Nicolo Zaniolo, quand le futur répond présent

Par Loris Meucci publié le 08 Déc 2018

Qui aurait pu prédire que les projecteurs se braqueraient si vite sur le jeune toscan ? Arrivé cet été à l’AS Roma en provenance de l’Inter dans le cadre du transfert de Nainggolan, Nicolo Zaniolo fait forte impression à chaque fois que l’occasion se présente. A 19 ans seulement, il est désormais une sérieuse option pour Eusebio Di Francesco.

Dans la cour des grands

Formé à la Fiorentina, Zaniolo n’avait jusqu’ici qu’une maigre expérience du monde professionnel et du haut niveau : quelques minutes de Serie B sous le maillot du Virtus Entella. Chez les jeunes en revanche, Nicolo s’était fait un nom. L’année dernière, il remporte le championnat primavera avec l’Inter et atteint la finale de l’Euro U19 avec les Azzurrini. Prometteur. Et c’est donc en tant que promesse, ni plus ni moins et parmi d’autres, que sa venue à Rome est perçue. Tout ceci avant que Di Francesco ne décide de faire appel à lui à la mi-septembre et de le lancer dans le bain, le grand bain. En tant que remplaçant face à un promu ? Mieux. En tant que titulaire. Et face… au Real Madrid !

Littéralement propulsé au plus haut niveau qui soit, donc. « Je me suis retrouvé face à des joueurs que jusqu’ici je n’affrontais que sur la playstation…« . Un choix fort. Un choix fou. Mais dès les premières minutes, ce choix prend tout son sens tant le jeune Zaniolo ne se cache pas. Au contraire il se montre, il entreprend, quitte à rater. Il est l’un des meilleurs romains sur la pelouse du Bernabeu pendant l’heure de jeu qui lui est accordée. Une défaite à la clé, des crampes, mais des débuts bluffants. Depuis, son temps de jeu a augmenté et même si il n’est pas encore un titulaire à part entière, le voir dans le onze de départ n’a plus rien de surprenant. Ses deux dernières performances contre le Real et l’Inter viennent confirmer qu’il n’est décidément pas qu’un joueur prometteur : il est aussi un joueur prêt, à quelques crampes près.

Milieu moderne

Le plus souvent positionné en soutient de l’attaquant, Zaniolo est un joueur d’incursion. Grand (1m89), gaucher, il ne fait pas partie de cette lignée de milieux offensifs fantasques. Son style est plus brut, plus direct, plus intense. Ce qui n’en fait pas moins un bon passeur et un bon dribbleur. Que ce soit en phase offensive ou défensive, son apport est remarquable. Une de ses grandes forces réside dans sa faculté à gagner beaucoup de duels, notamment grâce à son physique (qu’il sait utiliser) et sa détermination. Avec le ballon il est une réelle menace à travers sa volonté d’aller de l’avant. Sans le ballon, il sait aussi bien harceler le porteur qu’intercepter une passe. Ses courses incessantes et son jeu de tête sont aussi des atouts.

Le jeune italien bénéficie d’un profil complet et équilibré. Ce qui devrait lui permettre d’évoluer sans problème à tous les postes du milieu de terrain. Il peut récupérer comme un 6, s’insérer comme un 8 et faire la décision comme un 10. Travailleur, créateur, finisseur. En somme, il est un milieu moderne. D’un point de vue purement statistique, Zaniolo ne s’est toujours pas montré décisif sous les couleurs de la Roma mais s’il continue sur sa lancée, les occasions de le faire se présenteront. En attentant et à défaut de marquer des buts, il continue de marquer des points.

Prudence

Le petit monde du football ne tarit pas d’éloges à l’égard de Nicolo Zaniolo. Récemment convoqué en Nazionale par Roberto Mancini, la jeune pépite semble démarrer sa carrière tambour battant. Mais aussi juste qu’il paraît de souligner ses bonnes performances, il faut également garder en tête qu’il n’est pas le premier jeune joueur à se mettre en évidence. Et que parmi ses prédécesseurs, tous n’ont pas eu une carrière à la hauteur de leurs débuts. Surtout que pour l’heure, Zaniolo n’a encore rien accompli de stratosphérique et ne comptabilise qu’une poignée de minutes au plus haut niveau. Sans compter que les retours de Javier Pastore et Lorenzo Pellegrini ne lui garantissent pas un temps de jeu croissant. Tout reste à prouver et le plus dur reste à venir pour le jeune international qui devra continuer de faire son trou dans un secteur particulièrement concurrentiel et fourni.

Annoncé comme titulaire aujourd’hui au Sant’Elia de Cagliari, Nicolo aura une nouvelle occasion de rendre toujours plus fier son papa Igor, ancien attaquant de Serie B. « Mon fils est beaucoup plus fort que moi, il est beaucoup plus technique et inspiré. Mais il a la même envie que j’avais de courir et de conquérir le ballon…« . Une nouvelle occasion de faire sensation, de donner raison à son coach et d’attiser la curiosité d’observateurs de plus en plus nombreux.

Loris Meucci



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