Monza, le dernier pari de Berlusconi

Par Julien Ruis publié le 16 Juin 2020

Racheté en septembre 2018 par Silvio Berlusconi, Monza retrouve enfin la Serie B après dix-neuf années vécues entre faillite et divisions inférieures. La nouvelle organisation mise en place par Il Cavaliere, s’appuyant sur des hommes de confiance, permet aujourd’hui au club Lombard de voir plus grand, sous la houlette d’un propriétaire débordant toujours de passion et d’ambition.

Un faux air du Milan AC

« Avec les joueurs et l’entraîneur, je fais ce que j’ai toujours fait au Milan. Je leur parle, je les encourage, je les motive.. » Silvio Berlusconi a toujours imposé sa volonté de fer et ses choix, notamment lors de son règne des « 30 glorieuses » au Milan AC. Lorsqu’il rachète Monza, le nouveau propriétaire a déjà son organigramme en tête, à la fois familial et aux couleurs rossonere. Dans les bureaux, il peut compter comme d’habitude sur Adriano Galliani, son associé de toujours, qui l’assistera lors du rachat. Le natif de Monza, ancien directeur sportif et grand tifoso du club, est nommé administrateur délégué. Paolo Berlusconi, frère de Silvio, devient également membre du conseil d’administration puis président en 2019. Sur le terrain, il intronise Cristian Brocchi comme entraîneur, l’un de ses anciens joueur formé au Milan AC, qui est parfaitement rodé aux exigences et à l’exubérance de son patron de toujours.

Un championnat maîtrisé de bout en bout

L’équipe effectue une saison 2019-2020 de haute volée, ne quittant plus la première place du groupe A de Serie C depuis la 3ème journée, et ne perd que deux matchs. Brocchi s’appuie sur son meilleur buteur Mattia Finotto (10 buts) et favorise l’éclosion du jeune Nicola Rauti, prêté par le Torino. La présence d’anciens de Serie A, comme Fossati ou Paletta, offre à l’effectif une expérience rare à ce niveau. L’entraîneur mise sur un jeu offensif et débridé, affichant des statistiques alléchantes : 53 buts inscrits contre 18 encaissés. Mais suite à la crise sanitaire du Coronavirus le championnat sera stoppé net à la fin de la 27ème journée. Monza, premier avec seize points d’avance, voit sa montée en Serie B officiellement validée par la fédération italienne début juin.

Les ambitions futures

L’accession désormais acquise, il est temps pour Monza de préparer la saison prochaine. Des négociations ont déjà été entamée afin d’obtenir un nouveau prêt du jeune Rauti, auteur de prestations très intéressantes et l’arrivée d’Andrea Barberis en provenance de Crotone a déjà été annoncée. Avec un budget avoisinant les 15 millions d’euros, Berlusconi est plein d’ambition comme il le déclare : « Monza construira une équipe pour viser les sommet de la Serie B ». Comme par le passé Adriano Gallieni, dans sa sagesse habituelle, atténue les propos de son vieil ami et précise que l’objectif n’est pas de recruter que des jeunes ou d’anciens milanais. L’idée est de miser sur des joueurs ayant un état d’esprit de gagnant, tout en s’appuyant sur le centre de formation, citant l’Atalanta comme modèle. Cependant, les noms d’Ibrahimovic et de Kaka ont été évoqués dans la presse mais semblent encore très loin du club malgré les propos du propriétaire : « On ne doit jamais dire jamais ». Qu’on se le dise, le retour sur le devant de la scène footballistique de Silvio Berlusconi est bien acté, reste à confirmer sur les terrains de Serie B.

Julien Ruis



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