Nicholas Gioacchini, l’Italo-américain à la conquête de la Normandie

Par Tom Crippa publié le 16 Sep 2020

Samedi 12 septembre 2020, match opposant Rodez à Caen. Dès la troisième minute, il reprend un centre venu de la gauche avec succès. Ce but n’est autre que l’oeuvre de Nicholas Gioacchini, qui ouvre par la même occasion son compteur but pour la saison 2020/2021.

Un parcours atypique

Nicholas Gioacchini est né le 25 juillet 2000 d’un père italien et d’une mère jamaïcaine à Kansas City. Vous suivez ?
Dans un pays où basketball et football américain sont légion, le jeune « Niko » s’intéresse très jeune au soccer. En 2008, la famille Gioacchini déménage en Italie et Nicholas se rapproche de son rêve. Licencié dans des petits clubs de la région,  il subit un premier coup d’arrêt après un essai non concluant à Parme, « je n’en ai pas fait assez » déclarait-t-il à ce sujet.
De retour aux Etats-Unis, il s’engage en U14 avec DC United. Pourtant, Nicholas rêve d’Europe et non de MLS. Ainsi, après un énième déménagement, il s’installe à Paris en 2015. Une pige au Red Star puis au Paris FC et Caen s’adjuge le jeune prospect jusqu’en 2023. En Normandie, il franchira les étapes une à une avant d’accéder à l’équipe première et en marquant le 25 octobre 2019… face au Paris FC. Depuis ? Un second but face à Nancy en décembre et donc, une troisième réalisation ce weekend.

Un profil moderne

Formé dans trois pays différents, il est difficile de dire à quel championnat Nicholas Gioacchini n’est pas adapté. Attaquant de pointe d’1m84, imposant et véloce, Nicholas a déjà montré au cours d’une vingtaine de match de Ligue 2 qu’il était un joueur hybride. En effet, il est capable de se montrer précieux dans différents schémas tactiques : efficace dans le jeu en pivot dos au but, à l’aise techniquement dans les petits espaces et altruiste, capable de prendre la profondeur mais également d’aller au duel. La panoplie est large, les possibilités tactiques aussi.
Enfin, le Caennais est polyvalent et peut également évoluer sur les ailes ou en soutien d’un deuxième attaquant.
Ainsi, un tel profil ne va pas laisser insensible les sirènes des clubs étrangers longtemps. Tout d’abord, les scouts étrangers raffolent de la Ligue 2, notamment car le talent brut y est très présent, mais également car sa position géographique le rend très accessible.

Éligible pour trois sélections… voire quatre ?

Nicholas possède un arbre généalogique lui permettant de revêtir le maillot de la Squadra Azzurra par son père, et le maillot Jamaïcain par sa mère. Grâce à son enfance passée dans le Missouri, l’attaquant peut également être appelé par la Team USA ! De plus, celui qui s’est fixé un objectif de quinze buts pour cette saison pourrait bientôt être éligible au… maillot tricolore !
En effet, la citoyenneté française peut s’obtenir après cinq années à vivre et travailler sur le territoire, lui qui est arrivé à 15 ans à Paris.
S’il n’a pas encore été convoqué par une sélection, ses prestations devraient attirer l’œil des staff technique très vite. Bien qu’il ait déclaré qu’il supporterait l’Italie ou les Etats-Unis face à la France et la Jamaïque, il possède l’embarras du choix quant à sa sélection. Pour cela il devra confirmer toutes les promesses placées en lui. En attendant, il a toutes les cartes en main.

Tom Crippa



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