Palermo, le renouveau en Serie D

Par Florian Giunta publié le 08 Août 2019

« A’mu a vinciri ». C’est l’exhortation en sicilien du nouveau président Mirri (« Nous devons gagner ») au nouvel entraîneur Pergolizzi. Mais c’est en Serie D que les victoires devront s’enchaîner. Non pas en Serie A alors que l’élite était encore accessible au printemps et même pas en Serie B que les Palermitains fréquentent depuis deux années…. Si le Palermo Calcio attirait sportivement la lumière, la conduite obscure des affaires à la mode Zamparini l’a plongé dans une crise multiforme. De nouveaux propriétaires, un nouveau nom, un nouveau logo mais un dessein commun réaffirmé. Etat des lieux.

Le printemps meurtrier

En place depuis 17 ans, dans la gestion de l’ancien Président Zamparini nous trouvions déjà « le détournement, le recyclage, l’utilisation de sources de fonds illicites, le blanchiment, la fraude fiscale et l’usage de faux pour le bilan comptableil y a un an et demi. Les amoureux du Palermo Calcio se trouvent donc soulagés à l’annonce de la vente du club fin novembre 2018. Mais malheureusement, Palermo connait deux propriétaires successifs peu sérieux et bien des crises… Tout d’abord les Anglais Sport Capital Investments Ltd qui doivent acheter le club 10€ puis éponger les dettes. Le groupe abandonne et premier fiasco. Surgit ensuite au printemps le groupe Arkus. Incapable de fournir les garanties financières et au centre d’un psychodrame autour de l’inscription administrative en Serie B, Arkus sort à son tour piteusement de l’aventure. Il Giornale di Sicilia révèlera que ce groupe devait verser effectivement 10 euros mais aussi 2,8 millions d’euros à Zamparini dont le fantôme rode encore… Quand la FIGC jette un oeil à ces sombres histoires c’est pour reléguer le club en Serie C puis en Serie D. La faillite est déclarée, les joueurs sont libres et le maire de la ville Leonardo Orlando doit retrouver un repreneur vu que le club se trouve exclu de la sphère professionnelle.

Le maire et le public derrière Hera Hora

Les candidats sont au nombre de six. En plus du duo Mirri-Di Piazza qui s’appuie sur un fort ancrage local, on trouve entre autres Ferrero l’hurluberlu-président de la Sampdoria, un groupe libanais et même un regroupement de tifosi autour d’un projet d’actionnariat populaire. Orlando choisit Mirri, la sécurité après les aventures. L’autre boussole en ces temps troublés est la tifoseria. Les rassemblements dans la ville se multiplient et les symboles ne manquent pas  comme le théâtre de Palerme qui se pare de rose le 15 mai contre la décision de reléguer le club.  En plus de sa sicilianité, le groupe Hera Hora qui tient les destinées du club en main a désormais de quoi rassurer de part son ambition et son sérieux. Un business plan de 27 pages détaille le projet : accession à la Serie A en trois ans, construction d’un nouveau centre d’entrainement, 50% de l’effectif de nationalité italienne, développement du secteur féminin. La gouvernance se voudra plus transparente avec 10% des actions détenues par des personnes physiques.

Tout n’est pas encore rose

Si les bases semblent saines, rien n’est fait. Déjà les embrouillaminis administratifs ne sont pas terminés. Le groupe Arkus ne désarme pas et voudrait porter la cession à Hera Hora sur le terrain judiciaire. L’intervention de la police et le changement des serrures ont même été nécessaires pour virer les anciens dirigeants du siège qui se trouve au stade Renzo Berbera… Côté sportif, nul ne connait ni l’équipementier, ni l’effectif alors qu’un stage est prévu à compter du 12 août afin de préparer le début du championnat le 1er septembre. Les anciens joueurs – désormais libres- s’éparpillent  (comme Nestorovski qui signe à Udine). L’attaquant de Cesena Ricciardo (32 ans) vient de s’engager, Mario Santana âgé de 37 ans redevient palermitain. Le jeune défenseur Accardi (24 ans) devrait être le seul représentant de l’ancien groupe. Voilà les seules certitudes du moment en plus d’une appartenance que les tifosi n’ont pas fini de revendiquer malgré la reconstruction. Les Palermitains savent combien ils devront être fidèles à leurs racines, combatifs et résiliants afin que l’aigle se remette à voler.

Florian Giunta



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