Mondial 2006 / Euro 2020 : des triomphes pas si différents

Par Ben Soffietti publié le 25 Juil 2021
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La Nazionale a remporté le deuxième Euro de son histoire, après 1968. Cette victoire est survenue deux jours après la quinzième anniversaire du sacre de 2006. Marco Materazzi, grand artisan du Mondial allemand, rapportait quelques jours après la victoire des hommes de Mancini : « Durant cet Euro, j’ai vu tant de similitudes avec l’aventure de 2006. » Une analyse plutôt juste de l’ancien numéro 23. Celle ci ne s’arrête pas seulement au fait que dans les deux cas, la Nazionale s’est imposée aux tirs au but en finale ou au fait que les deux sélectionneurs victorieux aient été des joueurs emblématiques de la Sampdoria

La diversité du groupe

Le premier point de comparaison entre 2006 et 2021 repose sur la composition des groupes. En Allemagne, Lippi amène des joueurs seulement issus de neuf clubs différents, avec des contingents importants provenant de la Juventus et du Milan AC (cinq joueurs chacun). À l’inverse, les 26 appelés par Mancini viennent eux de treize clubs différents, dont quatre de la Vecchia Signora. Cependant, sur les onzes alignés en finale, six clubs étaient représentés en 2006, sept en 2021, symbole d’une grande diversité.

Cette dernière s’exprime aussi sur la différence d’âge et d’expérience : Chiellini, ses 36 printemps et sa centaine de sélection représentaient une montagne face au jeune Raspadori, 21 ans et une seule cape avant l’Euro. En 2006, Peruzzi faisait office de vétéran alors que De Rossi était le jeune loup de l’équipe, avec treize années entre le Laziale et le Romanista. Durant le Mondial, Cannavaro avait célébré sa centième cape lors de la finale, alors qu’Andrea Barzagli n’en comptait que huit avant la compétition. Enfin, la moyenne d’âge de l’équipe varie sensiblement entre 27,2 et 28,2 ans, le groupe de Mancini étant légèrement plus jeune.

Un état d’esprit conquérant et revanchard

Les deux groupes abordaient la compétition après un récent traumatisme. Si les vainqueurs de l’Euro ont vécu la non-qualification pour le Mondial 2018, leurs aînés avaient traversé la tourmente du Calciopoli. Dans la difficulté, les deux sélectionneurs ont réussi à donner une âme à leur groupe, à transmettre une solidarité capable de renverser des montagnes. Cela s’est traduit par l’utilisation de tous les joueurs de champs, en 2006 comme en 2021. Mancini a même offert quelques minutes de jeu à Sirigu. Et cette force collective a permis d’affronter chaque moment difficile, comme vaincre sur leurs terres l’Allemagne ou l’Angleterre, ou revenir au score en finale. Cette solidarité se retrouve dans le désir de gagner ensemble. Les scènes de joie de 2020, de chants dans l’avion, de célébration sur les buts de Locatelli ou Pessina, rappellent certains doux souvenirs de 2006 : le bonheur de Iaquinta contre le Ghana ou plus mythique, celui de Grosso contre la Mannschaft.

Il est évident que les deux groupes étaient aussi animés par un esprit de revanche. En 2006, Del Piero, Totti, Cannavaro, pour ne citer qu’eux, avaient vécu la désillusion de la finale de l’Euro 2000 et l’élimination honteuse en huitième de finale du mondial asiatique en 2002. Cet été, le binôme Chiellini/Bonucci avaient surement encore en travers de la gorge la finale perdue en 2012 et le match contre la Suède.

Défense imprenable et danger omniprésent

Malgré le désir de Mancini de faire de la Nazionale une équipe séduisante par le jeu, l’ADN italien est demeuré intact. Il a permis à la Squadra Azzurra d’avoir une défense solide et cela quelque soit le plan et l’ambition de jeu. Le sélectionneur, avec sa philosophie moderne, n’en a pas oublié l’aspect défensif, à l’image du match contre l’Espagne où ses hommes ont su abandonner le ballon et être patients. Au final, Donnarumma n’a concédé que quatre buts, dont deux dans le jeu. L’équipe de 2006 avait fait encore mieux en ne subissant que deux buts : un pénalty et un CSC. Des défenses imperméables, à chaque fois menées par un leader et capitaine, évoluant à la Juventus : Cannavaro et Chiellini.

Enfin, lors des deux triomphes, aucun joueur n’a mis plus de deux buts. Les attaquants ont inscrits sept buts en 2006, six en 2021. Mais le danger venait de partout : quatre buts ont été inscrits par des défenseurs en Allemagne. Cette année, les milieux ont particulièrement brillé, avec cinq buts, sans oublier l’égalisation salvatrice de Bonucci.

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Ben Soffietti

Rédacteur



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