Nainggolan, le choix « un peu forcé » et sentimental de retourner « a casa sua », à Cagliari

Par Fabio Pendolino publié le 06 Août 2019

Annoncé d’abord en Chine, à la Fiorentina ensuite, avant que des rumeurs fassent état d’un possible retournement de situation et un changement de volonté des Nerazzurri. Il n’en sera finalement rien, le « ninja » retourne à Cagliari après une saison passée à l’Inter. Alors que la porte lui a clairement, et publiquement, été montrée, quels sont les tenants et aboutissants de ce transfert ?

« Icardi et Nainggolan ne font pas partie de notre projet. Nous avons le droit de choisir les acteurs et les valeurs de ce projet. Il faut de l’engagement, du respect. La culture du travail et de la victoire ». En conférence de presse de présentation du nouveau coach, le 7 juillet dernier, le nouveau directeur général de l’Inter Giuseppe Marotta n’avait pas été tendre avec les deux indésirables nerazzurri.

Si le milieu belge est loin d’avoir fait une saison au niveau de ses meilleures années romaines, il restait un joueur sur qui compter, lorsqu’il était en forme. L’Inter a longtemps cherché ce profil de joueur liant milieu et attaque, et Radja a succédé – par intermittence – à Rafinha. Comme Spalletti le déclarait la saison passée, « si tu joues à l’Inter, tu ne peux pas mettre des choses au dessus du football, sinon tu n’arriveras pas au sommet. Nainggolan a 3-4 choses au dessus du football ». Le fait est que son hygiène de vie aurait été la cause de plusieurs soucis physiques ne lui permettant pas d’être à 100% tout au long de la saison. Ce comportement est ainsi devenu intolérable pour le board nerazzurro qui lui a alors alors forcé la main.

« Montrer à l’Inter qu’ils ont fait une erreur »

« J’ai accepté la décision de l’Inter, je dois leur montrer qu’ils ont fait une erreur. J’ai reçu plusieurs offres mais j’ai choisi Cagliari. C’est le centenaire du club, nous essaierons de porter le club le plus haut possible ». S’il semblait préférer rester à Milan, son retour en Sardaigne a beaucoup de sens. Cagliari est le club où le Belge s’est révélé, disputant quatre saisons et 137 matchs avec les Rossoblù. L’accueil qui lui a été fait par les tifosi donne encore plus de poids à la communication qui a été faite pour son retour « à la maison » alors qu’il sera nommé vice-capitaine pour la saison à venir, gage de son influence.

Le président de Cagliari, Giulini, déclarait remercier Nainggolan pour « sa disponibilité et pour avoir accepté de transformer son salaire en variables. Il y a trois semaines, ce transfert semblait un rêve ». Du côté de l’Inter, même si Cagliari prendrait en charge une grosse partie du salaire du Ninja, le fait est que comme pour Icardi, les prétendants ne se sont pas bousculés pour Nainggolan – expliquant le prêt sec du milieu en Sardaigne.

D’ailleurs, depuis Kovacic, il n’y a plus eu de vente générant une plus-value importante sur un membre de l’équipe première avec plusieurs flops s’enchaînant. Alors, plutôt que de garder un indésirable payé au prix cher (24 millions), et risquer une perte sur le bilan comptable, le prêter fera baisser la valeur de son amortissement d’ici l’année prochaine. Si aucune autre équipe ne désire l’acquérir l’été prochain, continuer à le prêter, alors que son contrat court jusqu’en 2022, pourrait être une solution. Une autre possibilité serait un accord entre les deux clubs sur les bonus à payer par l’Inter sur le transfert de Barella par exemple. Et donc continuer à investir de la même façon que pour les accords sur Politano puis Sensi, avec des transferts qui en impliquent de nouveaux l’année suivante ? Après sa saison en demi-teinte et son prix d’achat, il apparaissait clair que Nainggolan n’aurait pu être transféré immédiatement cet été. En attendant, vu le discours clair de Marotta, les dirigeants semblent avancer dans une direction certaine avec un plan établi – et ne pas regarder derrière eux.

Fabio Pendolino

Rédacteur



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