Où en sont les promus de 2021 : Salernitana, le mauvais élève (3/3)

Par Ben Soffietti publié le 28 Jan 2022
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Chaque année, ce sont les nouveaux visages des différents championnats : les promus. Dans notre Calcio, ces équipes qui accèdent à la Serie A font souvent figure de punching-ball pour les écuries rodées à l’élite. Si parfois, elles se rebellent et viennent jouer les troubles fêtes, comme l’Hellas en 2020 qui obtenait une belle neuvième place ou Cagliari, onzième en 2017, la plupart du temps, les promus luttent pour ne pas revenir en deuxième division. Alors que nous en sommes à la moitié du championnat, Calciomio dresse un bilan des premiers mois des promus dans cette saison 2021-2022. L’ultime volet porte sur la Salernitana, lanterne rouge de Serie A.

Du rêve au cauchemar

Si Venezia a attendu 19 ans pour revenir en Serie A, l’attente fut plus longue encore pour la Salernitana, dont la dernière apparition date de 1999, au siècle dernier. Cependant, le rêve est rapidement devenu cauchemar et la saison que vit actuellement le club basé à Salerne est un calvaire permanent. Après 23 journées, et un match de retard, I Granata n’ont récolté que dix maigres points et subit 17 défaites. Même si le fossé de huit points sur les Lagunari n’est pas encore insurmontable, la dynamique actuelle ne laisse présager rien de bon pour les coéquipiers de Ribéry, sèchement battus par le Napoli dimanche dernier (4-1). Pire attaque du championnat avec quatorze réalisations, plus mauvaise défense des cinq grands championnats – à égalité avec Bordeaux – avec 53 buts encaissés, la situation est désastreuse. Fabrizio Castori, l’architecte de la montée la saison passée, a pris la porte dès la huitième journée. Stefano Colantuono, appelé à la rescousse, n’a pour le moment pas trouvé de solution. La moyenne de points par match est de 0.5, tout comme elle l’était sous Castori. Pas de choc psychologique donc.

Un climat extra-sportif compliqué

En plus du sportif, la Salernitana n’a jamais eu la chance de travailler dans un climat serein pour préparer sa saison. La cause ? La double propriété de Claudio Lotito qui possèdait au coup d’envoi de la saison deux clubs de Serie A. Cette situation étant interdite par les règlements de la FIGC, les Salentini abordent leur retour dans l’élite avec la peur de voir leur promotion annulée. Finalement, un trust permet temporairement au club de Campanie de pouvoir attaquer la saison mais à nouveau, un ultimatum est fixé fin décembre. La presse parle d’une relégation dès la fin de la phase allée alors que l’équipe de l’Ippocampo s’enfonce dans les profondeurs de la zone de relégation. Finalement, quelques minutes avant la fin du délai, l’entrepreneur Danilo Iervolino soumet la proposition la plus intéressante et devient le nouveau président du club. La Salernitana pourra finir la saison.

Une équipe pas à la hauteur

Tout comme Venezia, pas forcément équipée pour jouer la montée la saison précédente en Serie B, I Granata débarquent dans l’élite avec un effectif peu expérimenté et recrutent beaucoup de joueurs, privilégiant la quantité, au détriment de la qualité. Une dizaine de nouveaux visages intègrent le groupe de Castori, comme les deux Coulibaly, Ruggeri, Ranieri, Kechrida, Gagliolo, Obi ou Strandberg. Ce grand nombre de joueurs rend difficile, pour les deux entraîneurs qui se sont succédés, l’établissement d’une colonne vertébrale fiable et 29 joueurs ont déjà été utilisés. En comparant les onze alignés lors de la première journée et de la dernière jouée, il n’y a que trois joueurs en commun, dont le gardien Belec.

Ces recrues nombreuses n’ont pas apporté la qualité espérée, comme Bonazzoli, buteur à quatre reprises, mais surtout à l’image de Ribéry et Simy. L’ailier français commence à ressentir le poids des âges (38 ans) et n’a participé qu’à douze rencontres. Le brassard de capitaine lui a été confié mais malgré sa combativité, difficile de porter à lui seul cette équipe fragile. Simy s’avère également être une mauvaise opération. Chipé à Crotone où il avait enfilé les buts – 20 –  l’an dernier, le Cheikh Diabaté de la Serie A a perdu son efficacité et n’a fait tremblé les filets qu’une seule fois. Cet hiver, le club a enregistré l’arrivée du portier Luigi Sepe et la presse parle de renforts supplémentaires comme Fazio et plus fou encore, Diego Costa. Il faudra au moins ça pour stopper cette chute libre

À retrouver dans ce dossier :

Épisode 1 – Empoli, le maintien par le jeu
Épisode 2 – Venezia, la tête encore hors de l’eau
Épisode 3 – Salernitana, le mauvais élève

 

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Ben Soffietti

Rédacteur



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