NAZIONALE : Kean, à Paris pour devenir capital

Par Grégory Canale publié le 11 Oct 2020

Probable titulaire des Azzurri ce soir face à la Pologne (20h45), Moise Kean est à un tournant de sa carrière à seulement 20 ans. Après une saison ratée en Angleterre, l’Italien vient de s’engager à la surprise générale au PSG. Cette nouvelle expérience devrait donner des réponses quant aux réelles possibilités de l’espoir de devenir un grand du football.

De belles promesses en attente de confirmation

Annoncé avec instance de retour à la Juventus, Kean a atterri finalement en France. L’attaquant a signé pour un an au Paris Saint-Germain sous la formule du prêt. « Je pouvais revenir à Turin, mais la décision de choisir Paris a été prise avec ma famille », a-t-il livré depuis le ritiro avec la Nazionale. La rumeur avait pourtant tout des retrouvailles rêvées entre la Vecchia Signora et sa pépite, révélée sous ses couleurs. Kean a impressionné par sa précocité et son talent dans le Piémont. Au point de pousser Massimiliano Allegri à lui faire confiance à treize reprises lors de la saison 2018-2019, où il inscrira six buts.

C’est non sans amertume que les tifosi bianconeri le voit partir à l’été 2019 du côté d’Everton. La Juventus le vend 27,5 M€ pour rentrer dans les clous du fair-play financier, après les arrivées coûteuses de De Ligt et de Cristiano Ronaldo. Mais chez les Toffees, l’espoir se perd totalement. Kean ne dispute que 29 rencontres de Premier League (2 buts), dont seulement six comme titulaire. L’attaquant n’est pas parvenu à gagner la confiance de ses différents managers. Pas même de son compatriote Carlo Ancelotti, nommé en cours de saison. Pire, il fait la une des tabloïds en avril dernier lors d’une fête organisée chez lui, en pleine crise du coronavirus.

Le pari PSG…

L’arrivée gratuite de Kean en Ligue 1 est donc un pari des dirigeants du PSG. Celui d’une belle promesse du football italien qui doit encore confirmer tout l’étendu de son talent. « Je suis jeune et je peux apprendre ici aux côtés de grands joueurs », a dit enthousiaste le néo-parisien. L’Italien vient garnir un secteur offensif orphelin de Cavani, meilleur buteur de l’histoire du club. Moise sera dans un premier temps la doublure d’Icardi comme n°9. Mais son temps de jeu pourrait être conséquent, vu le niveau irrégulier affiché par l’Argentin. L’Azzurro peut être utilisé aussi comme ailier dans un système en 4-3-3, même si le 4-4-2 est privilégié par Thomas Tuchel depuis plusieurs mois.

L’objectif de Kean sera de grandir au contact de références à son poste comme Mbappé, son aîné de deux ans, Neymar ou encore Di María. Et le choix Paris Saint-Germain semble offrir plus de possibilités de progression par rapport à la Juventus. D’autant que Pirlo voyait en l’élément de 20 ans un remplaçant, derrière Suárez ou Džeko, les attaquants longtemps voulus à Turin. Finalement c’est Morata qui a débarqué à la Juventus. Mais s’imposer au sein de l’attaque bianconera – garnie de l’Espagnol, CR7, Dybala, Kulusevski et de Chiesa – aurait été une trop lourde tâche pour le jeune italien. Lui qui souhaite décrocher son billet pour l’Euro 2021.

… pour briller en Nazionale

Car à Paris, Moise Kean pourra emmagasiner de l’expérience et du temps de jeu pour entretenir ses chances avec les Azzurri. Cela semble compliqué comme n°9 – avec la concurrence d’Immobile, de Belotti et désormais de Caputo. Cependant sur les côtés, ses chances restent réelles. À lui de saisir les opportunités. Le joueur parisien pourrait d’ailleurs figurer parmi les titulaires ce soir pour affronter la Pologne. « Moise est en forme. Il a disputé 20 minutes face à la Moldavie et il a répondu présent », a reconnu hier Roberto Mancini en conférence de presse.

« Le maillot azzurro est important. Il faut l’honorer pour les enfants de toute l’Italie » : malgré son jeune âge, Kean est attaché à la Nazionale, marquée déjà de son empreinte. En mars 2019, il est devenu le deuxième plus jeune buteur de l’histoire de la sélection. Impressionnant, mais l’Italie entière espère qu’il n’en restera pas à ce seul fait d’arme.

Grégory Canale

Rédacteur



Lire aussi