Ounas, de l’énergie à revendre

Par Rémi Falvo publié le 01 Fév 2019

C’est un des plus jeunes joueurs de l’effectif. L’Algérie se fait une fierté de le compter parmi ses joueurs. C’est un des derniers espoirs du centre de formation Bordelais. Pourtant, Adam Ounas ne comptabilise que 340 minutes jouées cette saison, en 10 rencontres en Serie A cette saison avec le Napoli.

Arrivé à bon port

Cela fait maintenant deux années que l’ailier offensif a posé ses valises en Campanie. Quand il a signé au club, beaucoup de questions se posaient, une regroupant toutes les autres : pourquoi faire signer un ailier offensif? Dans un effectif qui à ce moment-là pouvait compter sur des Insigne, Callejon, Mertens (déjà plus ou moins sacrifié en étant repositionné numéro neuf), et un banc assez bien fourni pour le poste : Zielinski, Giaccherini… Et voilà que Simone Verdi s’ajoute à cette liste cette année. Autrement dit, la situation ne s’est pas améliorée depuis la signature de Ounas, et l’envie d’aller voir ailleurs a bien dû lui effleurer l’esprit une paire de fois. Tout compétiteur qu’il peut être, tout homme de défi qu’il est certainement, n’a vraisemblablement pas pu encaisser cette situation sans se poser la question du départ. Mais le club veut le conserver. Il pense tenir une petite pépite. Malgré les statistiques de présences qui vont dans le sens contraire. C’est un peu comme un antiquaire qui tient un objet dans son stock, bien emballé, prêt à être vendu, mais qui a toutes les peines du mondes à s’en séparer. Ce ne serait pas la première fois que le club présidé par De Laurentiis ferait un joli coup, comme dernièrement avec Rog, Zielinski, ou même Mertens, récupérés pratiquement inconnus, et devenus des joueurs d’un niveau pour le moins intéressant. Voire Marek Hamsik, en suivant cette logique. C’est certainement cette optique qui fait tenir le fennec debout sur ses quatre pattes. Pourquoi pas lui? Insigne et Callejon ne sont pas éternels, ne sont pas inaltérables. Patience, son heure viendra.

Des fourmis dans les jambes

Et elle viendra pour lui dans sa carrière, que ça soit au Napoli ou ailleurs. Car ses qualités sont indéniables. Sa principale étant sa capacité à provoquer son adversaire direct, à l’éliminer. Agrémentez tout ça d’une bonne pointe de vitesse, d’un pied gauche des plus précis, et d’une volonté à la hauteur de ses ambitions, vous obtiendrez Adam Ounas, un profil à la Lorenzo Insigne concrètement. La même fantaisie, la même attitude insouciante et provocatrice sur le terrain. Un profil qui ferait du bien à n’importe quel club moins huppé que le Napoli en Serie A. Il suffit de regarder ce qu’il se passe quand Carlo Ancelotti lui dit d’arrêter de s’échauffer, et de retirer sa chasuble pour rentrer sur le terrain. A chaque fois, la rentrée de Ounas provoque un incendie dans la défense adverse.  Démarrages laissant le défenseur sur place, crochets de l’extérieur du gauche, dignes de la « Spéciale Insigne », frappes de toutes parts du terrain. Et donc, Ancelotti décide de se servir de lui comme Joker, lui faisant jouer des fins de matchs. Au final, Joker dans une équipe où la concurrence s’appelle Insigne et Callejon, à 22 ans, c’est un statut plus qu’honorable. Pour celui qui en 2015 signait son premier contrat pro avec Bordeaux, le dédiant à sa famille, qui fut intégré dans le groupe Napolitain par les francophones Koulibaly, Diawara et Ghoulam, et qui maintenant est prêt à franchir le cap. Il se sent maintenant chez lui, comparant même Naples et sa ville d’origine en Algérie de Mostaganem, non sans humour : « Naples et Mostaganem, c’est un peu là même merde ». Maintenant bien installé, Adam Ounas est prêt à graver son nom dans la prestigieuse pierre de la Serie A.

Rémi Falvo

Rédacteur



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