient, la direction milanaise se met à la recherche d’un nouveau technicien. A la fin de la 7ème journée de Serie A, l’Italo-Suisse est débarqué. Avec ce départ, Paolo Maldini subit deux camouflets. Le premier, celui de ne peut avoir su trouver les joueurs adaptés pour l’inénarrable 4-3-1-2 du natif de Bellinzona. Le second, la remise en cause de « son » choix en moins de deux mois.

Malgré un retour flamboyant lors de cette fin de saison, les Milanais sont restés bien trop longtemps loin d’une place qualificative pour une coupe d’Europe. Cet élément a dû peser dans la balance lorsque Paolo Scaroni a entamé les négociations avec Ralf Rangnick car, après tout, Maldini devait permettre aux Rossoneri d’entendre à nouveau la C1. Mission ratée donc. Finalement, l’Allemand ne viendrait pas mais rien ne dit que Maldini restera. L’ancien international italien a déjà refusé le nouveau rôle purement figuratif proposé par Gazidis et devrait donc quitter une nouvelle fois Il Diavolo.

Aurélien Bayard



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