L’éternel casse-tête des arrières latéraux en Italie

Par Arno Tarrini publié le 14 Oct 2019

Alors que la campagne de qualification pour l’Euro 2020 arrive bientôt à son terme, la Nazionale n’a toujours pas trouvé un équilibre défensif satisfaisant. La faute à une valse des latéraux qui dure depuis une dizaine d’années.

Un mal durable

Depuis le titre mondial de 2006, l’Italie n’a pu se contenter que de bricolages. La paire Zambrotta/Grosso reste dans les mémoires comme la dernière qui a donné pleine satisfaction. Depuis 2010 et le retour raté de Marcelo Lippi sur le banc de la Squadra Azzurra, des joueurs comme Maggio, Balzaretti, Abate ou Santon se sont succédés, sans jamais vraiment s’imposer. Entre 2010 et 2014, Cesare Prandelli a eu la chance de pouvoir compter sur la polyvalence de joueurs comme Barzagli et Chiellini, qui ont rendu de fiers services à la Nazionale. Même le magicien Antonio Conte, qui, en 2016, a fait de l’une des équipes italiennes la plus faible de la période sur le papier une magnifique machine à gagner, a bataillé pour trouver un équilibre, en tirant le maximum d’Antonio Candreva à droite, et De Sciglio et Darmian, deux droitiers, à gauche.

L’après Conte fut tout aussi désastreux. Aucun joueur n’a réussi à s’imposer comme titulaire indiscutable, ni sous Ventura, ni sous Mancini, alors que le poste d’arrière latéral est l’un des plus fournis. En première ligne, on trouve les « habitués » comme Florenzi et De Sciglio, qui sont utilisés à plusieurs postes (à droite, à gauche, au milieu…) et sont finalement perdus et beaucoup trop inconstants. Fréquemment blessés, les deux joueurs sont d’ailleurs forfaits pour ce rassemblement, ce qui laisse la place à d’autres joueurs pour tenter de gagner un ticket pour l’Euro.

Mancini ne trouve pas la formule

Comme ses prédécesseurs, Roberto Mancini est obligé de bricoler. Depuis son arrivée au poste de sélectionneur en mai 2018, il a changé onze fois de latéraux titulaires (Zappacosta/Criscito, D’Ambrosio/De Sciglio, Zappacosta/Biraghi, Lazzari/Criscito, Florenzi/Biraghi, De Sciglio/Emerson, Piccini/Biraghi, Mancini/Spinazzola, Florenzi/Emerson, Mancini/Emerson, Izzo/Emerson) en quinze rencontres. Seuls Florenzi, De Sciglio et Emerson ont été alignés plus de deux fois. Lors des six premiers matchs de qualification pour l’Euro 2020, Mancini n’a toujours pas trouvé la bonne formule et a aligné cinq paires de latéraux différentes, en plaçant Izzo et Mancini, deux défenseurs centraux, sur le côté droit. Alors qu’il était la seule constante dans cette rotation perpétuelle, Emerson Palmieri, le défenseur de Chelsea, n’a pas été très convaincant face à l’Arménie et la Finlande, en difficulté défensivement face à des joueurs de percussion. Lui aussi forfait pour ce rassemblement, il reste tout de même l’option préférentielle de Mancini à gauche.

Vers un duel Di Lorenzo/D’Ambrosio à droite, Emerson/Spinazzola à gauche ?

Au poste de latéral droit, le malheureux Cristiano Piccini, victime d’une fracture de la rotule, est hors course, alors qu’il avait montré ses qualités à Valence et en sélection. Également blessés, mais beaucoup moins gravement, Florenzi, De Sciglio et Zappacosta, les trois joueurs les plus utilisés sur les côtés ces deux dernières années, laissent l’occasion à leurs concurrents de se montrer.

Giovanni Di Lorenzo et Danilo D’Ambrosio semblent être les deux options logiques à droite. En ce début de saison, l’un s’est imposé comme titulaire au Napoli sous les ordres de Carlo Ancelotti, l’autre engrange de la confiance dans l’Inter de Conte, après une saison aboutie sous Spalletti. Deux options crédibles s’ils confirment leurs statuts de titulaires dans deux des meilleures équipes de Serie A.

À gauche, Emerson est actuellement blessé. Leonardo Spinazzola, plutôt à son avantage depuis son transfert à l’AS Roma, doit donc saisir sa chance. Excellent contre la Grèce, il pourrait être le titulaire à ce poste. Cristiano Biraghi, de retour à l’Inter,alors qu’il fait pour l’instant face à la concurrence de l’inoxydable Asamoah dans le 3-5-2 de Conte, a lui aussi un coup à jouer. Luca Pellegrini, nouvelle recrue de la Juve, prêté à Cagliari, a été convoqué chez les A pour la première fois en septembre dernier et peut être une solution s’il confirme. Mais si aucun de ces joueurs ne se montre à la hauteur, Florenzi et De Sciglio feront ce qu’ils ont l’habitude de faire en club et en sélection : dépanner.

Si la qualification est désormais acquise pour l’Italie, les prochaines rencontres seront décisives pour établir, enfin, une réelle hiérarchie entre les latéraux.

Arno Tarrini

Étudiant en journalisme, passionné de sport, d'économie et de politique. Amoureux du ballon rond.



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