NAZIONALE : Gagliardini, objectif passage à l’Euro

Par Julien Ruis publié le 18 Nov 2020

Pour son retour lors du dernier rassemblement de la Nazionale, Roberto Gagliardini aura connu le grand huit. Titulaire lors de la victoire face à l’Estonie, il a finalement été écarté du groupe suite à un test anti-Covid douteux. Une réelle déception pour le milieu de l’Inter, qui sait qu’il doit absolument se montrer au vu de la concurrence à son poste, s’il veut espérer être dans le wagon de l’Euro. Mais le natif de Bergamo a-t-il réellement une chance d’atteindre son objectif ?

Une absence révélatrice ?

 « Nous avons fait un bon match. Roberto Mancini a fait un très beau parcours avec un groupe déterminé et ce n’est pas facile d’y entrer ». L’analyse de Gagliardini lors de l’après match face à l’Estonie est criante de vérité. Le joueur de l’Inter n’a en effet plus porté le maillot de la Nazionale, avant le match face à l’Estonie, depuis le 20 novembre 2018 et la victoire face aux Etats-Unis en amical. La difficulté de rentrer et de perdurer dans le groupe de Mancini est d’autant plus complexe car l’équipe reste invaincue depuis le 10 octobre 2018. L’entraîneur ne l’imagine pas comme un joueur d’apport dans le milieu de son 4-3-3. Sa titularisation avec Tonali dans le 4-2-3-1 face à l’Estonie, ressemblait plus à une sorte de test entre les deux joueurs qu’à une réelle marque de confiance. Mais avant d’espérer pouvoir convaincre son sélectionneur, il devra d’abord digérer et surpasser une concurrence exacerbée à son poste.

Une concurrence insurmontable ?

Derrière l’indéboulonnable trio Barella-Jorginho-Verratti, une véritable bataille fait rage afin de récupérer les places restantes. Convoqué lors des derniers rassemblements, le jeune Locatelli a clairement marqué des points. Son niveau de jeu avec Sassuolo et en sélection justifient la confiance accordée par Mancini. Mais d’autres éléments, et non des moindres, sont également en ballottage. Giacomo Bonaventura (épanoui dans une équipe qui lui offre sa confiance) et Stefano Sensi (si son corps le laisse enfin en paix) peuvent aussi prétendre à une place pour l’Euro. Lorenzo Pellegrini sera, sauf catastrophe, lui aussi du voyage même s’il fut récemment testé comme ailier gauche par son sélectionneur. Son compère de l’AS Roma, Bryan Cristante, aura aussi son mot à dire. De plus, sur l’année 2020, cinq des joueurs cités ont également marqué sur les sept derniers matchs. Preuve en est, de l’épanouissement de ses rivaux dans ce groupe. En outre, ces joueurs sont pratiquement tous incontestables dans leurs clubs respectifs. Ce qui est loin d’être le cas pour Gagliardini, lui qui ne jouit clairement pas d’un statut de titulaire indiscutable sous les ordres de Conte. Cette saison dans la capitale Lombarde sera donc déterminante pour le milieu de terrain. Le prix a payer afin de faire parti de l’armada italienne.

L’Inter pour être dans la lumière ?

Étonnamment, le même problème semble se transposer à l’Inter. Si le milieu arrivait à tirer son épingle du jeu, et accrocher plusieurs titularisations la saison dernière, cela semble révolu. L’éclosion de Barella, l’affirmation de Brozovic, ainsi que l’arrivée de Vidal, relèguent inexorablement Gagliardini sur le banc. La présence de Nainggolan ne l’arrange évidemment pas non plus. Même s’il fut frappé par la Covid-19, il ne participe pas aux gros matchs (hormis face à la Lazio) et se contente des miettes comme face au Real et à l’Atalanta. Mais, c’est surtout tactiquement parlant que son absence peut lui être préjudiciable en vue de l’Euro. Cette saison, il n’aura joué titulaire que trois matchs en Nerazzuro et toujours dans un 3-4-1-2. Antonio Conte ne l’aligne jamais dans le milieu à trois de son 3-5-2 et préfère miser sur le trio Barella-Brozovic-Vidal. De mauvaise augure sachant que Mancini privilégie des joueurs habitués à ce système pour son 4-3-3. Certes, un Locatelli n’évolue pas dans cette position en club, mais il a prouvé qu’il a les épaules pour endosser ce rôle en sélection. Roberto Gagliardini se retrouve donc dans l’obligation de se surpasser, pour valider un éventuel passage à l’Euro. Si pour beaucoup de pays, cela n’est toujours pas digéré, gageons que lui saura mordre à pleine dents cette saison afin d’atteindre ses ambitions européennes.

Julien Ruis



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