Milinkovic-Savic c’est pour quand ?

Par Gilbert Simonutti publié le 24 Nov 2018

Après une saison passée quasi parfaite, la confirmation de l’explosion du milieu de terrain de la Lazio Sergej Milinkovic-Savic était attendue pour celle-ci. Mais, après 12 journées, tout le monde est encore dans l’expectative. A quand le retour du vrai SMS?

Il est moins décisif

Peut-on réellement se fier exclusivement aux statistiques pour définir le niveau à l’instant T d’un footballeur ? Difficile d’y répondre mais si l’on compare les données purement mathématiques du numéro 21 de la Lazio entre l’exercice 2017-18 et celui en cours, force est de constater qu’il tire, passe et dribble de façon à peu prés identique d’une année sur l’autre. Et pourtant, ses prestations depuis le mois d’aout ne sont que la pale copie de celles qu’il rendait l’an dernier. Pour preuve, aux notes de la Gazzetta dello Sport, le Serbe n’a obtenu la moyenne qu’à 4 reprises sur les 11 matchs disputés jusqu’ici, alors qu’il n’avait été insuffisant que 4 fois sur toute la saison passée. Une baisse de régime évidente et inquiétante pour un élément promis à une rapide ascension vers les sommets. Un Milinkovic-Savic moins décisif (1 seul but inscrit jusqu’à maintenant) et de moins bonne qualité dans son ensemble que par le passé donc.

La faute a un été difficile ?

Pour certains, quelque chose semble s’être cassé cet été entre une coupe du Monde ratée et un mercato où les rumeurs à son sujet ce sont succédées inlassablement jusqu’à fin aout. Attendu comme l’homme fort d’une Serbie qui avait une carte à jouer pour une place en huitième de finale, SMS est passé inaperçu tout au long du mois de juin. Les conséquences de ce mondial sans relief ont également eu un impact sur le mercato puisque aucune des grosses cylindrées européennes n’a finalement fait une offre à la hauteur des attentes de Claudio Lotito pour l’ancien joueur de Genk. Ni 150, ni 120 ni même 100 M€ n’ont été mis sur la table. Milinkovic-Savic s’est en quelque sorte retrouvé pris au piège d’une évaluation excessive de la part de son président. Dans ces conditions, impossible de quitter la capitale italienne et même s’il a affirmé être heureux à Rome après sa prolongation de contrat, difficile de croire que son été manqué n’est pas à la source de son rendement actuel.

Si dans l’absolu les résultats de la Lazio n’en pâtissent pas, Inzaghi a du faire évoluer son style de jeu afin de s’adapter à des adversaires qui ont appris à faire déjouer (en partie) la rapide transition défense-attaque de la machine biancoceleste. Dans ces conditions technico-tactiques (jeu plus posé avec moins de solution axiale), le rôle du milieu serbe est peut-être moins déterminant et cela pourrait être une explication à l’aspect moins décisif de son apport. Dans le même registre, cela pourrait aussi être un axe de réflexion concernant la phase négative que traverse également Luis Alberto. Dans tous les cas, si la Lazio veut accrocher cette quatrième place synonyme de Champions League cette année, elle ne pourra le faire qu’avec un Milinkovic-Savic de retour au premier plan. Le Serbe, quant à lui, a besoin d’une Lazio forte pour pouvoir reprendre son ascension temporairement interrompue depuis quelques mois.

Gilbert Simonutti

Rédacteur



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