Mertens, cent buts plus tard

Par Rémi Falvo publié le 04 Déc 2018

DRIES? MERTENS! DRIES? MERTENS! Ce dialogue entre Decibel Bellini et les tifosi du San Paolo a eu lieu à deux reprises au cours du match qui opposait le Napoli et l’Etoile Rouge de Belgrade mercredi dernier en Champions League. Le Belge signe un doublé, et par la même occasion dépasse Cavani au nombre de buts marqués dans la plus prestigieuse des compétitions, et simultanément dépasse la barre des cent buts marqués sous les couleurs azzurre. Cent buts… On a tendance à banaliser les chiffres, à ne plus y accorder l’importance qu’on devrait. C’est le cas ici : marquer cent buts sous le même maillot, cela veut dire que Dries Mertens a fait exulter au moins cent fois le peuple Napolitain. On peut même affirmer à coup sûr qu’il aura marqué, quoiqu’il arrive, à jamais l’histoire de ce club.

L’arrivée du belge

Quoiqu’il arrive. Parce que Mertens a marqué un paquet de buts oui, mais n’est pour l’instant directement associé à aucun fait de gloire du club et pour cause : depuis qu’il est arrivé à Naples en 2013 le club n’a pas grand chose à se mettre sous la dent au niveau palmarès : rien qu’une petite Coppa Italia, et une Supercoppa. Sa performance aurait certainement eu une autre gueule si un Scudetto été venu l’appuyer, faisant de lui le numéro neuf du champion d’Italie. Soit. Il n’empêche que le Belge a pris une dimension toute autre depuis son arrivée où il n’était pour ainsi dire pas grand chose. Le Napoli l’a fait grandir, tout comme lui a fait grandir le Napoli. Quand il passe pour la première fois la porte des vestiaires napolitains, Mertens regarde à droite à gauche, où peut-il s’assoir? Il y a une place libre sur le flanc gauche du vestiaire, depuis le départ d’Ezequiel Lavezzi. Il ne se fait pas prier, et y pose son sac avec toutes ses affaires. D’abord sous les ordres de Benitez, c’est Sarri qui sera l’homme qu’il lui faut. Un adepte du jeu au sol, et du pressing en bloc : ça tombe bien, Mertens n’est pas le plus grand des attaquants de Serie A, et attache autant d’importance au pressing que Sarri à son jogging. C’est dire. La mayonnaise prend assez bien : il est dix-huit fois décisif en quarante rencontres au cours de sa première saison avec le nouveau coach. Pas assez pour le propulser titulaire en sélection cependant. Mais ça, c’et une autre paire de manches.

L’idée de Sarri

Eté 2016. Un coup du destin va complètement bouleverser l’ordre des choses à Naples : le départ de Gonzalo Higuain à la Juventus. Le club campanais s’offre donc les services d’Arkadiusz Milik au poste d’avant-centre, pour « remplacer » l’Argentin. On connait la suite : début en fanfare pour le Polonais, puis rupture des ligaments croisés. Ca fait mal, tant pour lui que pour Sarri, qui en déchire son jogging. Comment va-t-il faire? Le mercato est fini, il y a une saison à tenir, et pas un numéro neuf digne de ce nom. La lumière divine éclaire soudain le coach Napolitain : et si Mertens devenait le nouvel avant-centre? Adaptation fulgurante pour le Belge. Il endosse ce rôle comme s’il avait toujours joué ce poste. Et surtout, il termine la saison avec trente-quatre buts marqués. Et c’est au cours de cette saison qu’il passe de bon attaquant, à très bon attaquant complet. Ca fait une différence. Aujourd’hui les clubs s’intéressent autant au Mertens joueur de couloir qu’au Mertens poison des surfaces. Ancelotti le premier. Cette saison, Mertens a commencé par évoluer en pointe, en alternance avec Milik. Puis, il a fait quelques apparitions sur le côté. Et il s’est stabilisé ces derniers matchs à la tête de cette attaque aux côtés d’un autre grand attaquant, par le talent plus que la taille : Lorenzo Insigne.

Que ce soit pour ses buts, ses passes décisives, pour ses innombrables altercations avec les arbitres, ou pour sa célébration en duo avec le poteau de corner, à Naples Mertens fait corps avec la ville. Le fait qu’il ait dépassé les cent buts sous ce maillot est anecdotique, car de toute façon, personne n’oubliera Mertens.

Rémi Falvo

Rédacteur



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