Nazionale : Donnarumma, par défaut ?

Par François Lerose publié le 28 Août 2018

Le départ en retraite de Gigi Buffon a laissé un vide immense chez les tifosi de la Nazionale. La place de numéro 1 entre les poteaux, longtemps gardée, longtemps certitude d’une équipe qui en possédait de moins en moins au fil du temps, doit être redistribuée. Une situation délicate, d’autant que sur ce début de saison, les prétendants ne brillent pas vraiment.

Perin, débuts vierges, Sirigu plus affuté mais …

Mattia Perin est attendu au tournant pour cette saison de Serie A. Lui qui a longtemps évolué dans le calme et le relatif anonymat médiatique du Genoa a rejoint la Juventus cet été avec la promesse de passer un cap. Pour lui, qui n’a « pas peur de la concurrence » de Szczesny selon ses propres termes, le chemin ne fut pas si simple avec deux blessures aux ligaments du genou qui se sont quasi succédées. Du côté de la Vieille Dame, alors que le Polonais sortait d’un mondial assez décevant, sans réelle préparation avec le reste du groupe, l’Italien aurait pu avoir une carte à jouer lors des matchs au Chievo et à la Lazio. Rien n’y fait, c’est sur le banc que Mattia Perin doit regarder ses coéquipiers gagner leurs deux premières rencontres, avec l’envie de jouer, la Nazionale en ligne de mire, sans jamais pouvoir l’atteindre vraiment. Etre en sélection, Perin en a l’habitude. Mais être l’indiscutable, non bien au contraire. Ce statut ne devrait pas bouger sur ce rassemblement même si sa convocation ne fait aucun doute. Mancini lui donnera t-il ses premières minutes de temps de jeu cette saison ? Rien n’est moins sur.

Pour Sirigu, si le portier italien a retrouvé des couleurs en Italie et une certaine condition physique, sa place en Nazionale ne se fera pas en un jour, d’autant qu’il arrive dans un contexte de reconstruction et de « place aux jeunes » qui lui nuiront surement au moment de faire des choix. Pourtant, l’ancien portier du PSG ne démériterait pas s’il était propulsé numéro 1 de la Nazionale pour la prochaine trêve. Prochaine trêve oui, uniquement, car ce poste est assez instable et ce n’est pas Donnarumma qui clôturera les débats à ce sujet.

Donnarumma repart sur des bases fragiles

Le gardien numéro un du Milan AC traine derrière lui un exercice passé guère convaincant. Souvent fautif, peu décisif et auteur de quelques boulettes qui ont couté des points à son équipe, Gigio Donnarumma est reparti sur les même bases face au Napoli avec des buts encaissés, sur lesquels il y avait mieux à faire. Le gardien du Milan AC n’est pas indiscutable en Nazionale, loin de là, mais son potentiel certain ajouté à l’accumulation des matchs qu’il a pu disputer jusqu’à présent en font un candidat crédible au poste de numéro 1. Mais dans l’histoire, Donnarumma ne bénéficie uniquement que d’un manque de concurrence avérée à son poste et ça c’est bien problématique.

L’idée de tourner d’un gardien à l’autre est une solution correcte à court terme et valait pour les derniers matchs avant les vacances, ceux qui ne comptent pas et qui n’intéressaient pas forcément grand monde. Ainsi, face à l’Arabie Saoudite, la France et les Pays-Bas, chacun a eu sa chance et c’est l’actuel second gardien de la Juve qui a réussi la meilleure prestation. Dorénavant, on arrive à la Nation League, compétition désormais officielle qui aura certains enjeux, notamment pour un billet directement qualificatif pour l’Euro et surtout pour établir le coefficient UEFA qui déterminera les chapeaux du prochain tirage au sort de la prochaine compétition continentale. C’est donc maintenant qu’il faut faire un choix et pourtant, aucune réelle évidence ne s’est dégagée pour le moment. Quoi qu’il en soit, si Donnarumma prend un poste qui lui est attribué d’office par beaucoup, il y aura fort à penser que c’est pour le moment plus par défaut que par réel mérite. Et c’est bien dommage à un moment où l’Italie a besoin d’avoir des garanties, sportives à défaut d’être politiques.

 

François Lerose

Rédacteur en Chef



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