Michele Camporese, taulier de Pordenone

Par Aurélien Bayard publié le 25 Jan 2020

Chaque semaine, le petit club de Pordenone étonne par sa capacité à truster le haut de tableau de la Serie B. Pourtant, en début de la saison, les bookmakers voyaient le promu frioulan faire l’ascenseur. Et si les Ramarri s’en sortent aussi bien, c’est grâce à des joueurs revanchards. Michele Camporese en fait partie.

Le surdoué de la Toscane

Depuis son premier tir à la Garzella Marinese di Pisa à sa première titularisation en Serie A avec la Fiorentina, les superlatifs ont toujours accompagné Michele. A 5 ans, quand il intègre la Garzella, il devance déjà physiquement tous ses camarades. Sa taille est un atout mais pas que, car le jeune Michele est aussi à l’aise avec ses pieds. Alors que ce soit en défense centrale voire au milieu de terrain, le jeune pisan dicte tranquillement sa loi sur le terrain. Malgré ses facilités, Camporese garde les pieds sur terre. Tous ses entraîneurs encensent un gamin sobre, franc et solaire. L’un de ses premiers managers, Enrico Manzi, accentue cette sensation de gendre idéal lors d’une interview pour la lanazione.it en 2011 : « En dépit d’être le meilleur, je devais le remplacer pour que d’autres enfants puissent jouer. Il avait déjà compris que c’était logique et que ce n’était pas contre lui ». A 10 ans, de nombreux émissaires se pointent pour enlever Michele de son équipe locale. Pisa lui fait les yeux doux mais c’est la cour de la Fiorentina qui fait mouche.

Genou à terre

De leader de son petit club à celui d’un centre de formation, il n’y a qu’un pas que Camporese franchi aisément. Michele épate toujours autant, et souvent avec le brassard de capitaine visé autour du biceps. Lors de la saison 2008/2009 il vit un rêve éveillé. Il commence à intégrer les équipes jeunes de la Squadra Azzurra et surtout remporte le championnat U17 avec la Fiorentina. Hormis une vingtaine de minutes en Coppa Italia en octobre 2010, Camporese commence à se faire un nom un mois plus tard. En deux rencontres de prestige, face à l’AC Milan puis face à la Juventus, Michele démontre l’intégralité de son talent, notamment en muselant Zlatan Ibrahimovic. Les comparatifs fusent : Nesta pour ses anciens entraîneurs de la Garzella, Aldair pour son manager Sinisa Mihajlovic. Malgré ses performances, Camporese alterne toujours entre la primavera et l’équipe première. La direction compte tout de même sur lui : un contrat jusqu’en 2016 est signé en novembre 2011. A peine un an plus tard, l’avenir radieux qui s’annonçait se stoppe brusquement. Une tendinopathie rotulienne le laisse sur le flan pendant presque l’intégralité de la saison et l’éloigne finalement de l’équipe première.

Parcours sinueux

Sa carrière devient alors plus chaotique. La Viola le prête successivement à Cesena puis Bari, pour le vendre définitivement à Empoli en 2014. Chez les Azzurri, Camporese aurait dû avoir l’occasion de montrer sa vraie valeur en Serie A mais l’expérience tourne mal. Il lui faut attendre janvier pour jouer son premier match, un baptême du feu face au SSC Napoli. Le Pisan passe complètement au travers et, en plus de la lourde défaite 5-1, s’ajoute un CSC malheureux. Il dispute encore un match puis disparaît, définitivement. Après cet échec, il retourne en Serie B à Benevento mais les Stregoni le laissent sur le carreau lorsqu’ils obtiennent leur montée. Décidément la Serie A ne veut pas de lui. Ce sentiment s’intensifie la saison suivante. Avec le promu Foggia, Michele réalise une saison pleine mais les Satanelli finissent aux portes des play-offs. Pire encore, le spectre des blessures refait surface et c’est une rupture des ligaments croisés du genou droit qui flingue sa saison 2018/2019. En juillet dernier, les problèmes financiers du club des Pouilles les forcent à libérer Camporese de son contrat. Le Pordenone d’Attilio Tesser saute alors sur l’occasion. Depuis, Michele revit et n’a maintenant qu’un rêve : revenir en Serie A avec les Ramarri.

Aurélien Bayard



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