Numéro 9 de la Nazionale, une problématique qui n’est pas nouvelle : des lueurs d’espoir rapidement assombries (3/4)

Par Ben Soffietti publié le 20 Nov 2021
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Au cœur d’un été riche en succès pour l’Italie, la Nazionale a remporté l’Euro 2020. Si cette victoire a été une vague de bonheur pour les Italiens, il a tout de même souligné certaines carences. Et les récentes sorties contre la Suisse et l’Irlande du Nord ont nettement identifié un de ces problèmes. Ce casse tête permanent concerne toujours le poste de numéro 9 alors que la Nazionale s’apprête à vivre un nouveau barrage angoissant au mois de mars. Immobile continue de décevoir et Belotti semble hors du coup. Quant aux autres prétendants, ils sont soit inexpérimentés, soit des promesses perdues. Cependant, la problématique du bomber en Nazionale n’est pas nouvelle. Dans ce troisième volet du dossier consacré au bomber azzurro, nous reviendrons sur les attaquants qui ont brièvement porté l’Italie au cours des dix dernières années.

Balotelli, ascension puis désillusion

Mario Balotelli est bien évidemment une des figures du bel Euro 2012 réalisé par la Nazionale, avec en point d’orgue ce magnifique doublé contre l’Allemagne. Sur la précédente décennie, il est l’un des attaquants les plus utilisés, notamment sous Prandelli, à la tête de la sélection de 2010 à 2014.  Sur cette période, SuperMario débute 24 matchs comme titulaire, sur 33 sélections, inscrivant treize buts. À 22 ans, il incarne alors l’avenir de la Squadra Azzurra à ce poste de numéro 9. Sauf que ses performances en club et ses frasques extra-sportives lui ont brûlé les ailes. Roberto Mancini lui donnera bien une chance en 2018, mais ses espoirs seront rapidement brisé, malgré un but contre l’Arabie Saoudite. Toutefois, avec quatre réalisations – trois à l’Euro 2012 et une au Mondial 2014 contre l’Angleterre-, Balotelli est à ce jour, à égalité avec Vieri, le meilleur buteur italien en compétitions internationales au XXIème siècle. De plus, sur la décennie 2010, il est l’attaquant le plus prolifique, juste derrière Immobile qui compte un but et 18 sélections de plus. Des chiffres qui amplifient la déception incarnée par Balotelli.

Pellè, l’éphémère bomber

Suite à la déception du Mondial 2014, Conte succède à Prandelli. Après trois scudetti avec la Juventus, le nouveau sélectionneur applique rigoureusement son schéma en 3-5-2. En attaque, il emploie un buteur physiquement imposant accompagné d’un attaquant mobile comme il le faisait à Turin. Ainsi, dès son intronisation, Conte recherche celui qui pourra être le Llorente de l’époque bianconera. Immobile et Zaza sont d’abord testés, mais c’est bien Graziano Pellè qui s’impose comme le choix numéro un. Une première sélection en 2014 à 29 ans et déjà un premier but. Souvent associé à Eder, il score trois fois et rapporte neuf points à la Nazionale dans le cadre des qualifications pour l’Euro 2016. Durant la compétition, il débute quatre des cinq matchs, marque contre la Belgique et l’Espagne mais il manque brillamment son tir au but en quart de finale.

Après la compétition, son choix de rejoindre la Chine l’oblige à oublier la Squadra Azzurra après 20 sélections et neuf buts: un passage éclair au cours duquel il aura démontré une certaine efficacité.

Une recherche infructueuse

Entre la fin du Mondial 2010 et l’arrivée de Ventura, 17 bomber sont testés. Si Balotelli et Pellè ont été prolifiques, ils n’ont pas été les seuls à endosser ce lourd numéro 9. Gilardino a eu de nouvelles cartouches mais n’a jamais su se montrer performant (sept titularisations entre 2010 et 2013, deux buts). Nombreux sont ceux qui ont manqué l’opportunité de devenir le finisseur de l’Italie : Pazzini, Quagliarella, Borriello, Matri, Destro. Ils cumulent cinq buts entre 2010 et 2014, dont trois pour le seul Il Pazzo. Des chiffres faméliques.

Deux attaquants nés hors d’Italie ont aussi eu leur chance. Celle d’Amauri fut de courte durée (une sélection). Pour Pablo Osvaldo (onze titularisations) le problème réside, comme pour Balotelli, dans la continuité. Intéressant lors de ses quelques sorties avec quatre réalisations, l’Italo-argentin, pour des problèmes de comportement notamment, perd sa place à la veille de l’Euro 2012.

Depuis 2014, la Nazionale a aussi tenté Stefano Okaka, buteur pour sa première cape, Simone Zaza, doublure de Pellè en 2016 ou même Manolo Gabbiadini, titulaire contre la Suède, ce triste soir de novembre 2017. Actuellement, ce sont Immobile et Belotti qui se partagent le poste. Mais en 2021, l’Italie recherche toujours un bomber de confiance. Et le temps presse…

Retrouver les autres épisodes :
Épisode 1 – Le sacre de 2006 ou l’arbre qui cache la forêt
Épisode 2 – La Nazionale ne trouve pas chaussure à son pied
Épisode 3 – Quelques lueurs d’espoir rapidement assombries
Épisode 4 – Le bomber italien, une espèce en voie de disparition ?

 

Ben Soffietti

Rédacteur



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