Morten Thorsby, semelles devant

Par Michaël Magi publié le 01 Nov 2020

Trois victoires de rang contre la Fiorentina, la Lazio (qu’elle n’avait plus battu depuis avril 2016) et l’Atalanta : la Samp a d’ores et déjà gommé l’impression défavorable de ses deux premiers matchs ratés. Sans surprise, elle figure parmi les équipes qui ont le plus couru lors de ces 5 premières journées. Conformément aux volontés de Ranieri. C’est qu’en son sein brille un grand blond norvégien d’1m89. Un stakhanoviste du milieu qui met désormais tout le monde d’accord…

Des débuts difficiles

Plus de 11 kilomètres par match. 43 récupérations en 5 matchs qui l’invitent dans le top 10 des spécialistes du championnat. Un joli but de la tête contre l’Atalanta, attestant de sa capacité à accompagner les contres. Une vraie participation à l’élaboration du jeu… N’en jetez plus, Morten Thorsby est l’un des hommes du début de saison de la Samp. Il y a un an, à même époque, le norvégien venu de Hollande était pourtant encore une énigme. Complètement ignoré par Di Francesco, après plusieurs mois d’un conflit psychologiquement éreintant avec son ancien club – coupable selon lui d’avoir manqué à sa parole et de l’avoir retenu lors du mercato hivernal – on parlait même d’un départ illico (voire d’un prêt en Serie B), alors qu’il n’avait même pas défait ses bagages.

Ce temps-là semble bien loin, comme le signalait Ranieri juste après une prestation de choix contre la Lazio : « Morten est le type de joueur que tout le monde n’apprécie pas forcément. Mais c’est un garçon qui rend énormément de service à un entraineur. Un gregario, un chiffonnier qui se bat sur chaque ballon. Aujourd’hui encore, il a été très précieux, en particulier pour contenir Milinkovic-Savic… » Et ça, c’était avant une performance hors-norme contre l’Atalanta, qui l’a vu se démultiplier sur le terrain. Harcelant non seulement ses vis-à-vis mais participant aussi à la construction du jeu, tout en s’offrant un but après un échange plein de justesse avec Jankto…

Définitivement adopté

Le norvégien, grand artisan du sauvetage de fin de saison dernière, est donc enfin comme un poisson dans l’eau à Bogliasco. Ravissant les tifosi qui désespérait de voir chaque dimanche une Samp mollassonne, passive, sans agressivité. Au-delà des simples critères techniques, Thorsby sait aussi se faire apprécier par sa personnalité. Comme lorsqu’il commentait son but, annulé par la Var à Florence, en génois s’il vous plait.

Il y a quelques jours, il évoquait ainsi le derby à venir comme un ancien de la maison : « Ce que je pense du derby de Gênes ? Je vais être honnête ; j’aimerais en jouer un par mois. Je suis content qu’il y en ait deux en novembre (NDLR : les deux clubs ennemis se rencontreront aussi en 4e tour de Coppa Italia, fin novembre). On m’a dit que cela ne s’était jamais produit. Je vais en profiter. Les gagner tous les deux, vous savez quelle histoire ce serait … ». Avant d’ajouter, malicieux : « Je joue là où le coach me dit de jouer. En Norvège, on dirait que « je suis une patata », dans le sens où vous pouvez en mettre partout ».

Valeur sûre

L’émergence de Thorsby – et son aura grandissante au sein d’un club qui réapprend à sourire – est à l’évidence un motif de satisfaction pour Ranieri. D’autant plus que le coach bénéficie aujourd’hui, sinon d’un groupe élargi, tout du moins d’un effectif dont la qualité s’est accrue. A ce titre, il faudra surveiller la future rotation d’un onze qui n’a pas encore intégré Adrien Silva et Keita Balde, arrivés tardivement, mais qui a d’ores et déjà capitalisé sur les arrivées de Candreva, et même du jeune Damsgaard, éblouissant à chaque apparition.

Tous ces joueurs, de surcroît, ont la capacité d’être polyvalent. En fonction des blessures, des méformes ou des ajustements tactiques, il ne serait pas étonnant de voir Ranieri varier les plaisirs. Thorsby, qui a endossé 4 fois le rôle de latéral droit la saison dernière, ne manquera pas de poser candidature. Peu importe la position, en bonne « pomme de terre », comme il le dit lui-même ? Oui. Mais à condition, en bon infatigable, de ne pas rester planté dans le sol.

Michaël Magi



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