Morata de retour à la Juventus, fausse bonne idée ?

Par Grégory Canale publié le 26 Sep 2020

Alors que Suárez et Džeko étaient annoncés à Turin, la Vecchia Signora a finalement renoué avec un vieil amour. Álvaro Morata revient à la Juventus pour une saison minimum. Si d’un point de vue romantique, le transfert de l’Espagnol a tout du coup réussi, est-ce pour autant une bonne pioche sur le plan sportif ? Décryptage.

Dans le club où il a explosé

C’est avant tout un retour dans un environnement connu pour Morata, après avoir porté le maillot bianconero pendant deux saisons, entre 2014 et 2016 (27 buts marqués – 16 passes décisives). Dans le Piémont il retrouve d’anciens partenaires et surtout Pirlo, côtoyé comme coéquipier. L’Espagnol n’aura donc pas forcément besoin d’un temps d’adaptation, lui qui connaît très bien la Serie A et qui parle couramment l’italien. À la Juventus, Morata a sans doute vécu les plus beaux moments de sa carrière. Arrivé du Real Madrid en 2014 pour s’aguerrir, l’élément prometteur y est devenu un joueur confirmé.

Une première saison comme protagoniste, où Álvaro formait un duo alléchant avec Carlos Tévez. Il marque à 5 reprises en Champions League, dont deux buts face au Real Madrid en demies, et est l’auteur de l’égalisation contre le Barça en finale (1-3). La deuxième année est également bonne, même si Dybala lui vole quelque peu la vedette. Morata donne la victoire aux siens en Coppa Italia, avec un ultime pion infligé au Milan AC (1-0). À l’été 2016, les Merengues font valoir leur clause de rachat et Morata quitte la Juventus, les valises remplies de cinq trophées, dont deux scudetti.

En attente de confirmation

Mais quatre ans plus tard, le club turinois retrouve un joueur qui n’a pas encore affirmé son statut de fuoriclasse. Le choix de le faire revenir relève d’ailleurs d’une solution contrainte, suite aux difficultés rencontrées dans les dossiers Suárez et Džeko. Pirlo voulait un n°9 « pur », le coach aura finalement un attaquant certes polyvalent, mais qui n’est pas un buteur redoutable. Morata n’a jamais dépassé la barre des vingt buts par saison dans sa carrière en club. Si à la Juve le joueur a montré son plus beau visage, il a plutôt déçu les attentes depuis son départ du Piémont. Jusqu’à perdre de surcroît sa place de titulaire avec l’équipe d’Espagne.

L’année de son retour au Real Madrid, Álvaro l’a vécu dans l’ombre de l’indéboulonnable BBC ibérique, malgré 20 buts et une Champions League remportée. Ses débuts en 2017 avec Chelsea sont ensuite encourageants, mais Morata doit composer avec de nombreux pépins physiques. En janvier 2019, le Madrilène revient finalement dans sa ville, mais sous les couleurs de l’Atlético. L’Espagnol n’arrive pas à s’imposer définitivement et Simeone lui préfère Diego Costa sur la fin de saison dernière. Bien que négative, l’expérience acquise depuis 2016 peut être cependant bénéfique dans la maturité de l’attaquant de 27 ans : « Je pense revenir à la Juventus comme un meilleur joueur et une meilleure personne ».

Quid de la compatibilité avec Ronaldo ?

Pirlo voulait un joueur capable aussi de mettre en valeur Cristiano Ronaldo. Morata et CR7 ont déjà évolué ensemble à Madrid, mais difficile d’affirmer si les deux sont compatibles. Álvaro était barré par la concurrence de Benzema, vu comme le partenaire idéal du Portugais. L’Espagnol sera-t-il prêt à se sacrifier de la même manière ? « Je donnerai tout pour faire marquer mes coéquipiers ». Les premières déclarations peuvent laisser l’espérer. Mais Morata n’est pas un attaquant de pivot de métier, capable de libérer des brèches pour les autres. À l’instar de Ronaldo, il aime venir chercher le ballon bas et ensuite se projeter dans les espaces après un une-deux.

Des caractéristiques similaires qui peuvent laisser craindre un manque de complémentarité. Cela reste à voir. Cependant Morata pourrait également suppléer de temps en temps l’extraterrestre de 35 ans en championnat. Et il ne faut pas oublier qu’avec deux bons pieds, un jeu de tête intéressant et une polyvalence certaine, la recrue offre des solutions supplémentaires à Pirlo, qui fera évoluer sa Juventus avec deux ou trois attaquants. La rencontre face à l’AS Roma devrait nous aider à y voir plus clair.

Grégory Canale

Rédacteur



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