Musacchio, l’homme fort de Gattuso ?

Par Romain Simmarano publié le 08 Fév 2019

Au Milan AC, les défenseurs centraux font partie de l’histoire du club. D’une certaine manière, ils jalonnent les époques de gloire milanaise comme les piliers de l’institution. Mateo Musacchio, depuis son retour de blessure, semble prendre une nouvelle dimension à ce poste. En effet, fort de la confiance de son entraîneur et titulaire peu discuté, sa progression est indéniable. Assez pour en faire un pivot de la maison rossonera ?

Une première saison sans relief

Car si la période est plutôt positive, le parcours de Musacchio depuis son arrivée lors du fameux été 2017 ne s’est pas déroulé sans encombre. Longtemps bouché par la paire Bonucci-Romagnoli lors de la première saison, il totalise toutefois 22 apparitions. Entre janvier et mars 2018, il ne joue même que 6 minutes sous la tunique du Diavolo! C’est dire la traversée du désert de l’époque. Pire encore, c’est durant cette période que l’embellie du club lombard se produit, avec une série de 7 victoires en 9 matches. Aucun ne sera joué par l’international argentin. Aussi, Musacchio a du s’armer de patience et de détermination. Avec le recul, on peut confirmer que le garçon n’en manque pas. Cette patience finit par payer: à l’intersaison, Leonardo Bonucci fait marche arrière vers la Juventus et il peut se mettre à espérer. Une conviction payante.

2018-2019, la saison de la stabilité

Malgré l’arrivée de Caldara, l’Argentin débute la saison de Serie A comme titulaire indiscutable. Rarement aligné en Europa League, il enchaîne les 10 premiers matches de championnat sans interruption ! Il faut y voir une grande première depuis l’arrivée de Musacchio en Italie. Aussi, cette nouvelle situation semble enchanter le joueur et son entraîneur. Il faudra pourtant une mauvaise blessure au genou, au mois de Novembre, pour mettre un coup d’arrêt à cette belle dynamique. Le numéro 28 finit toutefois par revenir, d’abord sur le banc, puis solidement accroché à son poste aux côtés de Romagnoli. Les trois derniers matches du Milan, face au Genoa, au Napoli et à l’AS Roma, se sont faits sous sa houlette. Cerise sur le gâteau, son entraîneur, l’inimitable Gennaro Gattuso, ne tarit pas d’éloges sur ses performances et sa stabilité retrouvée. Et même s’il reste à mesurer la solidité de cette situation, personne ne doute que l’ancien joueur de Villareal a retrouvé le sourire.

Assez pour devenir incontournable ? Pas vraiment.

Il n’y a pas de débat, c’est une excellente nouvelle pour le Milan AC. L’excellent Romagnoli a besoin d’un partenaire de défense régulier, voire définitif. En revanche, rien n’incite à un emballement excessif. Regardons les choses en face: Musacchio profite aussi d’une excellente assise défensive de son équipe. Ce blindage est principalement assuré, depuis plusieurs mois, par Alessio Romagnoli et Gianluigi Donnarumma. Trop souvent, Musacchio se rend coupable de quelques facilités de jeu, voire de faiblesses défensives. Son intervention ratée face à l’AS Roma, qui conduit à l’égalisation romaine, en est un exemple marquant. Alors, l’Argentin serait l’arbre fragile caché par une imposante forêt collective ? Pas impossible, tant il ne paraît pas encore avoir trouvé sa place de manière définitive. Mais pas certain non plus, puisqu’il montre parfois toute l’étendue de son talent. Il marque par exemple clairement les esprits face au Napoli, en Coppa. Au fond, le vrai défi de Musacchio sera d’apparaître de moins en moins inférieur à Romagnoli. Au fil du temps, il a démontré toute sa force de caractère et a trouvé sa place. A lui de la consolider, désormais.

Romain Simmarano

Rédacteur



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