Miralem Pjanić, la fin de la Dolce Vita

Par Ben Soffietti publié le 13 Oct 2020

Arrivé à Rome en 2011, Miralem Pjanić a foulé les pelouses italiennes pendant neuf saisons. Le jeune milieu a découvert l’Italie à 21 ans, devenant au fil des années un des meilleurs joueurs de Serie A, s’imposant ensuite à la Juventus. Après une dernière saison en demi-teinte, le Bosnien a décidé de rejoindre le FC Barcelone. C’est la raison pour laquelle Calciomio a décidé de dresser un bilan de l’aventure italienne de celui que les lecteurs du site ont élu meilleur milieu de la saison 2018-2019.

Un jeune bosnien dans la capitale

Acheté très jeune par Lyon en 2008 pour en faire le successeur de Juninho, Pjanić passe trois ans entre Rhône et Saône. Mais l’arrivée de Gourcuff réduit considérablement son temps de jeu, le poussant vers la sortie. Pjanić quitte donc Lyon pour rejoindre Rome à la fin du mois d’août 2011. Le début d’une Bella storia.

Dans la capitale italienne, le Bosnien enchaîne les matchs (60 en deux ans TTC), mais la Louve connaît une crise de résultats et réalise deux saisons décevantes (septième puis sixième en Serie A). Le numéro 15 s’offre malgré tout quelques buts dont un coup-franc de plus de 45 mètres contre le rival laziale.

L’heure de la confirmation

En 2013, Pallotta nomme Rudi Garcia à la tête de l’équipe, pour donner un nouvel élan aux Giallorossi. Placé en relayeur dans un 4-3-3 aux côtés de Kevin Strootman, le Bosnien, participe au départ canon de la Louve, avec dix succès consécutifs, inscrivant même un doublé face au Napoli, dont un sublime coup franc. Un exercice dont il fait une spécialité. La Roma réalise trois belles saisons, terminant deux fois seconde et une fois troisième, durant lesquelles ‘’Miré’’ devient incontournable. Très peu blessé, il est très souvent aligné et devient de plus en plus décisif. Il marque 21 buts et délivre 28 passes décisives sur ces trois saisons là. Et mieux encore, à chaque fois qu’il marque, la Roma ne perd pas. Une sorte de porte bonheur pour les tifosi, à qui il offre de nombreuses joies, comme ce superbe coup-franc contre la Juventus en 2015.

Tactiquement, il progresse beaucoup en Italie et s’adapte aux différents schémas de jeu employés par Spalletti, qui succède à Garcia. Il l’utilise tantôt comme relayeur en 4-3-3, tantôt second récupérateur aux côtés de Seydou Keita dans un 4-2-3-1. Le Bosnien est même parfois aligné en meneur de jeu comme pour son dernier match en tant que romanista.

Moisson de titres et nouvelle position

En cinq saisons à la Roma, Pjanić n’a soulevé aucun trophée. Dans l’espoir de gagner des titres, il quitte donc la Capitale en échange de 32 millions d’euros, direction le Piémont. Il s’y adapte rapidement, dispute plus de 30 matchs par saison et termine dans le Onze UEFA dès sa première année bianconera.

Allegri l’utilise a différents postes au milieu, comme le faisait Spalletti. Mais, lors de la troisième saison à Turin, le mister installe définitivement son numéro 5 en regista, pour orchestrer le jeu bianconero. Une position clé dans laquelle toute sa qualité technique et son aisance dans le jeu court/jeu long lui permettent de s’illustrer. Un style de jeu qui rappelle parfois Andrea Pirlo.

Cependant, l’arrivée de Sarri en 2019 coïncide avec la baisse de l’influence de Pjanic sur le jeu de la Juventus. Moins déterminant, plus lent, souvent à la faute (10 cartons jaunes), il réalise quand même une saison honorable, ponctuée par un quatrième et dernier scudetto. Mais les critiques, qui sont de plus en plus nombreuses après l’élimination en Champions League contre Lyon, le poussent finalement dans les bras du Barça.

En neuf années, Pjanić a réussi à rafler quatre Scudetti et deux Coppe Italia. Avec une moyenne de 31 matchs de championnat par saison, il a prouvé sa régularité et surtout son apport et son influence grandissante sur les jeux de la Roma puis de la Juventus. Passé de milieu offensif à regista, il totalise 52 buts 85 passes décisives en 281 rencontres de Serie A. Il n’aura manqué que la Champions League au Bosnien, avec cette amère défaite contre le Real Madrid en finale en 2017, pour que sa Dolce Vita soit un rêve éveillé.

Ben Soffietti

Rédacteur



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