Murillo, du rire aux larmes

Par Giuliano Depasquale publié le 06 Mai 2016

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Qu’elle parait loin la mi-saison lors de laquelle l’Inter pouvait se réjouir d’avoir une charnière centrale ultra efficace avec son duo Miranda-Murillo. Et les éloges concernant aussi bien le Brésilien que le Colombien ne manquaient logiquement pas, quand on voit que, à la 16e journée, seulement neuf buts avaient été concédés. À titre comparatif, les filets d’Handanovic ont tremblé à onze reprises les huit matchs suivant, pile au moment où Murillo laissait transparaître ses premiers signes de faiblesse. Il n’est évidemment pas coupable à chaque fois, mais la sûreté qu’il affichait lors des premiers mois a disparu pour refaire surface à de rares occasions. Que ce soit au niveau du physique avec son mètre quatre-vingt-deux ou de son intelligence dans sa manière de jouer, le Colombien ne rassure plus et inquiète même le public à certains moments.

Les premiers mois, il avait plutôt tendance à couvrir son ballon sereinement et à se permettre un petit dribble sur deux ou trois mètres mais en relançant rapidement vers l’avant pour éviter une éventuelle surprise d’un joueur adverse. Ses tacles étaient également d’une sûreté folle, même dans la surface, avec un timing parfait sur des interventions millimétrées ne laissant aucune chance à l’adversaire. Et quand le geste semblait être raté, il se débrouillait pour se relever immédiatement et rattraper le coup ou simplement en laissant traîner une jambe pendant qu’il se trouvait à terre. En terme de comportement offensif, Murillo était tout autant persuasif avec des montées parfois risquées mais qui apportaient au final un apport conséquent à l’autre bout du terrain.

Des erreurs fatales

La situation actuelle reste donc incompréhensible pour le public qui voyait enfin en lui le défenseur central jeune et stable tant attendu depuis le départ de Samuel. À l’analyse de ses performances de 2016, le souci le plus flagrant est son positionnement, que ce soit en phase défensive, lorsque l’adversaire a la balle, ou sur les coups de pieds arrêtés, sur lesquels il ne parvient pas à prendre le dessus sur son homme. Ce qui faisait autrefois sa force est désormais devenu sa faiblesse : il n’utilise plus sa carrure à bon escient, n’ose plus réellement s’imposer au corps-à-corps et se loupe totalement lorsqu’il tente d’y aller.

Ses lacunes laissent un travail conséquent à Miranda qui, même s’il reste la plupart du temps très fiable, a quelques fois tendance à démontrer qu’il a lui aussi ses limites, malgré sa grande expérience et son talent. L’exemple le plus frappant de ce point est justement la dernière partie en date, sur le terrain de la Lazio, contre qui il s’est affiché en retard sur un bon nombre d’actions des Biancocelesti, laissant la responsabilité à son acolyte brésilien de protéger la défense à lui seul. Il en a d’ailleurs résulté que ce dernier a effectué l’une des pires, sinon la pire, prestations de la saison. En fin de compte, Murillo s’est aussi rendu responsable d’une faute qui a amené un penalty, à cause de laquelle il a reçu un deuxième jaune l’excluant du groupe pour l’accueil d’Empoli, samedi. Juan prendra normalement sa place, lui qui a prouvé qu’on pouvait toujours compter dessus, même s’il n’est plus titulaire cette saison. Et cette concurrence pourrait bien servir de carotte, en vue du prochain exercice.

Giuliano Depasquale

Rédacteur



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